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Les ravages de la guerre

Publié le par Michel Monsay

Les ravages de la guerre

A 85 ans, le vieux lion est toujours aussi efficace et son dernier film est impressionnant de maîtrise tant dans la mise en scène, que dans la dramaturgie, la direction d’acteurs mais aussi dans sa réflexion sur la guerre. Si on ne le voit quasiment plus devant la caméra, Clint Eastwood continue sa carrière de cinéaste à une cadence plutôt soutenue avec au final, une large majorité de très grands films. Il est l’un des tous derniers survivants d’un cinéma américain classique, pourvoyeur de tant de chefs-d’œuvre, qu’il a su durant toute son éblouissante carrière marquer de son empreinte rude, brutale parfois, mais souvent humaniste. La polémique ridicule autour de ce film, lui reprochant son patriotisme voire une glorification de la guerre, est totalement déplacée, le propos du cinéaste étant bien plus ambivalent d’autant que les conséquences de l’intervention américaine en Irak sont loin d’être glorieuses. Clint Eastwood n’a jamais eu peur de s’attaquer à des sujets difficiles, dérangeants voire ambigus, et n’a jamais manqué de proposer différents points de vue dans une histoire, permettant ainsi une vraie réflexion. En 2002, des soldats américains avancent dans une ville irakienne à moitié détruite en fouillant les maisons. Un tireur d’élite des Navy Seals est posté sur un toit et surveille les alentours pour protéger ses camarades. Dans son viseur, il voit une femme et un enfant sortir d’une maison. La femme donne à l’enfant une grenade antichar, et celui-ci court en direction du convoi américain. Le sniper a le doigt sur la gâchette, hésitant à tirer, et au moment où il appuie dessus, le film nous renvoie 20 ans en arrière lorsque gamin par le même geste il vient d’abattre un cerf à la chasse avec son père. Ce film magistralement orchestré, aux images de guerre très réalistes, ne néglige pas pour autant l’aspect psychologique et familial, l’ensemble donnant une œuvre intense et poignante.

                                                                                                                      

American sniper – Un film de Clint Eastwood avec Bradley Cooper, Sienna Miller, … - Warner home vidéo – 1 DVD : 16,99 €.

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Un suspense sentimental fascinant

Publié le par Michel Monsay

Un suspense sentimental fascinant

Après nous avoir bouleversés avec son précédent film « Barbara », qui replongeait dans l’Allemagne de l’Est des années 1980 sans manichéisme, l’excellent cinéaste allemand Christian Petzold revisite une nouvelle fois les périodes sombres de l’Histoire de son pays.  Nous sommes cette fois au lendemain de la seconde guerre mondiale dans un Berlin en ruines, baignant dans une atmosphère sordide où certains tentent d’oublier l’horreur qu’ils ont vécue et d’autres de la nier. Le réalisateur a eu la bonne idée de reprendre le même couple de comédiens que dans Barbara, où ils étaient déjà remarquables de justesse et d’intensité retenue. Ils le sont tout autant dans une histoire diamétralement opposée en termes de rapport entre les personnages, avec une mention particulière à Nina Hoss dont la métamorphose progressive tout au long du film est impressionnante de maîtrise. On comprend en la regardant jouer les raisons qui poussent le cinéaste à ne pas s’en passer, il s’agit de leur 6ème film ensemble. Cette alchimie fonctionne dans les deux sens, l’actrice trouvant dans le cinéma de Christian Petzold, l’écrin idéal pour s’exprimer. Un cinéma d’une grande intelligence où la suggestion l’emporte sur la lourdeur, où l’Histoire que l’on sent très présente n’apparaît qu’en creux dans le récit troublant de Phoenix, et le résultat en est d’autant plus efficace. En juin 1945, deux femmes juives allemandes revenant à Berlin en voiture sont arrêtées par des soldats alliés pour contrôler leur identité. L’une d’elles a le visage recouvert de bandages après avoir survécu par miracle à Auschwitz. L’héritage de sa famille, dont elle est l’unique survivante, lui permet de se payer une opération de reconstruction faciale avec le soutien de sa meilleure amie, qui la ramène littéralement à la vie avec pour projet d’aller s’installer en Israël. Mais la survivante veut absolument essayer de retrouver son mari. Un scénario très subtil, une interprétation saisissante, une mise en scène d’une grande précision, font de ce mélodrame une œuvre puissante et marquante.

                                                                                                                 

Phoenix – Un film de Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina, Kunzendorf, … - Diaphana vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Epoustouflant de virtuosité

Publié le par Michel Monsay

Epoustouflant de virtuosité

Ce coup de fouet, traduction littérale du titre, qui a énormément fait parler de lui et a obtenu de très nombreuses récompenses dont 3 Oscars, est certainement l’un des tous meilleurs films sur la musique qui n’ait jamais été réalisé. Le jeune cinéaste américain de 30 ans, non seulement mélomane averti mais aussi ancien batteur comme le héros de son film, a vécu une expérience similaire à celle qu’il nous raconte, ce qui contribue en partie à la puissance émotionnelle de Whiplash. A cela, il faut ajouter un talent impressionnant qui se traduit dans le cadre, magnifiques gros plans d’instruments, de mains, de visages, dans la mise en scène qui induit autant une tension quasi permanente que des moments extrêmement jouissifs, mais aussi dans un son parfait, un montage très efficace, une lumière souvent  dans un superbe clair-obscur et une musique euphorisante. Bref, tout y est pour créer un film inoubliable, d’autant que les deux comédiens principaux sont éblouissants chacun à sa manière, et les rôles qu’ils interprètent très finement écrits. Jamais, on n’aura aussi bien montré la détermination nécessaire et l’extrême difficulté pour devenir un grand musicien de jazz, surtout lorsque l’élève est sous la houlette d’un perfectionniste qui exige un dépassement de soi permanent. Un jeune batteur de 19 ans apparemment très doué répète seul dans une salle d’un prestigieux conservateur newyorkais. Il s’interrompt lorsqu’apparaît le chef admiré et redouté de l’orchestre des meilleurs musiciens de l’école. Celui-ci le met à l’épreuve et quitte la salle avant même que le jeune ait terminé. Après une soirée ciné avec son père, on le retrouve le lendemain matin dans sa classe de première année, où l’on s’aperçoit qu’il n’est que batteur remplaçant et tourne les pages des partitions du titulaire. Ce film est à ne rater sous aucun prétexte tant il nous procure un bonheur cinématographique, un bonheur musical, un suspense psychologique fort brillamment mené, dont on ressort sonné, admiratif et si reconnaissant d’avoir vécu une telle expérience.

                                                                                                                      

Whiplash – Un film de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, … - Ad Vitam – 1 DVD : 19,99 €.

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Magistrale plongée dans un futur proche possible

Publié le par Michel Monsay

Magistrale plongée dans un futur proche possible

Réalisateur anglais de 44 ans devenu un des maîtres hollywoodiens du cinéma d’action de qualité, allant du thriller au film de super-héros avec la trilogie « The dark Knight » jusqu’à la science-fiction, Christopher Nolan nous offre ici un magnifique spectacle qui en plus de nous passionner, nous interroge sur les erreurs et les conséquences de notre monde actuel. Le cinéaste nous impressionne par sa maîtrise technique, dramaturgique, sa science des ellipses qui donne une remarquable fluidité au récit, mais aussi par sa capacité à donner à son film une dimension philosophique et scientifique rare. Tout en se nourrissant de Kubrick et Tarkovski qui ont déjà exploré le sujet il y a 40 ans, Nolan nous plonge dans un univers spatio-temporel, fondé sur les dernières hypothèses scientifiques, à la fois réaliste et fascinant. L’une des forces de « Interstellar » est l’importance accordée à l’humanité des personnages, il n’y a pas ici la froideur de la plupart des films du genre. Les comédiens tous impeccables contribuant à l’impact émotionnel de cette histoire d’amour filial aux confins du temps. Le film démarre sur des personnes âgées qui témoignent face à la caméra de ce qu’ils ont vécu durant leur enfance. Elles racontent que la plupart des hommes sont devenus cultivateurs pour tenter de nourrir une planète en perdition. Les ressources agricoles se sont raréfiées à cause de maladies qui ont tué le blé et d’autres plantes, seul le maïs tenant le coup, mais aussi à cause de terribles vents de poussière quasi permanents. Parmi eux, un ancien pilote de vaisseau spatial et ingénieur, jeune veuf qui tient une ferme en pleine campagne avec ses deux enfants et son beau-père. Quel avenir pour une planète exsangue, suite aux effets dévastateurs des pratiques humaines ? Ce film, autant ambitieux que spectaculaire et émouvant, restera une référence en la matière, par le talent d’un cinéaste dont la créativité ne cède jamais face à l’ampleur de la production.

 

                                                                                                                      

Interstellar – Un film de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine – Warner home vidéo – 1 DVD : 15,99 €.

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Irrésistible romance aux antipodes du genre

Publié le par Michel Monsay

Irrésistible romance aux antipodes du genre

Tout juste couronné aux Césars avec 3 récompenses, meilleure actrice pour Adèle Haenel, meilleur premier film pour Thomas Cailley et meilleur espoir masculin pour Kevin Azaïs, « Les combattants » est bien l’une des plus belles surprises de 2014. Ce film pétri de qualités a permis de mettre en avant trois jeunes artistes dès à présent remarquables, qui laissent augurer une carrière grandiose s’ils font les bons choix. Un vent de fraîcheur est venu souffler sur le cinéma français avec cette comédie romantique, qui ne ressemble à aucune autre et réussit le difficile pari à la fois de nous faire franchement rire, de nous émouvoir et de nous questionner sur le présent et l’avenir des jeunes et plus globalement sur celui de la planète. Le cinéaste passe avec une facilité déconcertante d’un genre à l’autre pour suivre le cheminement de ses deux personnages principaux que tout oppose au début du film, lui sensible, attentionné, généreux, elle renfrognée, athlétique, à la beauté rugueuse. Adèle Haenel, qui joue cette jeune femme singulière, est époustouflante de naturel d’un bout à l’autre du film et interprète merveilleusement la lente métamorphose de son personnage. A 26 ans, elle a déjà 2 Césars et enthousiasme à chaque nouvelle prestation. Le jeune Kevin Azaïs est également parfait dans son rôle, tout comme les autres comédiens. A la mort de leur père, deux frères reprennent l’entreprise familiale de menuiserie dans une station balnéaire au bord d’un immense lac des Landes. Le plus jeune d’entre eux fait la connaissance d’une jeune femme, qui le retourne comme une crêpe lors de combats organisés sur la plage par l’armée de terre venue recruter. Il la revoit un peu plus tard par hasard, lorsqu’avec son frère ils essaient de vendre un abri de jardin aux parents de la jeune femme, alors qu’elle s’entraîne dans la piscine puis en sort pour leur déconseiller de l’acheter. Pour un premier film, chapeau au réalisateur également scénariste, tant la construction, les dialogues, la mise en scène donnent à l’ensemble un moment de cinéma drôle et touchant que l’on n’est pas prêt d’oublier.

                                                                                                                      

Les combattants – Un film de Thomas Cailley avec Adèle Haenel, Kevin Azaïs, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, … – France TV distribution – 1 DVD : 14,99 €.

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L’hôpital du rire aux larmes

Publié le par Michel Monsay

L’hôpital du rire aux larmes

Ce film a été l’une des très belles surprises de 2014, en obtenant un joli succès au box-office et auprès des critiques avec un sujet difficile, le milieu hospitalier, traité de manière beaucoup plus réaliste que les séries américaines sur le même thème, dont les saisons se succèdent sans ne jamais lasser le téléspectateur, et pourtant … La réussite d’Hippocrate est en grande partie due au vécu du réalisateur, également médecin. Pour son deuxième long-métrage, assez autobiographique, il nous plonge avec une remarquable justesse qui n’empêche pas l’humour, au cœur d’un service hospitalier, et plus particulièrement auprès des internes de l’établissement. Le cinéaste de 38 ans ne s’arrête pas à l’étonnante vraisemblance de chaque geste, chaque situation avec les patients, les infirmières, les médecins, il dénonce très efficacement tous les maux dont souffrent le monde hospitalier aujourd’hui par manque de moyens et d’effectif, parfois au détriment des malades. Il pointe également le doigt sur ces médecins étrangers ne venant pas de la zone euro et travaillant dans les hôpitaux français, qui non seulement sont exploités mais doivent s’astreindre à un parcours du combattant pour obtenir le droit d’exercer. Les comédiens sont tous très bien, notamment Reda Kateb qui possède un vrai magnétisme et interprète dans un mélange de sobriété et d’énergie contenue, un médecin algérien faisant fonction d’interne. Le film démarre avec un autre interne, un vrai celui-là, de 23 ans, lors de sa première journée dans le service que dirige son père. Le jeune homme assez sûr de lui au départ va rapidement être confronté à la difficulté de la pratique, et de fait à ses propres limites et ses propres peurs. Voilà une œuvre très attachante qui avance dans un parfait mélange romanesque et documentaire, en étant tour à tour drôle et émouvante.

                                                                                                                    

Hippocrate – Un film de Thomas Lilti avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt, … - France TV distribution – 1 DVD : 19,99 €.

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Du grand art entre Tchekhov et Bergman

Publié le par Michel Monsay

Du grand art entre Tchekhov et Bergman

Après avoir obtenu deux grands prix du jury et un prix de la mise en scène lors de précédentes éditions du Festival de Cannes, Nuri Bilge Ceylan a décroché cette année la Palme d’or. Le cinéaste turc de 55 ans nous plonge au cœur de la Cappadoce en Anatolie centrale dans des décors naturels d’une grande beauté, pour explorer la nature humaine au plus profond des âmes. Inspiré de nouvelles de Tchekhov, ce film d’une grande puissance émotionnelle est également dans la lignée de certains chefs-d’œuvre de Bergman, dont les joutes conjugales ou familiales sont encore dans toutes les mémoires de cinéphiles. Les comédiens remarquablement dirigés par le cinéaste, à l’image d’un gamin de dix ans dont le regard impressionne par son intensité, apportent tous une force et une profondeur à cette histoire que l’on suit passionnément trois heures durant. De nombreux thèmes sont abordés tout au long de l’intrigue, qui en disent long sur les rapports entre les êtres au travers de dialogues très fournis touchant souvent à l’essentiel de nos vies. Aydin, Un comédien de théâtre à la retraite, tient un charmant petit hôtel encastré dans la roche des montagnes de Cappadoce, où il accueille quelques rares touristes aimant sortir des sentiers battus. Secondé par un homme et une femme pour les tâches domestiques, il vit avec sa jeune et jolie épouse et sa sœur qui a du mal à se remettre de son divorce. Alors qu’il revient du village avec son homme de main, une pierre est jetée contre la vitre de la voiture par le fils du locataire menacé d’expulsion d’une maison dont Aydin est propriétaire. Le décor est planté, peu à peu les masques vont tomber dans des scènes de déchirement saisissantes pour laisser entrevoir la vérité nue des personnages, filmés au travers d’une mise scène et d’une réalisation époustouflantes de sobriété et de précision.

                                                                                                                     

Winter sleep – Un film de Nuri Bilge Ceylan avec Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbag, … - Memento films – 2 DVD : 22,99 €.

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Une expérience humaine incomparable

Publié le par Michel Monsay

Une expérience humaine incomparable

Il arrive parfois que le cinéma indépendant américain nous offre une pépite, aux antipodes du cinéma standardisé que Hollywood vend dans le monde entier. Ici, point de stars ni de cinéaste culte, encore moins d’effets spéciaux ou de héros invincibles, juste un jeune réalisateur américain d’origine hawaïenne de 35 ans avec un film apparemment tout simple mais qui nous touche profondément dès les premières images. Se servant de son expérience d’éducateur dans un centre pour adolescents fragilisés par les épreuves qu’ils ont subies, le réalisateur recrée cet univers en le scénarisant juste ce qu’il faut pour ne pas être dans le documentaire  ou le cinéma réaliste social, mais plutôt dans une fiction d’une étonnante justesse alternant une émotion à fleur de peau, que l’on sent chez tous les personnages, avec un humour salvateur qui parsème cette histoire touchée par la grâce. Remarquablement interprété par tous les comédiens avec une mention particulière à Brie Larson la jeune responsable du centre, ce film d’une grande humanité, sans faire l’économie des moments difficiles que traversent les ados mais aussi les éducateurs, ne tombe jamais dans le manichéisme ou l’outrance. L’histoire démarre  avec l’arrivée d’un éducateur tout juste sorti de l’école, pour son premier jour sur le terrain dans un centre pour adolescents en difficulté. L’ambiance est bon enfant entre éducateurs, ils bavardent dehors avant d’entamer leur journée, et l’un deux raconte une anecdote assez drôle qui lui est arrivé à ses débuts. Avant qu’il n’ait fini, un adolescent sort en trombe du centre en hurlant. Du coup les éducateurs s’interrompent et courent après lui pour le rattraper, l’immobiliser et le calmer. Admirable portrait de groupe, ce film provoque sans ne jamais être larmoyant une empathie à l’égard de tous ses personnages au passé douloureux. Par sa sensibilité qui se ressent jusque dans ses cadrages, sa psychologie à la finesse rare, le réalisateur Destin Cretton restera l’un des plus belles révélations de cette année.

 

                                                                                                                      

States of Grace – Un film de Destin Cretton avec Brie Larson, John Gallagher Jr, Kaitlyn Dever, … - Condor Entertainment – 1 DVD : 19,99 €.

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Comédie singulière au charme imparable

Publié le par Michel Monsay

Comédie singulière au charme imparable

L’art de la comédie est si complexe que lorsqu’un cinéaste nous en propose une qui évite la lourdeur et les pièges récurrents à ce genre, puis une seconde qui a la même singularité, la même qualité d’écriture tout en étant très drôle, on ne peut qu’attendre avec impatience son nouveau film. Après « Copacabana » et « Pauline détective », Marc Fitoussi nous enchante une nouvelle fois avec un sujet totalement différent, le monde agricole par le biais d’un couple d’éleveurs de bovins, qu’il traite avec la finesse et la précision qui le caractérisent en évitant tous les clichés. Outre le talent des acteurs qui est primordial dans la réussite d’une comédie, le scénario, les dialogues et la justesse des personnages, même les secondaires, sont tout aussi importants. Ici, tout y est, Isabelle Huppert une nouvelle fois surprenante, Jean-Pierre Darroussin très touchant dans un rôle qu’il endosse remarquablement, une histoire qui prend toujours une direction inattendue, des dialogues qui provoquent autant le rire que l’émotion, et une vision moderne de l’agriculture. Le film démarre justement avec un couple d’éleveurs qui préparent un taureau charolais pour un concours agricole, que cet animal exceptionnel va remporter. Ils rentrent ensuite en Austin mini break dans leur ferme en Normandie, tandis que leur employé ramène le bestiau. Le fils, apprenti acrobate, qui était venu garder le troupeau les accueillent en râlant à cause de leur retard et des 3 heures de route qu’il va devoir faire. Même si le couple a l’air de toujours s’aimer, on sent un peu d’agacement par moment chez lui, alors qu’elle, semble avoir besoin de sortir de leur routine, de prendre du temps pour elle et faire autre chose que de s’occuper des vaches. Sans être une pure comédie de bout en bout, ce film à l’équilibre parfait, navigue d’une cocasserie jubilatoire à une tendresse, un charme qui ne tombe jamais dans la mièvrerie, parfois même à une pointe de gravité, d’où l’on ressort totalement conquis.

                                                                                                                     

La ritournelle – Un film de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert, Jean-Pierre Darroussin, Pio Marmaï, Michael Nyqvist, … - M6 vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Portrait sans gloire d’une Amérique en construction

Publié le par Michel Monsay

Portrait sans gloire d’une Amérique en construction

On connaissait l’acteur, Tommy Lee Jones, pour ses performances marquantes autant dans un registre dramatique que plus farfelu. Puis en 2005 il en a étonné plus d’un par la qualité de « Trois enterrements », son premier film en tant que réalisateur. A 68 ans, il nous offre un deuxième long-métrage tout aussi enthousiasmant, qui à l’image du précédent est à la frontière du western, même si l’époque de l’intrigue n’est pas la même, et mêle habilement une redoutable âpreté à quelques scènes burlesques, pour laisser apparaître peu à peu un humanisme très émouvant. Les paysages arides qui s’étirent à l’infini, admirablement filmés de même que les visages en gros-plan, la mise en scène sobre et précise, Hilary Swank bouleversante qui trouve ici son plus beau rôle depuis « Million dollar baby », et Tommy Lee Jones aussi convaincant devant que derrière la caméra, font de cet admirable film un témoignage unique sur les ravages de la conquête de l’Ouest auprès des femmes. Etonnant de la part d’un homme d’apparence bourrue de s’être lancé dans un vibrant hommage aux femmes de cette époque, dont la rudesse de l’existence et les maltraitances conjugales conduisaient certaines à sombrer dans la folie. En 1855 dans le Nebraska, une fermière, après avoir labouré sa terre apparemment ingrate avec une charrue tirée par ses deux mules, rentre dans sa maison pour se préparer avec une attention particulière à recevoir à diner son voisin également fermier. A la fin du repas alors qu’ils ont l’air de bien s’entendre, elle lui propose de s’installer ensemble pour faire fructifier leurs terres et se marier, mais l’homme refuse prétextant qu’il la trouve autoritaire et rude. Puis par une série de petits flashbacks, nous découvrons le calvaire de trois autres femmes, mariées celles-là, dont les épreuves ont eu raison de leur santé mentale. Tout en cassant le mythe de cette Amérique conquérante du XIXe siècle, le cinéaste comédien brosse une galerie de personnages frustrés, malmenés par la vie ou marginaux dans un film sans concessions d’où émerge une sensibilité qui nous touche profondément.

 

                                                                                                                      

The homesman – Un film de et avec Tommy Lee Jones, avec Hilary Swank, John Lithgow, Meryl Streep, … - Europacorp – 1 DVD : 15,99 €.

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