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La fiction pour aider à vivre le réel

Publié le par michelmonsay

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Cinéaste prolifique capable de nous surprendre à chacun de ses films, François Ozon passe allègrement de la comédie au drame ou à l’intrigue policière, ou bien parfois aux trois genres réunis dans une même histoire, avec une étonnante aisance qui en fait l’un des tous meilleurs réalisateurs français depuis une dizaine d’années. De « Sous le sable » à « Potiche », quel que soit le scénario, Ozon parvient toujours par une mise en scène judicieuse et une façon originale de raconter l’intrigue, à nous enthousiasmer par ce que l’on voit à l’écran. Son nouveau film fascine par la richesse des situations, des interprétations que l’on peut en faire, par l’humour, le suspense et l’émotion qui interagissent dans cette peinture de la classe moyenne, doublée d’une réflexion sur la création, sur la transmission, sur les frontières entre le réel et la fiction. Comme dans « Potiche », le réalisateur a de nouveau fait confiance à Fabrice Luchini, en lui proposant un personnage ni méchant ni cynique ni survolté comme souvent, mais beaucoup plus en nuances. C’est la rentrée dans ce lycée pilote qui expérimente le retour à l’uniforme. Un professeur de français dépité par le niveau médiocre de ses élèves corrige les copies d’une rédaction où il leur demandait de raconter leur week-end. Après un ramassis de platitudes, il découvre le récit d’un jeune garçon qui raconte comment il a réussit à se faire inviter dans la maison d’un camarade de classe, au sein d’une famille normale qu’il dépeint en détail. Très bien écrite, mature et ironique, la rédaction finit avec les mots «  A suivre ». Au-delà de la belle relation qui va naître entre l’élève et le professeur, la suite des aventures du jeune homme dans la maison, où la caméra pénètre dès la seconde rédaction, va faire exploser les limites du réel et de la fiction. A l’image des deux principaux protagonistes, nous sommes emportés par le tourbillon jubilatoire de ce film aux nombreuses portes d’entrée.

 

 

 Dans la maison – Un film de François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, …

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Des vies sans amour

Publié le par michelmonsay

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Assurément l’une des plus belles sensibilités du cinéma français, le réalisateur Stéphane Brizé, à qui l’on doit les remarquables « Mademoiselle Chambon » et « Je ne suis pas là pour être aimé », était très attendu pour son nouveau film. Il ne déçoit évidemment pas et qui plus est nous bouleverse comme jamais par la justesse de son cinéma, la force incomparable de situations plus vraies que nature, une mise en scène précise, humaine avec de magistraux plans séquences d’où émergent une rare authenticité. Les comédiens sont tous exceptionnels de vérité, au premier rang desquels Hélène Vincent trouve ici son plus beau rôle, une vieille femme provinciale rugueuse, maniaque, ne laissant rien paraître ou si peu, enfermée dans sa petite vie et incapable de s’ouvrir aux autres, même avec son fils. Ce fils joué à la perfection par Vincent Lindon, est rude, paumé, dans une colère refoulée, fatigué d’une vie chaotique. Que ce soit dans la réalisation ou dans le jeu des comédiens, le moindre détail apporte au film une puissance émotionnelle saisissante, un simple geste, un silence, une hésitation, un regard, rien n’est artificiel. Un chauffeur de poids-lourds de 48 ans sort de prison après avoir purgé une peine de 18 mois, pour avoir bêtement accepté de faire passer à la frontière 50 kg de drogue dans son camion. Sans travail, il est obligé de retourner habiter provisoirement chez sa mère avec laquelle il entretient des rapports très difficiles. La force dramaturgique de cette histoire qui évolue crescendo, sa mise en images et son incarnation d’une redoutable exactitude, font de ce film l’un des plus poignants de 2012.

 

 Quelques heures de printemps - Un film de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, Hélène Vincent, Emmanuelle Seigner, Olivier Perrier, … 

 

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Le pouvoir émotionnel et fulgurant du cinéma

Publié le par michelmonsay

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Grand oublié du palmarès de Cannes, le film fascinant, dérangeant et d’une incroyable créativité de Leos Carax, a complètement fait chavirer le festival et beaucoup y ont vu un vrai chef-d’œuvre. Lorsque la lumière se rallume à la fin du film, on reste complètement abasourdi par l’invention, la poésie, la beauté, la cruauté, l’humour, et la richesse des images que l’on vient de recevoir durant près de 2 heures. Plusieurs jours sont nécessaires pour digérer ce film inclassable, et en mesurer toute la dimension. Il est à la fois un magnifique hommage au cinéma où de nombreuses scènes font écho à des grands maîtres du 7ème art, mais aussi au jeu de l’acteur et à sa capacité de transformation, Denis Lavant y est étonnant. Holy motors nous tend aussi un miroir de nos vies, de la société avec ses outrances et ses évolutions. A 51 ans, Leos Carax l’enfant terrible du cinéma français, prend une magistrale revanche sur ses détracteurs et ceux qui ne lui ont pas permis de tourner pendant 13 ans. Un homme se réveille en pleine nuit dans sa chambre d’hôtel, et par une porte dérobée se retrouve dans une salle de cinéma pleine de spectateurs qui semblent endormis. L’action peut alors démarrer sur les traces de monsieur Oscar, homme d’affaires vivant dans une superbe maison avec gardes du corps, qui s’installe à l’arrière d’une très longue limousine pour partir au travail. Le chauffeur, qui est une femme, lui annonce qu’il a neuf rendez-vous dans la journée. Après quelques appels, il entame une métamorphose qui va lui permettre d’endosser la peau d’un personnage totalement différent de ce qu’il est, pour honorer son 2ème rendez-vous. On suit en étant littéralement hypnotisé la journée de monsieur Oscar, et en traversant toutes les émotions que le cinéma est capable de nous faire vivre.                                                                                                                   

 

Holy motors – Un film de Leos Carax avec Denis Lavant, Edith Scob, Kylie Minogue, Eva Mendes, Michel Piccoli, …

 

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Une Inde fascinante mais à deux vitesses

Publié le par michelmonsay

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Le prolifique réalisateur anglais de 51 ans, Michael Winterbottom, a régulièrement montré durant sa carrière d’un rare éclectisme, son intérêt pour des sujets à connotation politique ou sociale. On pense notamment dans sa filmographie récente à : « Un cœur invaincu » ou « The road to Guantanamo ». Pour sa dernière œuvre dont il situe l’action en Inde et plus particulièrement au Rajasthan et à Bombay, il filme ce pays passionnant, bouillonnant, coloré, dans un style parfois proche du documentaire pour en faire ressortir une réalité sociale très contrastée. Si l’idée de transposer Tess, le célèbre roman de Thomas Hardy, dans l’Inde contemporaine peu paraître audacieuse à la base, le résultat est troublant et totalement réussi tant l’histoire semble avoir été écrite comme telle. D’autant que le personnage principal est joué par la superbe actrice indienne Freida Pinto, qui porte le film avec une grâce, une justesse et une émotion remarquables. Quatre jeunes hommes anglais sont en vacances dans le Rajasthan, l’un deux qui a des origines indiennes, fait la connaissance d’une jeune paysanne à qui il propose un travail dans un hôtel luxueux de Jaipur appartenant à son père. Dans une région où les conventions sont encore très présentes, l’histoire d’amour qui pourrait se dessiner entre eux arrivera-t’elle à dépasser le fossé social qui les sépare ? Au travers de cette trame, le réalisateur nous montre un pays en pleine évolution, dans lequel les femmes tentent une difficile émancipation par les études et le tourisme, mais où la toute puissance masculine ne les aide pas beaucoup. Film à la fois hypnotisant et poignant dont le pouvoir perdure longtemps après le générique de fin.                                                                                                         

Trishna – Un film de Michael Winterbottom avec Freida Pinto, Riz Ahmed, …

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Comédie grinçante digne du tandem Jaoui-Bacri

Publié le par michelmonsay

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Gros succès public et critique de la saison théâtrale 2010-2011, cette pièce à la fois très drôle et cruelle méritait une belle adaptation cinématographique. Le challenge a été relevé par les deux auteurs de la pièce, qui viennent d’ailleurs du cinéma. Ils ont donc porté ensemble à l’écran ce petit bijou aux dialogues incisifs, aux situations déstabilisantes, aux belles performances d’acteur, et au rythme bien soutenu sans être hystérique. Charles Berling qui rejoint la troupe pour ce passage au cinéma, investit merveilleusement son rôle pour compléter une distribution impeccable où chaque comédien est totalement en osmose avec son personnage. Dans un genre si difficile, les auteurs réalisateurs parviennent à nous faire rire de nos propres travers, ce film agissant comme un miroir, et à l’image des protagonistes de cette histoire, les masquent tombent peu à peu pour laisser apparaître la difficulté d’accepter l’autre dans sa différence. Une soirée d’apparence bon enfant entre un frère, une sœur, leurs conjoints et un ami d’enfance, tous ayant plus ou moins la quarantaine, vire à une superbe satire des mœurs de notre société actuelle. Cela commence avec l’évocation du prénom de l’enfant à venir du frère et de sa compagne, qui provoque un cataclysme dans cette petite assemblée. La suite est savoureuse et nous entraîne d’un rebondissement à l’autre avec étonnement et jubilation, à travers des joutes verbales où chacun en prend pour son grade. Cette comédie irrésistible et intelligente devrait réconcilier tous les publics.

 

 Le prénom – Un film de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière avec Patrick Bruel, Charles Berling, Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquédec, Judith El Zein, …

 

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Fascinantes coulisses d’un effondrement

Publié le par michelmonsay

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Pour son 20ème film, Benoit Jacquot réalisateur de 65 ans s’est attaqué à l’ambitieux projet d’adapter le roman de Chantal Thomas, prix Femina 2002, qui nous plonge au cœur de Versailles et sa cour durant les 4 jours de juillet 1789 où toutes les certitudes de ce monde se sont effondrées. En faisant l’ouverture du prestigieux festival de Berlin, ce superbe film est d’ores et déjà l’un des événements de l’année tant ses nombreuses qualités le placent dans la catégorie des œuvres majeures. Jamais la cour de Versailles n’aura été aussi bien filmée, le réalisateur promène sa caméra au plus près des serviteurs, des nobles, en nous montrant l’envers du décor, ce petit monde qui vivait en vase clos dans des conditions d’insalubrité et de manque de place. Benoit Jacquot avec une frémissante sensualité confirme ici que peu de réalisateurs savent aussi bien filmer les femmes que lui. D’autant que la lumière est somptueuse, et les comédiennes à la fois très belles et complètement investies dans leur personnage, avec une mention spéciale pour Léa Seydoux et Diane Kruger. On entre dès le début pleinement dans cette histoire qui démarre le 14 juillet 1789 à 6 heurs du matin, dans la petite chambre exigüe de la lectrice de Marie-Antoinette. On la suit jusqu’aux appartements de la reine où elle va s’acquitter avec bonheur de sa tâche. La vie coule paisiblement à la cour durant cette journée, jusqu’au lendemain matin où une incroyable rumeur va enfler dans les couloirs de Versailles. Ce film d’une très grande richesse explore avec finesse les rapports humains, mêle audacieusement la petite histoire avec la grande à travers le regard de cette jeune lectrice, et nous passionne de bout en bout.                                                                                                                      

 

Les adieux à la reine – Un film de Benoit Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Michel Robin, …

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Naître israélien ou palestinien

Publié le par michelmonsay

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A la fois auteur de scénarios et de pièces de théâtre, metteur en scène et réalisatrice, la sœur de l’écrivain Marc Lévy, après deux premiers films passés inaperçus, devrait cette fois se faire un prénom avec cette très belle œuvre toute en émotion contenue. En élaborant son histoire dans un contexte particulièrement douloureux, en Israël et en Cisjordanie, Lorraine Lévy lui donne une dimension symbolique très forte, tout en ayant la finesse et la justesse nécessaires pour ne pas tomber dans les clichés et la caricature. Pour cela, une réalisation sensible au plus près des êtres, avec des comédiens français, palestiniens, israéliens qui donnent tous un joli relief à leur personnage. Derrière cette intrigue familiale, la caméra capte le contraste saisissant des conditions de vie si différentes des israéliens et palestiniens sur cette terre tantôt accueillante tantôt dépouillée où ils cohabitent. Un jeune garçon de 18 ans au moment d’incorporer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, par le biais d’une prise de sang se révèle ne pas être le fils biologique de ses parents juifs israéliens. La confusion due aux bombardements sur la maternité où il est né en 1991, a provoqué une interversion avec un autre bébé né au même moment d’une famille palestinienne, mis tout comme lui en couveuse. Le film avance délicatement d’un personnage à l’autre qui reçoit ce choc chacun à sa manière, et si le propos ne s’éloigne jamais de la réalité israélo-palestinienne, il en ressort un certain optimisme et un message d’ouverture auxquels on a envie de croire.                                                                                                                    

 

Le fils de l’autre - Un film de Lorraine Lévy avec Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk, Mehdi Dehbi, …

 

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Un thriller psychologique époustouflant

Publié le par michelmonsay

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A la fois grand prix du festival du cinéma américain de Deauville et de la semaine de la critique au festival de Cannes, ce film est l’un de ces petits bijoux que le cinéma indépendant nous offre ponctuellement. Pour son 2ème long-métrage, Jeff Nichols, réalisateur américain de 33 ans, confirme tout le bien que la profession pense de lui en nous offrant une œuvre d’une totale maîtrise. Tant au niveau de la mise en scène, du cadrage, de la manière de revisiter le thriller, de l’impeccable direction d’acteurs, ce film qui bouscule les genres est autant bouleversant qu’angoissant. Le cinéaste qui filme magnifiquement aussi bien les visages que les paysages, nous donne à voir une image très réaliste de la ruralité américaine, du monde ouvrier, tout en nous embarquant dans une histoire imprégnée de paranoïa. Un homme qui mène une vie paisible avec sa femme et sa fille, se réveille un matin après avoir fait un violent cauchemar où il était menacé par une tornade. Il reprend le cours normal de sa vie entre travail et famille tout en commençant à se poser des questions, d’autant que la nuit suivante survient de nouveau un horrible cauchemar. Le film mêle habilement une tension qui va crescendo à des scènes intimistes superbement interprétées par les deux comédiens principaux. Assez peu de musique angoissante ni autres subterfuges liés à ce genre de cinéma, et pourtant on est complètement pris par ce remarquable film sur la peur.

 

Take shelter – Un film de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Jessica Chastain, …

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