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Retour gagnant d’un poète rock essentiel

Publié le par Michel Monsay

Retour gagnant d’un poète rock essentiel

Même si Charlélie Couture n’a quasiment pas arrêté d’enregistrer régulièrement des albums depuis plus d’une trentaine d’années, nous sommes restés bloqués à la perfection de « Poèmes rocks » sorti en 1981, qu’il n’avait plus retrouvée depuis. Artiste pluridisciplinaire diplômé de l’école nationale supérieure des Beaux-arts, il vit depuis dix ans à New-York où il a ouvert un atelier galerie, et une rétrospective de ses peintures dessins, photos et autres œuvres se tient à Nancy, sa ville natale, jusqu’au mois de mars. Ce retour musical au premier plan est en partie dû à l’incontournable Benjamin Biolay, dont le talent de réalisateur et arrangeur d’album se confirme une fois de plus quel que soit l’univers auquel il se frotte. A 58 ans, Charlélie Couture avec sa voix nasale si reconnaissable a écrit et composé 12 chansons qui pourraient être une suite de son disque référence. On y retrouve la même qualité d’écriture autant dans les textes que dans les mélodies, avec une teinte plutôt sombre d’où ressortent la question du temps qui passe et celle d’exister. Musicalement, l’album oscille d’une part entre un blues et un rock enthousiasmants, notamment sur les deux morceaux chantés en anglais où l’on pense fortement à Lou Reed. D’autre part, de touchantes ballades accompagnées de cordes ou dans une ambiance jazzy apportent un joli pendant aux compositions plus percutantes. Dans ce superbe album de chanson française agrémenté d’ambiances newyorkaises, Charlélie Couture, même s’il nous raconte toujours le monde qui l’entoure à travers des petites histoires dont il a le secret, livre davantage ses propres angoisses. D’où le jeu de mots du titre de l’album de cet artiste désormais franco-américain depuis 2011, à la fois Immortel et I’m mortel. Au final, ce disque est vraiment mortel !

 

                                                                                                                

Charlélie Couture – ImMortel – Mercury – 1 CD : 15,99 €.

Publié dans Disques

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L’art de se réinventer

Publié le par Michel Monsay

L’art de se réinventer

Chanteur et leader d’un des plus grands groupes de l’Histoire du rock, Led Zeppelin, Robert Plant, à l’inverse de ses collègues encore en activité, a su totalement se réinventer depuis la séparation du groupe en 1980 suite à la mort du batteur. A 66 ans, il sort un dixième album solo qui est certainement le plus beau, où se mêlent avec une grâce infinie toutes les musiques que l’artiste a explorées au fil des années. Rock psychédélique, rythmes et sonorités d’Afrique du Nord et de l’Ouest, blues, folk celtique, country américaine avec une ambiance électronique qui par moments enveloppe sublimement le tout. Pour bâtir cette merveille de métissage, il s’est entouré de six excellents musiciens, dont un gambien, qui s’évertuent à donner le meilleur de leurs instruments qu’ils soient électriques ou traditionnels. Considéré à juste titre comme l’une des plus belles voix de la musique moderne, Robert Plant ne monte plus dans les aigus comme avant mais sa voix est peut-être plus belle encore. Elle n’a rien perdu de sa sensualité, de son animalité, elle a gagné en douceur, en subtiles nuances et nous procure toujours autant de frissons. A travers 11 morceaux où il n’y a pas une miette à jeter, cet artiste exemplaire, que sa curiosité et son exigence ont détourné d’une nostalgie qui aurait pu être légitime, nous convie à un voyage qui nous faire perdre le Nord. Rien ici n’est prévisible, nous passons d’une émotion à l’autre avec la même gourmandise de découvrir comment cet alchimiste a réussi à gommer les frontières, pour que toutes ces musiques s’harmonisent à la perfection. Cet anglais voyageur n’a décidément pas fini de nous surprendre et de nous passionner. Assurément l’un des tous meilleurs albums de l’année.

 

Robert Plant – Lullaby and …The ceaseless roar – Warner Music – 1 CD : 15,99 €.

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L’album majuscule que l’on attendait de ce sorcier musical

Publié le par Michel Monsay

L’album majuscule que l’on attendait de ce sorcier musical

Cela fait déjà 24 ans que le fils de Jacques Higelin a sorti son premier disque et s’est évertué depuis à essayer différents styles, avec de temps à autre une chanson qui nous interpelait, comme « Cheval de feu », mais sans que l’on soit emballé par un album entier. C’est chose faite aujourd’hui, l’auteur compositeur interprète est arrivé à maturité, en concoctant un univers musical qui mêle judicieusement toutes les influences de l’artiste, et où il libère sa voix grave en la laissant s’aventurer avec réussite vers des terrains inconnus. Parti enregistrer à Montréal, une ville chère à son cœur, les 12 chansons composées dans le golfe du St-Laurent et dans une petite bicoque de la côte californienne respirent les grands espaces, et semblent avoir permis à son auteur d’exploiter totalement le potentiel qui sommeillait en lui. D’un remarquable éclectisme, les compositions sont tout à la fois entrainantes, intimistes, planantes, alliant naturellement pop, funk, musique électronique, bruitages et ballades mélancoliques. On pensait que la voix d’Arthur H était limitée, même si elle avait un charme profond avec une tessiture grave, un côté éraillé, caverneux assez unique, mais dans cet album elle y montre une palette bien plus large n’hésitant pas à monter dans les aigus. Les très beaux textes poétiques, empreints de rêveries laissent entrevoir par moments une teinte plus sociale toujours amenée avec finesse. Entre le père, la fille et le fils Higelin, on trouve la même recherche de liberté dans la conception du métier, mais aussi dans leurs créations délestées de tout carcan ou formatage. Avec un son qui évoque un peu les années 1970, ce très bel album illumine la rentrée en nous offrant un soleil revigorant, et nous permet de redécouvrir un artiste de 48 ans très prometteur.

                                                                                                                     

Arthur H – Soleil dedans – Polydor – 1 CD : 15,99 €.

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Reggae africain de toute beauté

Publié le par Michel Monsay

Reggae africain de toute beauté

Dès les premières notes de ce superbe album, on se laisse convaincre par Tiken Jah Fakoly pour embarquer à bord de ce vol Africa, tant les mélodies, les rythmes et l’ambiance générale sont une totale réussite. Son huitième et sans doute meilleur album studio confirme bien qu’il est aujourd’hui l’un des plus grands artistes africains. A 46 ans, l’ivoirien exilé au Mali suite à des menaces de mort en 2002, reste un combattant infatigable contre les régimes corrompus et exhorte les pays africains à s’unir pour se faire entendre et réussir leur développement économique. Chanté en français, anglais et malinké, la langue maternelle de Tiken Jah Fakoly, de sa voix si reconnaissable, tantôt très émouvante, tantôt d’une chaleur dynamisante, cet album à l’équilibre parfait a le pouvoir de tous nous toucher, que nous soyons occidentaux ou africains. A la fois par la portée de son message mais aussi par la richesse musicale de ses dix morceaux. Le reggae que nous offre l’artiste ivoirien est proprement irrésistible, et certainement le plus attirant qu’il nous soit donné d’écouter aujourd’hui. Tiken Jah Fakoly marie admirablement les beats jamaïcains aux sonorités africaines avec une dizaine d’instruments traditionnels, dont la sublime kora, pour réinventer une musique dont on pensait avoir fait le tour. Même des cuivres et des cordes viennent s’ajouter à l’enchantement que procure ce mélange, qui dégage une cohérence et une évidence stupéfiantes. Au milieu de ces tempos enthousiasmants de reggae, deux ballades purement africaines nous donnent le frisson. Espérons que le porte-voix tenu par le chanteur sur la pochette de cet album indispensable, aura l’effet escompté et que le plus grand nombre découvrira l’appel de cet artiste précieux et sa musique si enthousiasmante.

                                                                                                                      

Tiken Jah Fakoly – Dernier appel – Barclay – 1 CD : 15,99 €.

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Une symphonie de mots et de notes d’une beauté sans fard

Publié le par Michel Monsay

Une symphonie de mots et de notes d’une beauté sans fard

Depuis près de 20 ans de carrière, Miossec nous a déjà offert plusieurs beaux albums où il chantait avec une remarquable justesse les tourments de l’âme, mais à l’écoute de son neuvième nous tenons sans doute le tout meilleur. A 49 ans, le brestois écorché et rageur, qui a abandonné l’alcool avant qu’il ne soit trop tard pour sa santé il y a 4 ans, a écrit des chansons plus sereines, empreintes d’une urgence vitale très touchante. Ce grand timide a conçu et enregistré ce nouvel album dans sa maison face à la mer d’Iroise, épaulé notamment par le subtil Albin de la Simone, et se livre avec un talent d’écriture qui laisse sans voix et une qualité musicale qui semble elle aussi toucher une forme d’épanouissement. Sur les 11 chansons où pas un mot ni une note ne sont à jeter, la voix de Miossec n’a jamais été aussi présente, agréable à écouter, poignante et légère à la fois. Les ambiances musicales d’un éclectisme inhabituel sont plus veloutées, moins rock que précédemment et davantage dans la nuance, où guitares, bandonéon, contrebasse, cordes, piano, chœurs et percussions rivalisent de charme et d’inspiration. D’une pop envoûtante à des incursions vers le jazz, le tango ou des rythmes cubains, les compositions, qui assument désormais l’étiquette de chanson française, sont d’une très belle qualité harmonique et ne sont plus un faire-valoir aux superbes paroles de l’auteur, mais affirment magistralement leur propre existence. Même si ce magnifique album parle de la vie et des erreurs commises, comme l’artiste l’avait déjà fait auparavant, on aura compris qu’il l’aborde différemment, mais évoque aussi l’avenir avec gourmandise, le temps qui passe et la mort sans faux-semblants. Quand cette formidable acuité à trouver les mots les mieux sentis pour décrire nos vies rencontre une partition aussi enthousiasmante, on peut parler de chef-d’œuvre sans risque de se tromper.

                                                                                                                  

Miossec – Ici-bas, ici même – PIAS – 1 CD : 15,99 €.

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Une artiste épanouie que l’on écoute avec un bonheur infini

Publié le par Michel Monsay

Une artiste épanouie que l’on écoute avec un bonheur infini

 

Avec ce cinquième album studio, Jeanne Cherhal confirme à 36 ans qu’elle est l’une des toutes meilleures chanteuses françaises. Après s’être imprégnée de l’univers de Véronique Sanson il y a deux ans, dont elle avait interprété intégralement sur scène l’album « Amoureuse », on se rend compte à l’écoute de ses nouvelles chansons que cette expérience l’a profondément marquée. Le piano qui a souvent été central dans l’œuvre de Jeanne Cherhal l’est encore plus aujourd’hui, et elle en joue avec une agilité accrue. Même si l’on reconnait l’univers attachant de l’artiste, fait d’une tendre ironie, de textes soignés, pudiques qui savent parfois êtres directs en maniant merveilleusement la métaphore, il est évident que l’influence de Véronique Sanson est bien présente. De manière plus générale le son chaud des années 1970 aussi, qu’a voulu retrouver Jeanne Cherhal en enregistrant l’album sur des bandes analogiques et non pas numériques, avec ses musiciens tous ensemble comme s’ils étaient sur scène. De très belles mélodies et une palette musicale riche et émouvante structurent les 11 morceaux, sur lesquels la chanteuse pose sa jolie voie sensuelle, mutine, délicate. Auteure très inspirée, Jeanne Cherhal signe son album le plus intime, le plus réussi à tous points de vue, elle y touche la quintessence de son art. Les paroles toujours bien choisies sont celles d’une amoureuse, tantôt audacieuses, charnelles, exaltées, elles sont aussi empreintes d’une conscience féministe très fine et juste, en évoquant notamment cette femme sud-africaine battue à mort à cause de son homosexualité. Difficile de résister à la grâce de ce superbe album que l’on écoute autant pour ses textes que pour sa musique, tous deux reflets d’une artiste exigeante, culottée, sensible, qui contribue pleinement à la beauté de la chanson française.

 

Jeanne Cherhal – Histoire de J. – Barclay – 1 CD : 15,99 €.

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Difficile de résister à cette merveille de pop psychédélique

Publié le par michelmonsay

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Originaires du fin fond de l’Angleterre où ils n’avaient rien d’autre à faire que de se concentrer sur leur musique de manière obsessionnelle, comme ils le disent, ces quatre jeunes garçons d’une vingtaine d’années sortent un premier album étonnant de maîtrise. Ils reprennent le flambeau de la période psychédélique de leurs illustres prédécesseurs les Beatles ou les Byrds, en y intégrant d’autres influences des années 1960-70, tout en donnant à l’ensemble un son très moderne. Ce ne sont pas les premiers à s’inspirer de manière aussi flagrante de cette période d’exploration musicale d’une grande richesse, mais ils le font avec un talent mélodique et rythmique qui pourrait laisser croire qu’ils en ont eux-mêmes inventé le courant. Tout au long des 12 morceaux ensorcelants de l’album, on guette une éventuelle lassitude mais on l’attendra en vain. Ces quatre lascars ont composé 12 petites merveilles d’une efficacité qui nous fait chavirer un peu plus à chaque écoute. La très belle voix du chanteur, les guitares affutées ou harmonieuses avec la fameuse 12 cordes au son carillonnant qui avait marqué la musique de cette époque, les enivrantes cascades de synthés, l’entêtante rythmique basse batterie, tout y est pour un magnifique voyage intersidéral. D’autant que la structure des morceaux est un modèle du genre, avec des refrains à l’incroyable précision et sens de la mélodie, des ruptures de rythmes ou des envolées au lyrisme ébouriffant. Il est bien connu qu’en musique, quelle que soit le genre, on n’invente jamais rien, même les plus grands ont toujours puisé leur inspiration chez des plus anciens. Nos quatre jeunes anglais l’ont bien compris et se sont servis d’un mix d’influences psychédéliques, pour nous offrir l’un des plus beaux albums de ces derniers mois.  

 

Temples – Sun structures – Pias Cooperative – 1 CD : 14,99 €.

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Magnifique voyage de Rio à Bamako via Paris

Publié le par michelmonsay

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Ce premier album est une sorte de petit miracle qui est né de la rencontre de trois artistes confirmés ayant déjà bourlingué chacun de leur côté, et qui ont manifesté simultanément un désir d’Afrique. D’abord un chanteur brésilien réputé, puis un guitariste français d’origine guadeloupéenne ayant joué avec des pointures internationales, et un bassiste programmateur français magicien du son ayant travaillé avec Bashung, Noir Désir, Salif Keita et bien d’autres. Dès leur première rencontre à Paris, les trois compères trouvent instantanément l’inspiration, chacun amenant son univers tout en créant une harmonie musicale et une superbe cohérence. Pour que l’alchimie soit parfaite, ils partent à Bamako enrichir leurs créations avec de grands chanteurs et musiciens maliens qui viennent poser leur voix et instruments si émouvants sur les compositions du trio. Ce croisement de cultures et musiques qui se complètent et s’enchevêtrent à merveille donnent des compositions lumineuses allant d’une douceur exquise à des rythmes plus ou moins enlevés et souvent hypnotiques. A la suavité du chant brésilien répond l’intensité de celui de griots maliens sur une musique qui oscille entre folk, blues, sonorités africaines avec une pincée de rock ou d’électronique par moments. Cet album enchante par sa fraîcheur, sa spontanéité mais aussi l’émotion et la sérénité qui s’en dégagent sur les 14 morceaux, où guitare électrique et acoustique, basse, claviers, batterie convoquent une kora ou une calebasse dans un délicieux métissage. Au-delà de cette brillante idée de confronter des univers différents réunis autour d’un même amour pur de la musique, il y a surtout un somptueux résultat qui apparemment devrait avoir une suite sur d’autres lointains rivages.                                                                                                                                                              

 Rivière Noire – Atmosphériques – 1 CD : 15,99 €.

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Le sommet d’une carrière

Publié le par michelmonsay

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Déjà, lors du précédent album « L’invitation », il y a 6 ans, Etienne Daho nous avait enthousiasmés par la qualité de ses musiques et paroles, nettement supérieures à ce qu’il faisait jusqu’alors. Avec ce treizième enregistrement studio, qui a failli être posthume comme ironise le chanteur de près de 58 ans, victime récemment d’un grave pépin de santé dont il est aujourd’hui remis, il confirme la nouvelle dimension qu’a pris cet auteur compositeur interprète discret mais influent. Dès les premières notes de l’album, on est subjugué par la richesse musicale des 11 morceaux, où de superbes violons très présents dans des compositions assez cinématographiques, ainsi qu’un orchestre au grand complet, se mêlent à des instruments plus électriques avec une imparable évidence. Dans ce mélange savoureux, Etienne Daho passe allègrement de rythmes dansants à des envolées de cordes au lyrisme ébouriffant, teinté de parfums orientaux dans le sublime titre d’ouverture. Sa musique, qui rappelle par moment Serge Gainsbourg, est une merveille de pop symphonique qui régulièrement va s’encanailler vers le groove. Sur cette partition de haut vol, les très beaux textes sont aussi bien plus conséquents qu’avant, plus profonds, plus durs, plus directs, plus littéraires. Même sa voix nous touche davantage, à la fois frémissante et sensuelle. Entre gravité, légèreté et mélancolie, cette magnifique collection de chansons est incontestablement l’événement musical de ces derniers mois en France. Etienne Daho a réussi à trouver le parfait équilibre entre des mots justes, des mélodies tantôt bouleversantes tantôt aguicheuses, un son parfait, pour nous offrir un album dont on parlera encore longtemps et qui est indispensable pour commencer l’année dans la qualité.

 

 Etienne Daho – Les chansons de l’innocence retrouvée – Polydor – 1 CD : 15,99 €. 

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Pop-rock dansante très inventive

Publié le par michelmonsay

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Ils sont l’un des plus grands groupes de musique pop au monde et pourtant ils ne sont ni anglais ni américains mais canadiens. Avec leur 4ème album, Arcade Fire confirme l’attente suscitée par la qualité des précédents, en renouvelant complètement leur musique pour ne pas s’endormir sur leurs lauriers. Ce double album exigeant nécessite plusieurs écoutes pour bien en saisir toutes les qualités. Dans le premier disque, un groove et un rythme inhabituel pour le groupe dominent un son énorme, euphorisant qui explore les limites d’une pop-rock électronique très dansante. Le second, plus lent, apaisé, hypnotique même si l’on retrouve par moments les tempos enivrants du premier, est le complément idéal qui s’inscrit davantage dans la veine de ce que nous avait proposé les canadiens. La voix du chanteur leader est très reconnaissable et rappelle sur certains morceaux celle de David Bowie, elle est tout à la fois fragile, poignante, tendue, énergique, exaltée. Les six membres de ce sextet de Montréal élaborent une musique puissante qui mêle les genres, les influences, et chaque nouvelle écoute nous fait découvrir une trouvaille instrumentale, une nuance inattendue. Avec 13 morceaux souvent d’une longueur qui n’obéit pas aux formatages radio, Arcade Fire prend le temps d’approfondir dans chacun d’entre eux une exigence créative et une précision de composition rares. Si la noirceur et le lyrisme du groupe sont toujours heureusement bien présents, les nouvelles couleurs rythmiques et musicales qui viennent enrichir leurs mélodies déjà si séduisantes, font de ce double album un feu d’artifice qui emporte tout sur son passage et nous laisse admiratifs.

 

 Arcade Fire – Reflektor – Barclay – 2 CD : 16,99 €.

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