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L’honneur du journalisme d’investigation

Publié le par Michel Monsay

L’honneur du journalisme d’investigation

En remportant deux Oscars en février dernier, dont celui du meilleur film 2015, Spotlight clôt magistralement la vague d’enthousiasme qu’il a suscité depuis sa sortie. Pour son cinquième film, le réalisateur américain de 50 ans, Tom McCarthy, change de catégorie en touchant un public beaucoup plus large avec un excellent scénario, également lauréat  d’un Oscar, inspiré de la première affaire de prêtres pédophiles révélée par la presse. Plus précisément par Spotlight, la cellule d’investigation du quotidien The Boston Globe, qui avait reçu le Prix Pulitzer pour son enquête minutieuse et si précieuse parue en janvier 2002. Le cinéaste a trouvé la juste mesure pour retranscrire un tel sujet, tout y est précis sans alourdir le propos d’une charge trop facile ou d’effets spectaculaires. Il place sa caméra à la bonne distance, au propre comme au figuré, pour s’en tenir aux faits et suivre la formidable équipe de journalistes dans son quotidien besogneux afin d’obtenir des preuves. D’ailleurs, une mention toute particulière aux comédiens, qui sont tous totalement impliqués dans leur personnage, ce qui apporte au film un relief impressionnant. Le film démarre à Boston en 1976, dans un commissariat où un évêque tente de convaincre une mère de quatre enfants de retirer la plainte contre un prêtre qu’elle accuse de pédophilie. L’évêque lui rappelle tout le bien que fait l’Eglise dans la communauté et promet de muter le prêtre en question. Le prélat repart en voiture avec le procureur adjoint, et on sent bien qu’il n’y aura pas d’acte d’accusation. 25 ans plus tard, en juillet 2001, un nouveau rédacteur en chef arrive au Boston Globe. On ressort de ce film, enthousiasmé par sa puissance mais avec un profond sentiment de nausée devant ces actes, devant le pouvoir de l’Eglise, devant son silence et celui des notables de la ville. Cette affaire, malheureusement toujours d’actualité, a été le premier maillon d’une prise de conscience qui on l’espère verra le Pape François prendre enfin les mesures nécessaires. En tout cas, ce film remarquable en tous points est à ne manquer sous aucun prétexte.

                                                                                                                     

Spotlight – Un film de Tom McCarthy avec Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, … - Warner home vidéo – 1 DVD : 17,99 €.

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La soif de vivre d’une jeune chanteuse sous Ben Ali

Publié le par Michel Monsay

La soif de vivre d’une jeune chanteuse sous Ben Ali

Après être venue à Paris étudier la littérature française à la Sorbonne et le cinéma à la Fémis, Leyla Bouzid, jeune tunisienne de 31 ans, fille de cinéaste, choisi pour son premier long-métrage d’en situer l’action à la fin de l’ère Ben Ali juste avant le printemps arabe. Son film permet ainsi aux occidentaux de se rendre compte de la peur que ce régime policier engendrait chez les tunisiens, et surtout il contribue à lutter contre l’amnésie. Elle le fait avec une liberté qui n’aurait pas été possible avant la révolution, un mélange d’énergie, de sensibilité à fleur de peau, de grande lucidité sans alourdir son film d’un message trop militant. Sa caméra est vivante, sensuelle, réaliste, tout est filmé en décors naturels avec l’atmosphère qui s’y rattache, comme dans les bars parfois mal famés où de vrais clients reluquent la jeune héroïne. La cinéaste s’approche au plus près de ses comédiens, qui sont tous vibrants de vérité, pour capter l’émotion brute tant dans les superbes parties musicales, que dans l’intimité du couple, ou dans la très belle et complexe relation entre une mère et sa fille qui jalonne le film. L’excellente musique, un rock mâtiné de sonorités orientales, qui est un élément central de ce passionnant portrait d’une jeunesse tunisienne, est transcendée par les musiciens et surtout la jeune comédienne chanteuse, dont le sourire ravageur nous bouleverse de même que son interprétation bouillonnante et émouvante. Le film démarre sur son visage en clair obscur qui se rapproche de celui de son amoureux pour une étreinte tendre, interrompue par l’ennui d’un copain qui les accompagne dans cette virée en bord de mer, et souhaite rentrer à Tunis. Ils prennent un train de banlieue dans lequel la cinéaste les filme dans un style proche du documentaire avec de magnifiques plans sur les passagers. Puis cette jeune fille de 18 ans rentre en taxi pour chez ses parents, elle y est accueillie par sa mère folle de rage et d’inquiétude, son père ingénieur étant souvent en déplacements. Difficile de résister au talent de cette jeune réalisatrice et à la finesse de son regard, à la merveilleuse spontanéité de son héroïne, à cette musique d’une incroyable force, symbole de la résistance qui couvait en cet été 2010.

                                                                                                                   

A peine j’ouvre les yeux – Un film de Leyla Bouzid avec Baya Medhaffar, Ghalia Benali, … - Shellac – 1 DVD : 19,99 €.

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Une mère courage très touchante

Publié le par Michel Monsay

Une mère courage très touchante

Récemment couronné par trois Césars, dont celui du meilleur film, et par le Prix Louis Delluc, Fatima n’en finit pas de toucher profondément ceux qui font sa connaissance. Ce bonheur cinématographique est l’œuvre de Philippe Faucon, cinéaste de 58 ans dont le travail est enfin en pleine lumière. Né au Maroc d’un père militaire français et d’une mère algérienne, plusieurs des personnages de ses films sont d’origine maghrébine et confrontés aux difficultés de l’intégration. Fatima appartient à cette famille d’invisibles que le réalisateur affectionne, dont le cinéma français traite assez peu et souvent de manière caricaturale, et en est assurément la plus belle figure. Sa caméra s’approche au plus près des personnages, sans musique ni effet de mise en scène superflues, rien que l’essentiel, une émotion, une colère, une humiliation. Connaissant parfaitement le sujet, il l’aborde avec une délicatesse infinie mais sans éviter les incompréhensions et frustrations de son héroïne tant au sein de la cellule familiale qu’à l’extérieur. La comédienne non-professionnelle qui joue le rôle-titre est remarquable de justesse et d’humanité, elle fait exister son personnage avec la force de toutes les Fatima. Quant à sa fille ainée, elle très finement interprétée par Zita Hanrot, qui a obtenu le César du meilleur espoir et dont le talent devrait inspirer de nombreux cinéastes. Dans l’escalier d’un immeuble, Fatima, une femme avec un foulard sur la tête attend pour visiter un appartement, avec l’aînée de ses filles qui a 18 ans et deux de ses copines. En arrivant, la propriétaire invente un prétexte pour ne pas le faire visiter probablement à cause du foulard et du fait qu’elles sont d’origine maghrébine. Dans un bus, une adolescente de 15 ans, la fille cadette de Fatima au tempérament rebelle se fait draguer par deux jeunes garçons. Le soir on retrouve cette femme, qui élève seule ses deux filles et enchaîne les heures de ménage, au cours du dîner où la cadette laisse éclater sa révolte. Sans misérabilisme ni angélisme, ce film est un sublime hommage à toutes ces femmes qui se sacrifient pour le bien de leurs enfants, et dont Fatima est le très émouvant portrait.

 

                                                                                                                      

Fatima – Un film de Philippe Faucon avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, … - Pyramide vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Saisissante chronique indienne du XXIe siècle

Publié le par Michel Monsay

Saisissante chronique indienne du XXIe siècle

Ce superbe premier film est l’œuvre d’une jeune réalisatrice sino-américaine, qui a quitté son Pékin natal à 14 ans et vit depuis plusieurs années aux Etats-Unis après avoir beaucoup voyagé. En découvrant la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, Chloé Zhao a été fasciné à  la fois par l’aspect immuable de cet endroit aux paysages désertiques, mais surtout par les Indiens attachés à cette terre où leurs ancêtres se sont fait massacrer, et qui aujourd’hui leur offre une vie sans espoir. Beaucoup de suicides, d’alcoolisme, de diabète, de chômage, une espérance de vie de 45 ans, une jeunesse très tôt livrée à elle-même, et pourtant très peu de ces Sioux Lakotas quittent la réserve. La jeune cinéaste a passé beaucoup de temps avec eux durant quatre années pour gagner leur confiance et capter en profondeur la réalité de leur vie. Son film, très beau visuellement, n’est jamais larmoyant malgré un contexte difficile qu’elle souligne par petites touches, mais plutôt chaleureux et par moments d’une grande douceur par le biais de sa caméra qui suit au plus près les deux jeunes protagonistes. Les acteurs, quasiment tous des non-professionnels amérindiens, se servent de la fiction pour laisser transparaître leur vérité, notamment les deux principaux, dans un bouleversant mélange de candeur, fragilité et désarroi. Le film s’ouvre sur un jeune homme de 17 ans qui finit de dresser un cheval, tout en respectant sa liberté et son côté sauvage pour ne pas briser son esprit, comme il nous l’explique en voix off. Puis après avoir partagé quelques moments complices avec sa sœur de 13 ans, il va livrer de l’alcool clandestin et prohibé à des habitants de la réserve pour le compte du trafiquant local. Avec l’argent gagné, il espère partir un jour à Los Angeles avec sa copine. Cette chronique très touchante, qui met en exergue la justesse et la sensibilité d’une jeune cinéaste à suivre, porte un regard douloureux et mélancolique à la fois sur la perte de l’innocence et de certaines illusions qui accompagne le passage de l’adolescence à l’âge adulte, mais surtout un inoubliable témoignage sur une communauté indienne qui se cherche toujours un avenir digne de ce nom, sept générations après le massacre de Wounded Knee.

 

                                                                                                                      

Les chansons que mes frères m’ont apprises – Un film de Chloé Zhao avec John Reddy, Jashaun St. John, …- Diaphana vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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Plein les yeux sans négliger la qualité

Publié le par Michel Monsay

Plein les yeux sans négliger la qualité

Cela fait 20 ans que l’excellente série télé a été transposée au cinéma pour la première fois. Ce cinquième volet est incontestablement le plus fidèle à la série tout en usant des technologies les plus modernes, en filmant des cascades ahurissantes, le tout dans une mise en scène élégante et délestée des artifices récurrents aux films d’action. Le réalisateur également brillant scénariste, notamment de Usual suspects pour lequel il a obtenu un Oscar, signe le script de ce volet à l’inverse des quatre autres cinéastes qui l’ont précédé. Le résultat est remarquable d’efficacité, d’ambition artistique, d’humour, à tel point que le sixième volet sera de nouveau écrit et dirigé par Christopher McQuarrie. De même l’actrice Rebecca Ferguson, troublante et impressionnante en alter ego de Tom Cruise, sera elle aussi de l’aventure. On a beau dire tout ce que l’on veut sur Tom Cruise, il n’en est pas moins impeccable dans ce rôle, d’autant qu’il exécute lui-même les cascades, et les autres comédiens participent pleinement au plaisir intense que le film nous procure. Les personnages semblent plus vulnérables, moins lisses, certains faisant preuve d’une certaine ambigüité, et le réalisateur joue habilement avec les faux-semblants et s’inscrit à plusieurs reprise sous l’influence d’Hitchcock. L’action démarre en Biélorussie où l’équipe de Mission impossible, chacun à son poste, tente d’empêcher des terroristes de décoller à bord d’un Airbus transportant un armement au gaz capable d’anéantir une capitale. Cette séquence d’ouverture à la fois drôle et stressante, comportant une cascade ébouriffante, donne le ton à cette mission, qui s’avère au fil des rebondissements bien plus complexe qu’à l’accoutumée, d’autant que la CIA veut dissoudre l’agence Mission impossible qu’elle juge incontrôlable. Cette superproduction américaine prouve s’il en était besoin qu’en choisissant des ingrédients de qualité, Hollywood est toujours capable de nous enchanter.

 

Mission impossible – Rogue nation – Un film de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner, … - Paramount – 1 DVD : 17,99 €.

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Charmante comédie douce-amère

Publié le par Michel Monsay

Charmante comédie douce-amère

Dramaturge américain de 76 ans, auteur de 70 pièces de théâtre, Israël Horovitz a eu besoin de nouveauté dans sa vie et s’est lancé le défi de réaliser un film. Pour cela il a adapté une de ses pièces, en parvenant à créer une vraie œuvre de cinéma sans que l’on ait l’impression de théâtre filmé. Ce passage derrière une caméra est aussi pour lui l’occasion de filmer Paris, qu’il aime tant, avec le charme suranné mais délicieux de la vieille ville et ses rues pavées, ses bords de Seine, ses hôtels particuliers, et avec en fond sonore une musique aux accents nostalgiques. Sous ses aspects de comédie légère, le film change progressivement de registre au fur et à mesure que les trois personnages principaux se dévoilent en laissant entrevoir des secrets douloureux. Pour les interpréter, le réalisateur s’est entouré de comédiens chevronnés aussi à l’aise dans les deux registres, qui apportent brillamment au film autant leur fantaisie que leur sensibilité. Un new-yorkais de 57 ans, qui vient de perdre son père, débarque à Paris pour prendre possession de son héritage, un superbe appartement dans un hôtel particulier du Marais avec un jardin tout aussi magnifique. La vieille dame d’origine anglaise de 92 ans qui y habite lui apprend qu’il s’agit d’un viager. Confrontation de deux cultures, secrets de famille, blessures enfantines, temps qui passe, ce film, tantôt avec humour tantôt avec férocité, réussit le difficile pari d’être en équilibre entre rire et émotion par la finesse d’écriture du dramaturge, l’élégance de la réalisation et la remarquable inspiration des interprètes.

 

                                                                                                                     

My old lady – Un film de Israël Horovitz avec Kevin Kline, Maggie Smith, Kristin Scott Thomas, … - Koba films – 1 DVD : 17,99 €.

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Pour en finir avec ce patriarcat et ce conservatisme abjects

Publié le par Michel Monsay

Pour en finir avec ce patriarcat et ce conservatisme abjects

Ce film restera comme l’une des plus belles surprises de l’année tant par son sujet, que par la manière de le traiter, la réalisation faite de sensualité et de fougue, et les jeunes comédiennes émouvantes de fraîcheur et de sincérité. Pour son premier long-métrage, la réalisatrice franco-turque de 37 ans nous emmène dans un village reculé et très conservateur de son pays d’origine, où les femmes sont encore totalement soumises à la toute-puissance masculine. Au-delà du pamphlet jamais caricatural contre le sort réservé aux femmes, dans ce village turc comme dans de nombreuses régions du monde, ce film d’une grande finesse, qui ne manque pas d’humour ni de souffle, laisse entrevoir des raisons d’espérer même si le constat présent est parfois dramatique. La cinéaste filme au plus près ses cinq héroïnes, sa caméra mettant en exergue leur beauté, leur espièglerie, leur détresse, mais aussi l’incroyable détermination de la cadette. C’est la fin de l’année scolaire dans une petite ville de Turquie, une jeune fille de 12 ans semble très attristée par le départ pour Istanbul d’une professeure. Elle rejoint ses quatre sœurs ainées qui décident de ne pas prendre le car et de rentrer à pied. En passant par la plage elles s’adonnent à des jeux puérils en toute innocence avec des garçons de l’école. Arrivées chez elles, leur grand-mère qui élève seule les cinq orphelines est déjà au courant par le biais d’une voisine de ce comportement immoral pour les mœurs locales. La joie de vivre des jeunes filles va vite être refroidie par la réaction de la grand-mère, mais surtout par la reprise en main répressive de leur oncle, qui reproche à sa mère d’avoir été trop laxiste avec elles. Cet admirable premier film provoque de nombreuses émotions qui nous font passer par tous les états, et voit la naissance d’une cinéaste possédant déjà un sacré talent et l’insoumission d’un mustang.

                                                                                                                      

Mustang – Un film de Deniz Gamze Ergüven avec Günes Nezihe Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, … - Ad Vitam – 1 DVD : 19,99 €.

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La bataille de la montagne du tigre

Publié le par Michel Monsay

La bataille de la montagne du tigre

Plein les yeux

 

Figure majeure du cinéma d’action hongkongais des années 80 et 90, Tsui Hark a réussi le difficile pari de garder sa liberté de création tout en s’associant depuis 5 ans avec une grosse société de production chinoise. Une sorte de renaissance pour ce surdoué, qui à 64 ans, avec des moyens dignes d’un blockbuster hollywoodien, signe une œuvre qui mêle classicisme et modernité avec maestria. En adaptant un roman et un opéra révolutionnaire chinois inspirés de faits historiques survenus en 1946, dans le Nord-est de la Chine en pleine guerre civile après la capitulation du Japon, le cinéaste délaisse un temps les films de kung-fu et de combats aériens au sabre pour un somptueux film d’aventures guerrières. Hommage aux 7 samouraïs de Kurosawa mais aussi aux films hollywoodiens de la grande époque, cette fresque spectaculaire admirablement filmée regorge d’inventivité dans sa mise en scène. Si le film met en avant des héros ordinaires et véhicule des bons sentiments, le talent, l’humour et la démesure de Tsui Hark nous emportent vers des horizons inexplorés en la matière. Avant de décoller pour Pékin, un jeune chinois fête son retour au pays avec ses amis dans un appartement cossu de Chinatown à New-York. Au milieu du karaoké, un de ses camarades glisse un bout de film sur un opéra de Pékin qui semble rappeler des souvenirs au jeune homme. Dans le taxi qui l’amène à l’aéroport, il visionne sur sa tablette cet opéra intitulé La mort du tigre, et par la magie du cinéma nous voilà transposés au cœur d’une forêt enneigée du Nord-est de la Chine en 1946, où une escouade d’une trentaine de soldats vient tenter de s’opposer aux bandits qui mettent la région à feu et à sang. Ce film aux décors et lumières magnifiques nous entraîne au plus près de ce combat des bons contre des méchants haut en couleurs, dans un spectacle total et virtuose dont on ne perd pas une miette.

 

                                                                                                                     

La bataille de la montagne du tigre – Un film de Tsui Hark avec Zhang Hanyu, Lin Gengxin, Tony Leung Ka Fei, … - Metropolitan – 1 DVD : 14,99 €.

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Avant qu’il ne soit trop tard

Publié le par Michel Monsay

Avant qu’il ne soit trop tard

Le Festival de Cannes 2015 restera un souvenir exceptionnel pour Emmanuelle Bercot, actrice et réalisatrice de 47 ans, avec son superbe film « La tête haute » en ouverture du festival en lieu et place des grosses productions habituelles, et un prix d’interprétation pour son rôle dans le film de Maïwenn. Nous avions déjà été séduits par « Backstage » en 2005, puis il y a deux ans par « Elle s’en va » où Catherine Deneuve montrait encore une nouvelle facette de son talent, mais la cinéaste nous impressionne cette fois-ci avec un film percutant et émouvant, qui nous prend aux tripes dès les premières images. La grande Catherine est de nouveau au générique où elle campe magistralement une juge pour enfants. Les autres interprètes ne sont pas en reste, notamment un jeune inconnu qui tient le rôle principal en jouant à la perfection une rage profonde souvent incontrôlable ancrée en lui, mêlée à un besoin d’amour viscéral qu’il ne peut laisser paraître. Dans la veine d’un cinéma social qui nous offre quelquefois des œuvres majeures reflétant au plus près une réalité contemporaine, Emmanuelle Bercot filme sans concession mais avec sensibilité une adolescence marginale, délinquante, au banc de la société, tout en rendant hommage aux éducateurs et magistrats qui font tout leur possible pour sauver ces jeunes avant qu’il ne soit trop tard. Le film démarre dans le bureau d’un juge pour enfants à Dunkerque, où une jeune mère avec ses deux fils est convoquée pour son ainé de 6 ans qui ne va plus à l’école. La femme excédée claque la porte et abandonne son fils après l’avoir traité de moins que rien et de boulet. Le petit, qui a suivi toute la scène avec un regard bouleversant, va être placé en centre d’accueil. Dix ans plus tard, même lieu même personnages, l’adolescent de 16 ans  vole des voitures et roule à tombeau ouvert dans son quartier avec sa mère et son petit frère qui exultent à l’arrière. Outre ses qualités artistiques, ce film donne à voir sous un angle différent loin des clichés et des stigmatisations habituels, ces gamins qui grandissent dans un contexte familial déplorable ou inexistant pour se transformer en boule de nerfs et de haine. Edifiant.

                                                                                                                   

La tête haute – Un film d’Emmanuelle Bercot avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoit Magimel, Sara Forestier, …

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Bel hommage à des hommes épris de justice

Publié le par Michel Monsay

Bel hommage à des hommes épris de justice

Voilà un film ambitieux dans son sujet, mettant en lumière une période méconnue de l’Allemagne post-nazie, que le réalisateur italo-allemand, dont c’est le premier long-métrage, traite comme un thriller tout en étant au plus près de la réalité des faits. Il s’inspire pour cela de la longue enquête à la fin des années 1950 du procureur général de Francfort, Fritz Bauer, et de ses acolytes, sur les crimes nazis, particulièrement ceux perpétrés à Auschwitz. Son film passionnant et par moment très émouvant questionne la responsabilité individuelle, tant celle des soldats nazis d’appliquer la solution finale que celle de ses procureurs courageux qui ont brisé la loi du silence imposée à cette époque. Le comportement du peuple allemand pour ne rien savoir, beaucoup ne connaissaient même pas Auschwitz, et du gouvernement d’Adenauer pour oublier, sont pour le moins sidérants. Il est difficile de ne pas être écœuré en pensant à tous ces nazis qui ont réussi à échapper à la justice et ont coulé des jours paisibles après avoir ordonné ou exécuté les pires atrocités que l’Humanité ait connues. Dans la construction de son film, dans la mise en scène sobre mais efficace, le réalisateur apporte habilement une touche de fiction, et ses comédiens sont tous d’une grande justesse. En 1958 à Francfort, un homme reconnait dans la rue un de ses tortionnaires à Auschwitz devenu professeur de collège. Au parquet du tribunal, un jeune procureur fait ses premières armes sur des infractions routières jusqu’à ce qu’un journaliste, ami du rescapé, vienne proposer à l’ensemble des procureurs de s’occuper de cet assassin en liberté, vu que la police n’en a rien à faire. Ils refusent tous sous prétexte de ne pas vouloir remuer le passé, mais le plus jeune d’entre eux est intrigué par cette affaire et les déclarations virulentes du journaliste. Il faut absolument voir ce très beau film à la fois touchant et révoltant, non seulement pour ce que l’on y apprend mais aussi pour les réflexions qu’il induit, sans oublier une narration intelligente qui nous tient en haleine.

 

                                                                                                                  

Le labyrinthe du silence – Un film de Giulio Ricciarelli avec Alexander Fehling, André Szymanski, Bert Voss, Friederike Becht, … - Blaq Out – 1 DVD : 19,99 €.

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