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Prendre un nouveau départ

Publié le par Michel Monsay

Prendre un nouveau départ

Cinéaste trop rare dont on attend le nouveau film depuis le somptueux Lady Chatterley il y a près de 8 ans, Pascale Ferran nous émerveille une nouvelle fois dans un genre complètement différent. Il est d’ailleurs difficile de parler d’un seul genre mais de plusieurs pour qualifier sa nouvelle œuvre, à la fois dramatique, poétique, ludique, drôle, qui touche au fantastique et peut aussi par moments montrer un aspect documentaire. A 54 ans, la réalisatrice réussit avec un remarquable sens de l’observation à capter le monde d’aujourd’hui, où tout va toujours plus vite, où les humains de plus en plus seuls, stressés, ont parfois la folle envie de tout envoyer promener. Dès les sublimes premières images du film dans les transports en commun, les aéroports, la caméra nous plonge au cœur d’une foule d’anonymes et passe d’une personne à l’autre, d’un comportement à l’autre, d’une pensée à l’autre. Outre la mise en scène pertinente, inventive, voire euphorisante par moments, les comédiens apportent une très belle sensibilité à leurs personnages. A leur tête, Anaïs Demoustier, une des jeunes actrices les plus demandées, a une grâce, une fraîcheur, un jeu instinctif d’un charme infini. L’américain Josh Charles, remarqué dans la série The good wife, est très convaincant dans ce rôle d’un homme qui ne supporte plus la vie qu’il mène. Après cette formidable chorégraphie de nos gestes quotidiens qui ouvre le film, la caméra zoome sur une jeune parisienne dans le RER qui rejoint la zone aéroportuaire de Roissy, où elle est femme de chambre dans un hôtel luxueux tout en continuant ses études. Au même moment, un homme arrive à l’aéroport pour un rendez-vous professionnel et doit séjourner dans l’hôtel en question, théoriquement une journée avant de repartir le lendemain pour Dubaï. En suivant parallèlement les deux histoires avec beaucoup de fluidité, ce film malgré le poids de personnages qui se cherchent voire qui craque pour l’un deux, est une merveilleuse ode à la liberté.

                                                                                                                    

Bird people – Un film de Pascale Ferran avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, …

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L’amour à l’épreuve de la barrière socioculturelle

Publié le par Michel Monsay

L’amour à l’épreuve de la barrière socioculturelle

Rares sont les réalisateurs qui se montrent aussi brillants dans la noirceur que dans la légèreté. Lucas Belvaux est de ceux-là. Il nous avait marqué il y a 5 ans avec l’impressionnant « Rapt », inspiré de l’histoire du baron Empain, il revient aujourd’hui avec une comédie romantique à la fois drôle, émouvante et au final vraiment marquante. A 52 ans, ce cinéaste belge qui travaille en France depuis ses débuts en 1980 comme acteur, permet une fois de plus à ses comédiens de s’exprimer pleinement. Emilie Dequenne livre une remarquable prestation, son jeu instinctif, généreux, apporte à son personnage une candeur et une légèreté irrésistibles, mais aussi une sensibilité très touchante. Sociétaire de la Comédie française, à 37 ans, Loïc Corbery trouve enfin au cinéma un rôle à la mesure de son talent : Un homme qui pour rester ouvert aux innombrables histoires d’amour potentielles est incapable d’aimer, que le comédien joue davantage dans la nuance que dans le cynisme. Avec une mise en scène très fluide, le cinéaste filme ses personnages avec pudeur et fraîcheur, la caméra étant souvent proche de leurs visages à l’affût de la moindre émotion. Cela commence par sur une scène de rupture, qui se déroule plutôt dans la retenue. Puis l’homme, un intellectuel bourgeois séduisant d’une bonne trentaine d’années, va prendre son petit-déjeuner aux « Deux magots ». Parisien jusqu’au bout des ongles, ce prof de philo apprend avec dépit qu’il est affecté à Arras pour un an. A sa descente de train, il est accueilli par une collègue charmante mais mariée qui lui fait découvrir la ville, avant de le conduire à l’hôtel assez agréable où il va séjourner durant un an. On découvre parallèlement la vie d’une pétillante mère célibataire dont le temps est partagé entre son jeune fils, ses amies et son métier de coiffeuse. C’est justement par ce biais qu’elle fait la connaissance du prof de philo. Avec beaucoup de finesse, le réalisateur nous plonge au cœur de cette rencontre improbable, et tisse progressivement une trame qui contribue à nous rendre totalement addictifs à ses personnages.

 

Pas son genre – Un film de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery, Sandra Nkaké, Anne Coesens, …

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Un road-movie attachant au cœur de l’Amérique profonde

Publié le par michelmonsay

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Originaire du Nebraska, le cinéaste américain de 53 ans, Alexander Payne, revient une nouvelle fois sur ses terres après une escapade à Hawaï avec George Clooney pour « The descendants », son précédent film. Il pose ici un regard à la fois drôle et cruel sur une population taiseuse et un territoire rural en perte de vitesse et plutôt austère. Les comédiens sont plus vrais que nature dans cette peinture réaliste d’une Amérique que l’on ne montre quasiment jamais, bien loin d’Hollywood et de New-York. En tête de distribution, l’acteur Bruce Dern a été récompensé par le Prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, pour sa composition nuancée évitant la caricature, d’un vieux bougon alcoolique poursuivant une chimère. Comme souvent chez le réalisateur, les rapports au sein d’une famille ont une part importante, d’autant que les dialogues savoureux entre rire et émotion en alimentent ici l’intérêt. Alexander Payne a eu la très bonne idée de filmer cette histoire cocasse aux teintes mélancoliques dans un très beau noir et blanc qui lui sied parfaitement. Un septuagénaire marche au bord d’une route importante en périphérie de la ville de Billings dans le Montana, avant de se faire interpeller par la police. Lorsque son fils cadet vient le chercher au poste, on apprend que le vieil homme avait l’intention d’aller à pied dans le Nebraska, soit 1500 km, pour toucher 1 million de dollars qu’il pense avoir gagné à un tirage au sort par correspondance. Après que l’on ait fait connaissance avec sa femme, qui n’a pas la langue dans sa poche, et son fils ainé, présentateur du JT local, on s’aperçoit rapidement que notre homme n’a pas l’intention d’abandonner son idée. Ce très beau film, totalement en dehors des modes, se révèle empreint d’humanité tout en étant par moments assez féroce, à la fois dans la relation entre le père et le fils et dans ce coup de projecteur sur des américains pas très engageants.

 

 Nebraska – Un film d’Alexander Payne avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Bob Odenkirk, …

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Une nouvelle confusion des sentiments

Publié le par michelmonsay

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Nous avions découvert le réalisateur Spike Jonze en 1999 avec un premier film très original et inventif, « Dans la peau de John Malkovich », qualités que l’on retrouve dans son 4ème long métrage où son côté novateur se teinte d’une belle sensibilité. En situant l’histoire dans un futur proche, le cinéaste américain de 44 ans explore les dérives des technologies de communication, qui sont déjà aujourd’hui de plus en plus présentes dans nos vies. Cette fausse proximité avec nos semblables créée par les téléphones mobiles, les ordinateurs et autres réseaux de toutes sortes, favorise un sentiment d’isolement, de solitude que le film met admirablement en évidence. Grâce à un scénario écrit et mis en images avec une grande intelligence, nous partageons la vie d’un homme qui à force de vivre dans le virtuel et l’interactif, a beaucoup de mal dans ses relations avec autrui. Joaquin Phoenix montre à nouveau qu’il est un très grand comédien, cette fois dans un registre plus intime et émotionnel, où à travers les expressions de son visage il fait passer tout un registre de sentiments. Un homme démarre le film face à la caméra en égrenant des souvenirs amoureux. Assez vite on réalise qu’il dicte une lettre à son ordinateur, que l’imprimante ressort comme si elle avait été manuscrite. Son métier consiste à écrire des lettres personnelles pour ceux qui n’arrivent pas à traduire leur attachement avec des mots. S’il a un vrai talent pour enchaîner les belles phrases, dans la vraie vie, c’est beaucoup plus compliqué. Il se remet très difficilement d’une rupture, mais l’acquisition d’un programme informatique révolutionnaire va transformer sa vie. Ce film qui devient rapidement addictif, soulève de très nombreuses questions sur l’évolution de notre société sans jamais être pesant. Il nous offre en même temps une attachante histoire d’anticipation où la nostalgie, l’humour et la tendresse forment un délicieux mélange.

 

 Her – Un film de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara, Olivia Wilde, …

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Redoutable descente aux enfers

Publié le par michelmonsay

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Depuis 2008, le nom de Steve McQueen n’est plus uniquement celui du célèbre acteur américain, mais également celui d’un réalisateur anglais, qui d’emblée a marqué les esprits. Tout d’abord avec Hunger, une impressionnante plongée dans l’univers carcéral en Irlande du Nord de la fin des années 1970, puis trois ans plus tard avec Shame, la honte d’un homme malade de son addiction au sexe. Pour son 3ème film, le cinéaste de 44 ans confirme son étonnante capacité à nous toucher directement avec une force peu commune, en traitant son sujet sans compromis et en n’hésitant pas à appuyer là où ça fait mal. L’action se déroule au milieu du XIXe siècle aux Etats-Unis, où l’esclavage des Noirs sévit dans les états du Sud avec une cruauté indescriptible. Jamais la réalité de l’esclavage n’a été aussi bien retranscrite que dans cet admirable film, qui explore la nature humaine dans ce qu’elle a de plus abjecte mais aussi dans les ressources insoupçonnées dont elle peut faire preuve. La réalisation, la mise en scène, l’interprétation de tous les comédiens, sont en tous points remarquables de précision et de puissance émotionnelle. Nous sommes en 1841, un père de famille noir d’une trentaine d’années qui est violoniste, mène une vie paisible avec sa femme et ses deux enfants à Saratoga dans l’état de New-York. Ceux-ci s’absentent quelques jours, notre homme rencontre alors deux organisateurs de spectacles, qui lui proposent une offre intéressante financièrement à Washington pour un temps limité. Inspirée de faits réels, l’incroyable descente aux enfers que va vivre cet homme nous atteint au plus profond de notre humanité pour y laisser une trace indélébile, qui malheureusement trouve encore des échos de nos jours.

 

12 years a slave – Un film de Steve McQueen avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Brad Pitt, …

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Drame intense magistralement filmé

Publié le par michelmonsay

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Depuis une dizaine d’années qu’il travaille aux Etats-Unis, le cinéaste anglais Paul Greengrass a montré son savoir-faire dans les films d’espionnage de haute qualité avec les Jason Bourne et dans les drames ultra réalistes comme Vol 93 et Bloody Sunday. Nul autre que lui ne sait aussi bien installer une tension insoutenable, grâce à une caméra virtuose très mobile au plus près de ses personnages dans un style proche du documentaire. Outre une réalisation et une mise en scène qui nous laissent vraiment admiratifs, la dimension humaine n’est jamais négligée dans ses films et ici encore elle est aussi importante que l’action en elle-même. Tous ces paramètres additionnés donnent à cette histoire de piraterie une force impressionnante. Une nouvelle fois le cinéaste retranscrit des faits réels au cinéma en les rendant plus vrais que nature. Les comédiens apportent tous leur talent pour donner de l’épaisseur à cette suffocante dramaturgie, y compris ceux d’origine somalienne, sans oublier Tom Hanks qui n’a pas été aussi bon ni aussi juste depuis une dizaine d’années. Un homme accompagné de sa femme quitte son domicile de l’Etat du Vermont aux Etats-Unis pour se rendre à l’aéroport. La conversation qu’ils ont dans la voiture nous fait comprendre que cet homme part assez régulièrement depuis de nombreuses années, et que paradoxalement son épouse est de plus en plus inquiète. Il prend l’avion pour le Sultanat d’Oman où il rejoint le navire porte-conteneurs américain dont il est le capitaine, qu’il doit emmener à Mombasa au Kenya. Remarquablement construit, le film installe assez rapidement une ambiance anxiogène qui va aller crescendo, d’où l’on ressort sonné avec l’étonnante impression d’avoir réellement vécu cette histoire.

 

 Capitaine Phillips – Un film de Paul Greengrass avec Tom Hanks, Catherine Keener, Barkhad Abdi, …

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Un choc émotionnel impressionnant de réalisme

Publié le par michelmonsay

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Beaucoup  de choses ont déjà été dites sur ce film, bien d’autres le seront encore, mais la seule vérité à retenir est qu’il s’agit d’une des plus belles histoires d’amour que le cinéma nous ait offerte. Lors du festival de  Cannes en mai denier, l’unanimité de la critique, du public et du jury qui a décerné au réalisateur et à ses deux comédiennes la Palme d’Or, en dit long sur le choc provoqué par cette œuvre inoubliable. A 52 ans, Abdellatif Kechiche qui nous avait déjà enthousiasmés avec « La graine et le mulet » et « L’esquive », explore ici magistralement l’apprentissage amoureux d’une jeune fille en étant au plus près de ses émotions. Le génie du cinéaste se trouve à la fois dans sa mise en scène avec des situations d’une rare justesse, dans sa réalisation à la beauté brute incomparable qui privilégie des cadrages serrés bouleversants de grâce et de vérité, et dans sa direction d’acteurs qui lui permet à chaque film d’obtenir un jeu époustouflant de naturel. C’est bien sûr le cas dans « La vie d’Adèle » où les deux comédiennes lui offrent une partition qui laisse sans voix, Adèle Exarchopoulos dont on n’a pas fini de parler, de même que Léa Seydoux, mais pour elle on le savait déjà. Une jeune fille de 17 ans, Adèle, quitte le domicile où elle vit avec ses parents à Lille pour se rendre au lycée. Elle est en 1ère littéraire et étudie en Français un roman de Marivaux, dont la description des sentiments amoureux semble la passionner. A la récréation et à la cantine avec ses camarades elles parlent des flirts éventuels, notamment d’un garçon qui aurait des vues sur Adèle. Le talent conjugué du réalisateur et de ses deux actrices font que ce film de près de 3 heures passe à la vitesse d’une étoile, et que l’on ressent un manque profond voire douloureux plusieurs heures et même plusieurs jours après avoir laissé Adèle à sa vie.

 

 La vie d’Adèle – Un film d’Abdellatif Kechiche avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, …

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Quand le cœur s’emballe

Publié le par michelmonsay

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Après un premier film assez remarqué intitulé « Belle épine », Rebecca Zlotowski réalisatrice de 33 ans met la barre encore plus haut avec un second long métrage qui a électrisé le Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Dès les premiers plans une tension insidieuse s’installe, et l’on sent rapidement par les cadrages, la manière de filmer qui parfois fait penser à celle de Jacques Audiard, la musique en osmose totale avec l’image, que ce film va nous chambouler, nous passionner et que l’on pénètre dans un univers cinématographique fort et original. A la fois d’un réalisme social qui rappelle de grandes œuvres du cinéma français, mais aussi d’une remarquable qualité photographique, cette histoire explosive nous plonge au cœur d’une centrale nucléaire et d’un amour interdit. Outre le talent de la cinéaste qui s’exprime jusque dans les moindres détails, les comédiens apportent un formidable relief à leurs personnages. Parmi eux, Tahar Rahim n’en finit toujours pas de nous étonner depuis « Le prophète », Léa Seydoux d’une beauté sensuelle renversante enchaîne des rôles très différents avec chaque fois la même aisance et le même naturel, tout comme l’excellent Olivier Gourmet. Le film démarre dans un train, un jeune homme se fait voler son portefeuille, rattrape celui qui a commis le forfait, et les deux compères plutôt marginaux deviennent potes. Ils vont avec un troisième acolyte se faire embaucher par une société de maintenance pour travailler dans une centrale nucléaire, avec un salaire inespéré vu leurs niveaux d’études mais avec le risque de radioactivité. Ils intègrent un groupe composé d’hommes et de femmes plus expérimentés, qui vont les former et les adopter au sein de leur petite communauté. Cet admirable film à la vérité brute avance frontalement vers les deux dangers qui le sous-tendent, en distillant une atmosphère envoûtante et en nous marquant durablement par l’impact émotionnel qu’il irradie.

 

Grand central – Un film de Rebecca Zlotowski avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libereau, …

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Une fragile alchimie

Publié le par michelmonsay

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Après un documentaire très remarqué, Watermarks, sur les nageuses d’un club sportif juif à Vienne stoppées en pleine gloire par le nazisme, et que Yaron Zilberman a retrouvées 65 ans plus tard, le réalisateur américain signe un 2ème film qui cette fois prend le chemin de la fiction. Il a eu la très bonne idée pour ce faire d’explorer les arcanes d’un quatuor à cordes imaginaire de renommée internationale, en montrant les difficultés pour les 4 instrumentistes à envisager une œuvre sur la même longueur d’ondes en mettant son ego en retrait, tout en trouvant une sonorité et une interprétation parfaites. Parallèlement, le cinéaste creuse le facteur humain et personnel, où au fil des années se sont tissées amitiés, frustrations refoulées, sacrifices, d’autant que le quatuor existe depuis 25 ans et deux des musiciens sont mariés ensemble. Portés par des acteurs virtuoses, notamment l’un des plus grands, Philip Seymour Hoffman qui montre une nouvelle fois qu’il sait tout jouer, mais aussi Christopher Walken dont c’est l’un des tous meilleurs rôles, le film, tout en étant un merveilleux hymne d’amour à la musique, nous passionne par une intrigue émotionnelle très bien sentie et amenée. Cela commence par l’entrée en scène des 4 musiciens sous les applaudissements du public, et une fois installés on sent dans leurs regards une certaine tension. Avant qu’ils ne commencent à jouer, le réalisateur nous ramène quelques semaines auparavant où lors de la première répétition pour la nouvelle saison, le violoncelliste qui est un peu plus âgé que les autres, s’aperçoit qu’il a un problème pour suivre ses camarades. Après consultation de son médecin et des examens approfondis, on lui diagnostique un début de maladie de Parkinson. Le film s’ingénie à suivre la fissure que provoque ce coup de tonnerre au sein du quatuor, et qui peu à peu se répand sous différentes formes dans un New-York enneigé d’une grande beauté, … mais jusqu’où ira-t’elle ?

 

 

 Le quatuor – Un film de Yaron Zilberman avec Philip Seymour Hoffman, Christopher Walken, Catherine Keener, Mark Ivanir, Imogen Poots, …

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Comédie douce amère pleine d’esprit

Publié le par michelmonsay

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Troisième volet d’une histoire commencée il y a 18 ans avec « Before sunrise », ce nouveau film poursuit cette démarche originale de suivre en temps réel la vie d’un homme (Jesse) et d’une femme (Céline) qui se sont rencontrés dans un train, puis perdus de vue pendant 9 ans avant de retomber amoureux dans le second volet. On les retrouve 9 ans plus tard alors qu’ils ont la quarantaine, vivent ensemble et ont deux jumelles de 7 ans. Admirablement écrit à trois mains par le réalisateur et les deux comédiens principaux qui y ont forcément mis un peu d’eux-mêmes, le scénario mais surtout les dialogues d’une grande richesse, on pourrait parfois penser à Woody Allen, sont une merveilleuse variation sur la comédie humaine. Ce film, que l’on apprécie tout autant même si l’on n’a pas vu les deux premiers, nous offre un miroir de nos vies où les thèmes de l’amour, la mort, le temps qui passe, les enfants, l’ambition professionnelle, sont abordés avec une justesse et un réalisme très prenants qui induisent une certaine émotion régulièrement teintée d’humour. La réalisation toute en fluidité d’une part, Julie Delpy et Ethan Hawke qui donnent corps avec une grâce infinie à ce couple très attachant d’autre part, sont les principaux ingrédients de cette histoire filmée dans une Grèce de rêve que l’on a tant de plaisir à suivre. Au début du film, Jesse accompagne son fils à l’aéroport après des vacances apparemment très agréables. L’adolescent part rejoindre sa mère chez qui il vit, mais le père a visiblement du mal à le laisser repartir. Une fois dans la voiture où il a rejoint Céline et leurs deux filles, ils reprennent la route pour aller retrouver des amis et finir leurs vacances, tout en évoquant leur avenir. Lui, souhaitant se rapprocher de son fils à Chicago, elle, voulant accepter un poste très intéressant à Paris où ils vivent ensemble. Que ce soit en plaisantant, en jouant un jeu de rôles, en parlant avec leurs amis, en étant plus intime ou en se disputant, ce couple à la verve romantique mais très lucide nous fait partager une délicieuse tranche de vie, représentative de notre époque et des questionnements qu’elle sous-tend.

 

 

 Before midnight – Un film de Richard Linklater avec Julie Delpy, Ethan Hawke, …

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