Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

livres

Conseil de lecture

Publié le par Michel Monsay

Conseil de lecture

Paru il y a deux ans, ce livre est le dernier ouvrage en date d'Emmanuel Carrère. Il s'agit d'un passionnant recueil d'une trentaine d'articles-reportages écrits entre 1990 et 2015 pour différents supports, où l'auteur démontre avec brio que la frontière entre littérature et journalisme n'existe quasiment pas pour lui. Quel que soit le sujet abordé, on le suit avec un plaisir gourmand tant il parvient toujours à nous y intéresser avec une rare intelligence d'écriture, tout en composant avec lucidité et autodérision une sorte d'autobiographie assez réjouissante, celle d'un homme curieux de tout, devenu un maître de la non-fiction et un remarquable observateur des comportements humains.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Conseil de lecture

Publié le par Michel Monsay

Conseil de lecture

Paru il y a deux ans et demi, cet excellent roman de Ian McEwan confirme s'il en était besoin, le talent de cet écrivain anglais de 69 ans, sans doute l'un des tous meilleurs aujourd'hui. Sa très belle écriture, précise, limpide, que l'on dévore avec un plaisir intact du premier au dernier mot, nous plonge avec virtuosité dans le quotidien d'une juge spécialiste du droit de la famille, qui est loin d'être une sinécure et où elle est sans cesse confronté à des cas de conscience. Comme souvent chez ce grand romancier, beaucoup de questions sont abordées avec une intelligence rare autour de la vie de couple, de l'intérêt de l'enfant, de l’ambivalence de l'âme humaine. Un roman puissant et passionnant.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Conseil de lecture

Publié le par Michel Monsay

Conseil de lecture

Cette grand romancière d'origine indienne par sa mère, récompensée par de nombreux prix littéraires américains, nous offre ici un merveilleux roman, qui se déroule à plusieurs époques dans le Dakota du Nord, empreint d'humanité, de magie, des mystérieuses coutumes de ses ancêtres, traversé par une galerie de personnages pittoresques et souvent attachants, et passionnant de bout en bout.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Captivante saga intime et romanesque

Publié le par Michel Monsay

Captivante saga intime et romanesque

Considéré comme l’un des auteurs scandinaves les plus importants, ce romancier finlandais de 56 ans qui publie aujourd’hui son sixième roman a été auparavant journaliste puis a écrit des poésies et des nouvelles. Il nous offre ici une fascinante histoire d’amour aussi insaisissable et fuyante qu’intense, doublée d’une passionnante fresque s’étalant sur près de 50 ans de la fin des années 1960 à nos jours, mettant en scène toute une galerie de personnages remarquablement écrits. Outre un talent de conteur que l’on apprécie avec gourmandise tout au long des quelques 600 pages de ce magnifique roman, Kjell Westö ausculte avec une grande justesse le temps qui passe, la force et l’exactitude des souvenirs, les relations humaines et notamment ce qui sépare les classes sociales, mais aussi les événements qui secouent le monde. Le narrateur, issu de la classe moyenne, nous emmène au fil de sa vie, qui l’a vue côtoyer intimement une famille de la haute bourgeoisie finlandaise dès son plus jeune âge, et auprès de laquelle il a rencontré deux personnages centraux de son existence. Nous le retrouvons au début du roman un soir d’octobre de nos jours dans sa maison en bord de mer au sud d’Helsinki, alors qu’il a l’impression d’être épié par quelqu’un caché dans un bosquet non loin de chez lui. Il sort sur son balcon avec une torche en demandant s’il y a quelqu’un et voit une personne s’enfuir. Deux semaines plus tard, le meilleur ami du narrateur est poignardé en pleine rue. Notre héros apprend par un commissaire que l’inculpé est le même homme qui était caché en bas de chez lui armé d’un fusil de chasse, sans savoir pourquoi il n’est pas passé à l’acte. D’intrigue policière dans ses premières pages, ce roman nous plonge rapidement dans le portrait d’une génération, d’une époque, tout en abordant intelligemment de nombreux thèmes, et en nous contant avec sensibilité les péripéties amoureuses et amicales d’un homme indécis voire un peu lâche mais très attachant.

 

Nos souvenirs sont des fragments de rêves - Un roman de Kjell Westö - Editions Autrement - 592 pages - 22 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

De l’intime à l’universel

Publié le par Michel Monsay

De l’intime à l’universel

Cette romancière et journaliste de 51 ans explore une nouvelle fois le passé de sa famille, pour nous offrir un roman bouleversant et passionnant sur son père mais aussi sur des moments douloureux de l’Histoire de notre pays. Il faut dire que la matière est considérable, sa famille a traversé tellement d’épreuves depuis l’exil d’Europe de l’Est vers Strasbourg en 1920, fuyant les mesures antisémites notamment à Sanok où le grand-père de Colombe Schneck voit ses parents lâchement assassinés dans leur magasin sous prétexte qu’ils sont juifs. La suite est tout aussi révoltante avec les différentes guerres qui vont marquer à jamais le père de la romancière, enfant caché sous l’occupation nazie, et jeune médecin de l’armée française côtoyant la torture en Algérie sans pouvoir la dénoncer. L’auteure, avec colère, gratitude, douceur et amour filial selon les chapitres qu’elle aborde dans la vie de son père, éclaire la part d’ombre de cet être lumineux et accepte enfin d’être aimée par quelqu’un d’autre que lui 25 ans après sa disparition. En préambule, elle nous parle de ce père prévenant, doux, souriant, aimant et aimé par tout le monde, qui répétait souvent qu’il ne fallait offrir que de bons souvenirs et ne pas parler de choses qui fâchaient. Afin de comprendre ce qui se cachait derrière ce refus d’amertume ou de tristesse malgré un passé traumatisant, elle décide de mener l’enquête en recueillant des témoignages, en consultant de nombreuses archives et en laissant son imagination faire le reste. Ce roman très touchant par l’honnêteté de son auteur, sa capacité à affronter la vérité sur son père mais aussi sur elle-même, prend le parti de désobéir à l’injonction paternelle en parlant de ce qui fâche avec beaucoup d’à-propos, pour tenter de se libérer de cette culpabilité familiale dont Colombe Schneck a hérité.

 

Les guerres de mon père - Un roman de Colombe Schneck - Editions Stock - 337 pages - 20,50 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Ne pas se fier aux apparences

Publié le par Michel Monsay

Ne pas se fier aux apparences

Lauréat du Prix Femina, ce roman captivant, tout à la fois dramatique, drôle, bouleversant, nous plonge avec une impressionnante minutie non dénuée d’humour dans le mystère d’un fait divers sordide perpétré en 1941 dans un château du Périgord. Le romancier de 53 ans qui en est l’auteur a commencé par puiser dans sa propre vie la matière de ses sept premiers écrits, avant de se passionner pour des personnages troubles et controversés ayant été au centre de faits divers. Il s’est donc glissé depuis quelques années dans la peau d’un enquêteur très scrupuleux à la recherche de la vérité dans des affaires judiciaires qui ont fait grand bruit. Remarquablement construit, son dernier roman réussit à nous faire ressentir des sentiments totalement opposés sur les personnages au fil des découvertes que fait l’auteur dans son enquête. En commençant et en finissant par une citation du Club des Cinq d’Enid Blyton, Philippe Jaenada fait preuve de légèreté, d’autant que les nombreuses digressions qui parsèment le livre vont dans le même sens, mais cela ne l’empêche pas de s’investir intensément dans cette énigme irrésolue. Le roman commence avec fantaisie dans une voiture que l’auteur vient de louer pour aller dans le Périgord à la recherche d’indices, de détails, sur les lieux et dans les archives de cette affaire. Très vite, nous faisons connaissance avec Henri Girard, le personnage principal, qui avant d’être considéré comme l’assassin a été un sale gosse selon certains dires. Le romancier nous entraîne dans une passionnante partie de Cluedo, en mettant en lumière très finement les erreurs et manipulations des policiers et magistrats qui ont instruits cette affaire, mais aussi un amour filial et paternel tout aussi surprenant qu’émouvant, et en écrivant à la manière d’un redresseur de torts le magistral portrait d’un homme rebelle et incompris.

 

La serpe - Un roman de Philippe Jaenada - Editions Julliard - 643 pages - 23 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Aussi beau et limpide que l’eau d’une source

Publié le par Michel Monsay

Aussi beau et limpide que l’eau d’une source

Le très bel accueil que reçoit en France ce superbe roman, notamment en remportant le Prix Médicis étranger, s’ajoute au Prix Strega, équivalent italien du Goncourt, et à sa traduction dans 31 langues. Cet écrivain milanais de 39 ans, auteur de deux écrits remarqués, a tourné le dos à la civilisation urbaine en 2007 pour s’installer dans un hameau oublié du Val d’Aoste. Il a choisi ainsi de vivre au plus près de la montagne en solitaire et sans aucune attaches ni contraintes. A la lecture ce roman éblouissant de simplicité, on se rend compte que Paolo Cognetti est un mélange des deux personnages principaux de l’histoire qu’il nous raconte. Il s’agit tout à la fois d’une histoire d’amitié, de filiation, une déclaration d’amour à la montagne sans lyrisme excessif, et un questionnement en creux du sens de nos vies. Le romancier trouve les mots justes autant dans les descriptions des paysages, des randonnées, de la vie dans les alpages que pour faire vivre ses personnages avec une fluidité et l’art d’aller à l’essentiel qui laissent admiratifs. Le livre s’ouvre sur la présentation par le narrateur de ses parents, originaires de la campagne vénitienne, et de leur amour pour la montagne. D’abord les Dolomites qu’ils découvrent enfants, puis qu’ils sillonnent étant devenus jeunes adultes et où ils se marient en petit comité, avant de venir s’installer à Milan en octobre 1962. Dix ans plus tard, naît le narrateur, qui nous raconte leur vie dans la capitale lombarde, le père irascible, chimiste solitaire dans une usine, la mère apaisante, assistante sanitaire dans un quartier difficile, et la mélancolie qui s’emparent d’eux par moments. Jusqu’au jour où ils décident de ressortir leurs chaussures de marche et partir à la découverte de nouvelles montagnes. Ici, point d’artifice, de virtuel, de fébrilité, tout est naturel, sain, humain, on se plonge avec délectation dans ce roman d’une grande sensibilité où se mêlent doute, désenchantement, émerveillement et espoir.

 

Les huit montagnes - Un roman de Paolo Cognetti - Stock - 299 pages - 21,50 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

La vie à Istanbul d’un vendeur des rues attachant

Publié le par Michel Monsay

La vie à Istanbul d’un vendeur des rues attachant

Quoi de plus passionnant que de découvrir des territoires inconnus à travers le talent de romanciers étrangers, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un Prix Nobel de littérature qui tient la plume. Le grand écrivain turc Orhan Pamuk, qui a été à 54 ans l’un des plus jeunes lauréats de la prestigieuse récompense en 2006, publie aujourd’hui un formidable roman qui nous conte tout à la fois la vie d’un homme simple et de sa famille mais aussi l’étonnante évolution d’Istanbul qui, entre 1969 et 2012, est passée de 3 à 13 millions d’habitants. Cette ville, qui est le centre névralgique de l’univers du romancier, nous apparaît ici dans ses quartiers pauvres et pour la première fois le héros n’a rien à voir avec l’auteur. Six années lui auront été nécessaires à l’écriture de cette histoire, pour être le plus précis possible dans les faits et gestes des protagonistes en évitant les stéréotypes, et dans la description de ces bidonvilles qui se sont étalés sur les collines autour d’Istanbul où sont venus vivre les migrants d’Anatolie. Orhan Pamuk réussit avec beaucoup d’humanité à nous montrer sa ville à travers les yeux de Mevlut, vendeur de boza, boisson fermentée traditionnelle en Turquie, optimiste, romantique et plein de bonne volonté. Le livre s’ouvre justement sur une brève présentation de cet homme, ayant quitté son village d’Anatolie à 12 ans pour rejoindre son père à Istanbul afin de l’aider à y vendre du yaourt et de la boza en plus de sa scolarité. Avant que l’auteur nous relate la vie et les rêves de Mevlut, on le retrouve alors qu’il a 25 ans et s’apprête à enlever une fille d’un village voisin d’Anatolie pour l’emmener vivre à Istanbul et se marier. La langue est belle, la forme originale avec notamment des apartés qui donnent la parole aux personnages de ce magnifique roman d’apprentissage, d’amour, de déambulations nocturnes, qui apparaît comme un miroir de la Turquie contemporaine avec toutes ses contradictions, autant que le portrait d’un homme préférant la rêverie à l’ambition et dont l’innocence nous touche profondément.

                                                                                                         

Cette chose étrange en moi - Un roman d’Orhan Pamuk - Gallimard - 671 pages - 25 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Saisissante plongée dans l’Amérique esclavagiste

Publié le par Michel Monsay

Saisissante plongée dans l’Amérique esclavagiste

Lauréat du prestigieux Prix Pulitzer mais également du National book award aux Etats-Unis, ce formidable roman, qui vient de sortir en France, est l’un des phares de la rentrée littéraire. Son auteur, le romancier newyorkais Colson Whitehead déjà auréolé d’une belle réputation, signe à 47 ans une œuvre inoubliable dans l’enfer de l’esclavage au milieu du XIXe siècle américain. Admirablement écrit, ce roman puise sa force évocatrice autant dans la cruelle réalité des plantations du Sud que dans la réjouissante imagination de l’auteur. Magnifique héroïne noire au cœur d’un pays qui exploite, assassine, humilie au quotidien les afro-américains, la jeune Cora symbolise l’espoir d’un peuple vers un commencement de liberté. En mêlant habilement roman d’apprentissage, fresque historique, puissante métaphore, Colson Whitehead nous montre sans fioritures le vrai visage de l’Amérique à travers l’oppression de la communauté noire. Le roman s’ouvre à Ouidah en Afrique, plateforme centrale de la traite des Noirs, où la grand-mère de Cora, après avoir été kidnappée avec tous les habitants de son village et avoir marché enchainée jusqu’à la mer, embarque dans l’ambiance délétère de la cale d’un navire négrier pour traverser l’Atlantique. Maintes fois revendue en Afrique, puis en Amérique, passant d’un propriétaire à l’autre, elle est achetée une ultime fois par une grande plantation en Géorgie où elle passera le reste de sa vie. Elle y aura trois maris et cinq enfants dont une seule survivra, la mère de Cora. Le racisme nauséabond qui traverse ce roman indispensable a malheureusement des relents encore aujourd’hui aux Etats-Unis et ailleurs, mais l’écrivain va plus loin en évoquant magistralement la violence fondatrice de son pays, depuis le premier indien assassiné jusqu’au premier africain réduit en esclavage.

                                                                                                                    

 

Underground railroad - Un roman de Colson Whitehead - Albin Michel - 398 pages - 22,90 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

Avec virtuosité elle nous prend dans sa toile

Publié le par Michel Monsay

Avec virtuosité elle nous prend dans sa toile

On ne présente plus Fred Vargas, dont les romans policiers rencontrent un très large public et sont le plus souvent encensés par la critique, qui une nouvelle fois nous éblouit par son talent. A 60 ans, cette femme discrète, archéologue, zoologue et médiéviste de formation, avec son univers si différent des autres auteurs de polars, sans violence ni rythme effréné, sans faits divers réel non plus, nous offre une œuvre grandiose où la réflexion, l’humour, la tendresse, la poésie, le jeu avec les mots enchantent les pages. Avec un sens étonnant du détail, une rigueur scientifique, elle tisse progressivement sa toile d’où le flegmatique commissaire Adamsberg, héros récurrent et très attachant de neuf de ses romans, va tenter de se sortir. Au-delà de l’intrigue construite avec finesse et malice, d’une sensibilité environnementale et animale en filigrane, la romancière aborde pour la première fois les violences faites aux femmes dans toute leur cruauté, leur ignominie et leur lâcheté. Depuis une quinzaine de jours, le commissaire Adamsberg est en vacances en Islande et a quasiment oublié la brigade criminelle qu’il dirige dans le 13e arrondissement de Paris. Un message écrit le ramène contre son gré vers la réalité et l’oblige à rentrer en France. Il retrouve son équipe pour enquêter sur la mort d’une femme de 37 ans écrasée par deux fois sous les roues d’un 4x4. Très dialogué, ce formidable polar, où les personnages secondaires ont tous une réelle épaisseur et où les rapports humains qu’ils soient bienveillants ou brutaux sont toujours bien sentis, est à la fois érudit et réjouissant tout en confirmant la belle singularité de cette romancière si précieuse.

                                                                                                   

Quand sort la recluse - Un roman de Fred Vargas - Flammarion - 478 pages - 21 €.

Publié dans Livres

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>