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A déguster sans modération

Publié le par Michel Monsay

A déguster sans modération

Wes Anderson, réalisateur américain de 45 ans, nous avait souvent amusés voire emballés dans ses sept premiers films. Sa fantaisie unique dans le cinéma d’aujourd’hui ayant toujours été la garantie d’un voyage cocasse dans un monde décalé. Avec ce huitième film, il est au sommet de son art, on retrouve les mêmes ingrédients que dans les précédents mais à un niveau de qualité supérieure. Une intrigue plus aboutie, des décors somptueusement surannés et délicieusement kitsch, un style visuel d’une inventivité époustouflante, un aspect burlesque qui fonctionne à merveille à la fois dans le jeu des acteurs, tous remarquables, mais aussi dans les cadrages et les mouvements de caméra virtuoses. Le casting impressionnant témoigne de la réputation dont bénéficie le cinéaste. Beaucoup de comédiens renommés n’hésitant pas à accepter un petit rôle pour tourner avec lui et entrer ainsi dans son univers. Ce récit d’aventures rocambolesques s’inspire à la fois d’Ernst Lubitsch, d’Agatha Christie, de Tintin et de Buster Keaton, sur un rythme qui va crescendo et que l’on suit avec jubilation. L’histoire démarre en 1985, un vieil écrivain face à la caméra nous explique comment naissent les romans, notamment un des siens, « The Grand Budapest Hotel », qu’une jeune femme tient à la main dans les premières images du film. L’écrivain évoque alors ses vacances passées vingt ans plus tôt dans cet hôtel dont la splendeur n’était déjà qu’un souvenir, et surtout sa rencontre avec le mystérieux propriétaire des lieux. De là, changement de narrateur, le propriétaire va nous raconter son histoire, qui débute en 1932 lorsqu’il devient groom du prestigieux palace. Nous entrons alors dans le cœur de ce film aux multiples rebondissements et aux allures de cartoon par moments, pour nous laisser porter par la maîtrise technique et artistique, la méticulosité du détail et l’imagination débridée de ce cinéaste vraiment à part.

                                                                                                                

The Grand Budapest Hotel – Un film de Wes Anderson avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham, Saoirse Ronan, Mathieu Amalric, Adrien Brody, … - 20th Century Fox – 1 DVD : 19, 99 €.

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L’émouvante renaissance d’une femme

Publié le par Michel Monsay

L’émouvante renaissance d’une femme

La réalisatrice Solveig Anspach et la comédienne Karin Viard se retrouvent 15 ans après l’excellent « Haut les cœurs », pour nous offrir un nouveau petit bijou dans lequel leur collaboration permet une seconde fois à l’une et à l’autre de donner le meilleur d’elles-mêmes. Jamais l’actrice n’a été aussi touchante, aussi naturelle, aussi dépouillée de tout artifice, de tout jeu un peu maniéré qu’elle utilise parfois. Outre la performance enthousiasmante de Karin Viard, les autres comédiens qui l’entourent ne sont pas en reste et apportent humanité, tendresse et fantaisie à cette formidable histoire de reconstruction. La cinéaste française d’origine américano-islandaise de 53 ans qui alterne documentaires et fictions depuis le début de sa carrière, donne à ce film une couleur réaliste émouvante qui n’est pas pour autant dénuée d’humour. Elle met en scène des petites gens sans misérabilisme, qui d’une manière ou d’une autre subissent leur vie, et à la suite d’une rencontre ou d’une lente prise de conscience vont tenter d’y remédier. Une femme anxieuse et manquant d’assurance passe un entretien d’embauche, pour un poste de secrétaire à St Gilles-Croix de Vie, qui tourne rapidement au fiasco. Après avoir eu son mari au téléphone, qui une fois de plus la dévalorise, elle décide au dernier moment de ne pas monter dans le train qui doit la ramener à Angers vers son mari et ses 3 enfants. Elle prend une chambre dans un petit hôtel avec l’idée de rentrer le lendemain matin, mais elle semble apprécier cette soudaine liberté où le moindre détail a son importance. Peu à peu, nous assistons à l’éveil d’une femme jusqu’alors effacée, soumise, dévalorisée, et malgré le manque d’argent, ce qu’elle va vivre va totalement changer sa vie. On se laisse emporter par ce film qui fait du bien, par cette histoire de gens simples, par la subtilité du ton. Le courage de cette Lulu est un exemple à méditer pour tous ceux qui passent à côté de leur vie.

                                                                                                                      

Lulu femme nue – Un film de Solveig Anspach avec Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac, … - France tv distribution – 1 DVD : 19,99 €. 

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Du cinéma réalité de premier ordre

Publié le par Michel Monsay

Du cinéma réalité de premier ordre

En découvrant le 1er film de Diego Quemada-Diez, réalisateur de 45 ans d’origine espagnole qui a vécu aux Etats-Unis avant de s’installer au Mexique, on est impressionné par la maîtrise des cadrages, de la mise en scène et la force brute qu’il donne à son propos. Outre un talent et une sensibilité hors du commun, il a appris le métier durant de nombreuses années en étant l’assistant de grands cinéastes comme Ken Loach, et le résultat dès sa 1ère réalisation est sidérant. Assez proche du documentaire tout en se servant de la fiction à bon escient, cette histoire, filmée le plus souvent caméra à l’épaule, nous plonge dans l’enfer des migrants d’Amérique centrale. Le réalisateur a recueilli des centaines de témoignages pour coller au plus près de la réalité de cette région du monde. Mais les souffrances et les rêves émaillés de drames de ces populations sans avenir se retrouvent aussi sur d’autres continents, dont nous recevons régulièrement les terribles échos. Tourné avec des acteurs non-professionnels, dont la remarquable interprétation a été récompensée au Festival de Cannes 2013 dans la section Un certain regard, ce film bouleversant et implacable recèle néanmoins de bouffées d’humanité, par la jeunesse et l’innocence de ses protagonistes. Cela commence dans les allées serrées d’un bidonville au Guatemala, où la caméra suit un adolescent de 15 ans qui marche d’un pas déterminé. Puis, une jeune fille du même âge à la belle chevelure brune se coupe les cheveux très courts et se met un bandage serré sur sa poitrine, afin de passer pour un garçon. On retrouve le jeune homme qui rassemble quelques affaires dans un petit sac à dos, et part chercher un copain qu’il retrouve dans une immense décharge d’ordures en train de glaner ce qu’il peut. Les 3 adolescents prennent un car en direction du Nord et commencent alors un long périple pour changer de vie. Ce film est indispensable à la fois pour le témoignage d’une cruelle réalité qu’il relate admirablement, et pour l’émotion cinématographique intense qu’il procure.

 

                                                                                                                   

Rêves d’or – Un film de Diego Quemada-Diez avec Brandon Lopez, Karen Martinez, Rodolfo Dominguez, … - M6 vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Comédie douce amère à la délicieuse sauce indienne

Publié le par Michel Monsay

Comédie douce amère à la délicieuse sauce indienne

Ce très beau premier film a enthousiasmé la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes, et suite à sa projection il a été vendu dans le monde entier en deux jours. Le réalisateur indien qui vit entre Bombay sa ville natale et New-York, montre avec beaucoup de talent dans cette fable épistolaire et culinaire, une autre facette du cinéma de son pays, loin de Bollywood. Si l’humour y est un ingrédient de base, le cinéaste ausculte avec finesse la société indienne entre évolution et tradition. Il nous emmène dès les premières images au cœur de Bombay et ses 12 millions d’habitants, cette ville au bord de l’asphyxie où les portes des trains bondés restent ouvertes en permanence. Sans jamais appuyer le trait, il donne à voir derrière cette histoire enthousiasmante, le quotidien des femmes hindous consacrée à servir leur mari et s’occuper de leurs enfants, mais aussi la solitude qui enveloppe les vies des hommes et femmes de ces villes dites modernes. La réalisation et l’interprétation sont à la fois justes, sensibles et plus proches du grand Satyajit Ray que des fadaises de l’industrie du cinéma indien. Après avoir aidé sa fille à s’habiller et lui avoir donné ses recommandations pour la journée d’école, une femme s’affaire en cuisine dans la préparation du panier-repas de son mari. Afin de le reconquérir, elle lui mitonne de nouvelles recettes avec les conseils éclairés de sa voisine. A la hâte, elle met ses différents plats savoureux dans 4 récipients empilés et rangés dans une housse, qu’elle confie au livreur censé l’apporter au mari. Sous l’angle de cette tradition vieille de 120 ans des panier-repas à Bombay, avec son gigantesque service de livraison, 5000 livreurs pour 175 000 repas, ce jeune cinéaste à suivre nous régale dès son premier film tout à la fois léger, délicat et profond.

 

                                                                                                                      

The lunchbox – Un film de Ritesh Batra avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui, … - Blaq out – 1 DVD : 19,99 €.

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Thriller psychologique au cœur des territoires occupés

Publié le par michelmonsay

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Assez régulièrement, la situation israélo-palestinienne inspire des films à des réalisateurs d’horizons très différents. Celui-ci, récompensé par le Prix du jury dans la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes, fait partie des plus marquants. Il est l’œuvre du cinéaste palestinien de 52 ans, Hany Abu-Assad, qui s’est déjà fait remarquer en filmant l’occupation israélienne avec beaucoup de justesse et sans manichéisme, dans Paradise now et Le mariage de Rana. On retrouve les mêmes qualités dans Omar, film qui se révèle également être un thriller très efficace, une touchante histoire d’amour, ainsi qu’un drame psychologique qui démarre dans une certaine légèreté pour au fil de l’intrigue, sonder l’ambigüité des personnages des deux côtés du mur. La confiance, la trahison, l’amitié sont au cœur de cette histoire aux accents shakespeariens, remarquablement filmée et construite par le réalisateur également scénariste. Omar, un jeune palestinien de 20 ans qui vit en Cisjordanie, escalade régulièrement un mur d’une dizaine de mètres en dépit d’éventuelles balles tirées par la police, pour rejoindre Nadia la fille de ses rêves et deux amis, palestiniens aussi mais vivant côté israélien. Omar et Nadia s’échangent discrètement des mots doux et se voient furtivement pour échapper à l’attention du grand frère, qui est également l’un des deux amis d’Omar. Les trois garçons s’entraînent à tirer à la carabine pour entrer dans une résistance active. Voilà un film aux très nombreuses qualités, qui interpelle, bouscule certains repères, où est le mal où est le bien, qui a tort qui a raison, au final une chose est sûre, tant que durera cette situation d’occupation aucune entente ne sera possible.

 

 

Omar – Un film de Hany Abu-Assad avec Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany, ... – M6 vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Formidable duo d’acteurs

Publié le par michelmonsay

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Etonnant de prime abord de retrouver le réalisateur français Arnaud Desplechin dans cette aventure américaine, mais il suffit de voir le film pour comprendre qu’il poursuit le même chemin, mais sous des formes différentes. A 53 ans, le cinéaste trop rare d’ « Un conte de Noël » et de « Rois & reine », se sert cette fois d’une histoire vraie pour continuer à sonder les blessures de l’âme, et il le fait ici avec une humanité bouleversante. En arrière-plan de ce très beau film, on entrevoit les traumatismes laissés par la seconde guerre mondiale chez les soldats américains, ainsi que le massacre du peuple indien et les conséquences sur les survivants et les générations qui ont suivi. Les deux principaux protagonistes de cette histoire sont à priori très différents, un indien massif et un petit psychanalyste anthropologue français d’origine juive roumaine. Tous deux sont marginaux d’une société qui ne les comprend pas, et leur rencontre va s’avérer très positive pour les deux. Ces personnages sont admirablement interprétés par deux comédiens aussi dissemblables que complémentaires. La présence et le jeu magnétiques de Benicio Del Toro, mélange de puissance et de fragilité, ont un réel pouvoir de fascination. Mathieu Amalric quant à lui est à la fois drôle, touchant, exubérant. L’histoire démarre dans le Montana en 1948, un homme travaille dans le ranch de sa sœur et son beau-frère après avoir perdu son travail au retour de la guerre. Blessé au crane durant les combats, il est régulièrement sujet à de violents maux de tête, des troubles de la vue et de l’ouïe qui lui gâchent la vie. Sa sœur l’accompagne dans un hôpital militaire psychiatrique au Kansas pour trouver une solution à ses problèmes. Ce film subtil, romanesque, sensible, qui n’est pas dénué d’humour et où l’on pense parfois à François Truffaut, se révèle passionnant tant dans le fond que dans sa forme.

 

Jimmy P. – Un film d’Arnaud Desplechin avec Benicio Del Toro, Mathieu Amalric, … - France TV distribution – 1 DVD : 19,99 €.

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Un grand millésime

Publié le par michelmonsay

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Si l’on adore Woody Allen pour ses comédies, il n’en reste pas moins que tout au long d’une carrière exceptionnellement prolifique, le cinéaste nous a offert quelques pépites à la teneur plus contrastée voire carrément noire. A 78 ans, il ne faiblit pas la cadence et continue de tourner un film par an. Son dernier démarre sous l’apparence d’une comédie qui va rapidement se fissurer, pour laisser apparaître une satire bourgeoise assez cruelle. Qui d’autre que lui aujourd’hui peut passer du rire à l’émotion avec une telle maîtrise ? Le personnage central à la fois pathétique et bouleversant, admirablement interprété par Cate Blanchett, est l’instrument virtuose qu’utilise le réalisateur pour rendre sa comédie, dramatique. Ce nouveau superbe portrait de femme, dont Woody Allen est coutumier, est renforcé par une galerie de personnages hauts en couleurs. Le génial névrosé, pour écrire son histoire, s’est inspiré à la fois d’Un tramway nommé désir et de l’affaire Madoff, l’escroc financier, pour nous livrer une peinture au vitriol de notre société capitaliste. Cela démarre dans un avion venant de New-York et allant à San Francisco, où une femme d’une quarantaine d’années saoule de paroles sa voisine en lui déballant l’histoire de sa vie. D’apparence très chic, cette femme débarque chez sa sœur de condition plus modeste avec ses valises Vuitton, pour prendre un nouveau départ. En l’attendant, elle parle toute seule à voix haute en se remémorant sa vie passée, l’occasion d’un flashback où l’on découvre le luxe dans lequel elle vivait. Remarquablement construit, le film dévoile peu à peu les contours d’un désastre passé et à venir où son héroïne malgré tous ses efforts perd pied inéluctablement.

 

 Blue Jasmine – Un film de Woody Allen avec Cate Blanchett, Sally Hawkins, Alec Baldwin, … - France tv distribution – 1 DVD : 19,99 €.

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Remarquable plongée en eaux troubles

Publié le par michelmonsay

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La production de séries télé a connu un essor très important ces derniers temps face à un engouement du public sans cesse croissant. Désormais, la qualité et l’originalité sont davantage au rendez-vous, surtout lorsque de grands cinéastes acceptent de se frotter à cet exercice. C’est le cas de Jane Campion, réalisatrice néozélandaise de 59 ans qui nous a déjà régalés de quelques pépites comme Bright star ou La leçon de piano. Dans cette série événement, assurément l’une des toutes meilleures de l’année, la cinéaste à qui la BBC a laissé toutes les libertés, transpose merveilleusement son univers mystérieux et poétique au format particulier d’une fiction télévisuelle découpée. Nous sommes ici plus proches de l’exigence cinématographique que de la facilité de bon nombre de séries, dont les épisodes et les saisons qui n’en finissent plus les tirent vers l’ennui. Seulement six épisodes pour Top of the lake, où les sublimes paysages sauvages et montagneux du lac Wakatipu en Nouvelle-Zélande, où une enquête policière n’est que prétexte à une troublante étude de mœurs et de caractères, où la caméra, la direction d’acteurs et la mise en scène de Jane Campion, font de cette minisérie une œuvre totalement envoûtante. L’ensemble des comédiens est au diapason avec une mention particulière pour Elisabeth Moss lumineuse et émouvante, et Peter Mullan ambigu et inquiétant. Près d’une petite ville entourée de nature, une fillette de 12 ans avance toute habillée dans les aux glacées d’un lac, quelqu’un s’en aperçoit à temps et parvient à la sauver. Elle passe alors un contrôle médical où l’on constate qu’elle est enceinte de 5 mois. Une inspectrice spécialiste dans la protection des mineurs est chargée de l’interroger. Au fil de l’intrigue, nous découvrons toute une galerie de personnages à l’âme cabossée que la finesse de l’écriture rend complexes et loin des stéréotypes, dans une atmosphère plutôt sombre avec par moments des situations cocasses. Construite comme un puzzle dont chaque pièce a sa part de secrets, cette admirable série proche de l’univers de David Lynch, restera une référence tant sa singularité et sa profondeur nous fascinent comme rarement.

 

 Top of the lake - Une série de Jane Campion avec Elisabeth Moss, Peter Mullan, … - Arte éditions – 3 DVD : 34,99 €.

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Si drôle et si touchante

Publié le par michelmonsay

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Son dernier one-woman-show datait de 2005, et depuis Muriel Robin avait interprété quelques rôles au cinéma, au théâtre et à la télé, dont celui de Marie Besnard l’empoisonneuse où elle s’y révélait très convaincante dans une partition dramatique. A 58 ans, l’une de nos toutes meilleures humoristes revient avec un spectacle qu’elle a écrit sans Pierre Palmade pour la première fois, dans une veine plus intimiste où elle mêle habilement de très nombreux moments hilarants, à une émotion palpable dès son entrée en scène jusqu’à l’ovation finale. Celle qui  a longtemps été très haut dans le cœur des français, notamment lorsqu’elle était aussi marraine des Restos du cœur, a gardé une grosse côte d’amour auprès du public qui est enchanté de son retour. Dès les premières minutes, on réalise que Muriel Robin en a inspiré plus d’un, et quitte à choisir, on préfère largement avoir l’original. En nous racontant sa vie par le menu sans fausse pudeur mais en n’étant jamais impudique, on comprend mieux ses huit ans d’absence. Son enfance, sa famille, son apprentissage, sa réussite, ses problèmes de toutes sortes, ses drames, Muriel Robin les passe à la moulinette de son écriture subtile qu’elle retranscrit sur scène avec ses mimiques, un imparable sens du rythme, un talent comique que l’on redécouvre avec bonheur et une sensibilité très touchante. Il fallait oser se livrer autant, surtout avec l’autodérision qui la caractérise. Au final, elle nous offre son plus beau spectacle où elle manie à la perfection l’art de réinterpréter les situations qu’elle a vécu, même les plus difficiles, en trouvant toujours l’angle par lequel les aborder sur un ton irrésistible de drôlerie, mais où l’on sent poindre une certaine tendresse voire une tristesse.

 

 Robin revient « tsoin-tsoin » - Spectacle de Muriel Robin – TF1 vidéo – 1 DVD : 15,99 €.

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Poignante histoire d’amour au cœur d’une poudrière

Publié le par michelmonsay

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Cinéaste d’origine libanaise vivant entre son pays, la France et les Etats-Unis, Ziad Doueiri, dont c’est le troisième long-métrage, nous plonge dans la complexité de la situation israélo-palestinienne en signant l’un des tous meilleurs films sur le sujet. Sans prendre parti pour qui que ce soit, sans stigmatiser les comportements les plus extrêmes, mais au contraire en essayant de comprendre sans ménager personne les contradictions des uns et des autres, le réalisateur avec cette distance donne encore plus de force à son propos. Si le fond est très subtilement traité, la forme l’est tout autant en oscillant entre le thriller politique et le drame intimiste avec la même aisance, mais aussi en proposant une qualité de mise en scène et de réalisation qui rappellent que le cinéaste s’est formé à Hollywood. Adapté du roman de Yasmina Khadra traduit dans une quarantaine de langues, le film admirablement interprété, notamment par Ali Suliman, met une nouvelle fois en lumière par son intrigue, par le déroulement du tournage en Israël et en Cisjordanie, par les réactions de la Ligue arabe à sa sortie, les difficultés insurmontables pour que les deux camps arrivent à se parler sans haine et à envisager un avenir plus serein. A Tel-Aviv, un homme et une femme se disent au revoir très amoureusement, elle, doit rendre visite à sa famille à Naplouse et revenir le lendemain. Lui, chirurgien israélien d’origine palestinienne est honoré par ses pairs en recevant le prix de la réussite médicale, où il apparaît outre ses compétences comme un modèle d’intégration. Le lendemain, il reprend son quotidien à l’hôpital quand survient durant la pause-déjeuner une détonation provenant d’un quartier voisin. Très vite, les ambulances arrivent avec des blessés dans un état très grave. Le film, par son histoire très bien sentie, ses personnages jamais caricaturaux, le contexte si sensible et si douloureux remarquablement restitué, provoque une déflagration qui nous touche profondément.

 

 L’attentat – Un film de Ziad Doueiri avec Ali Suliman, Reymonde Amsellem, …- Wild Side vidéo – 1 DVD : 12,99 €.

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