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chroniques

Une voix et des chansons inoubliables

Publié le par Michel Monsay

Une voix et des chansons inoubliables

Anthologie, album-hommage, livre-portrait, documentaire… Six ans après sa mort, de nombreuses parutions célèbrent la mémoire du génial poète et chanteur canadien. Avec cette voix unique, traînante et grave, Leonard Cohen est apparu la trentaine passée en 1967, année hippie, comme un cheveu sur la soupe pop, après avoir été poète et romancier. Pour le plaisir, voici deux de ses plus belles chansons, et il y en a énormément. La première est une chanson de rupture qui donne des frissons, il la chante dans un très beau duo avec Julie Felix. La seconde est inspirée à l’origine par le souvenir photographique des musiciens juifs que les nazis forçaient à jouer du violon près des fours crématoires dans les camps de concentration. La chanson, construite sur un rythme de hasapiko grec, réminiscence de son bonheur avec Marianne Ihlen sur l’île d’Hydra, n’en est que plus romantique. À la mort qui sépare, il oppose l’amour éternel, dans la tendre infinitude d’un long pas de deux, le corps-à-corps comme ultime parade à la folie des hommes.

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La nouvelle pépite du judo français

Publié le par Michel Monsay

La nouvelle pépite du judo français

Romane Dicko s'est imposée avec la manière en finale des Championnats du monde de judo chez les +78kg face à la Brésilienne Beatriz Souza, mercredi à Tachkent (Ouzbékistan). Elle rapporte à la France sa seule médaille d'or de la compétition. Pour ses débuts sur la scène planétaire, la Française, déjà triple championne d'Europe et médaillée de bronze lors des derniers Jeux olympiques à Tokyo en 2021, est allée chercher sa première couronne mondiale à 23 ans. Presque une évidence au vu de son incroyable potentiel, et de son palmarès aussi, pour son jeune âge. Elle n'avait dû qu'aux aléas des blessures de ne pas avoir encore brillé lors des précédents Championnats du monde. Les deux leaders du judo français étant absents, Teddy Riner pour blessure et Clarisse Agbégnénou pour maternité, la jeune parisienne a magnifiquement pris le relais et se positionne comme un grand espoir de titre olympique à Paris 2024.

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Figure majeure du monde des idées, dont il faut absolument s'inspirer

Publié le par Michel Monsay

Figure majeure du monde des idées, dont il faut absolument s'inspirer

Il était considéré comme l’un des plus grands philosophes contemporains. L’anthropologue, Bruno Latour, éminent penseur de notre temps, référence de l’écologie politique, est décédé samedi à l'âge de 75 ans. Tour à tour sociologue, ethnologue, philosophe des sciences, ce génial touche-à-tout, fan de Gaston Lagaffe, laisse derrière lui une œuvre protéiforme, faite de textes denses et profonds, d’essais incisifs, de spectacles et d’expositions. D'abord connu pour ses travaux sur les sciences et les techniques, il a ensuite participé à imposer de nouveaux thèmes : climat, animaux, virus, réseaux numériques, ZAD… dont se sont saisis des militants écologistes. Traduit en trente langues dont le mandarin, il a été classé en 2007 parmi les dix chercheurs les plus cités au monde en sciences humaines. Une telle trajectoire n’avait pourtant rien d’évident il y a un demi-siècle, lorsque l’enfant de la maison Latour, né en 1947 dans cette grande famille bourguignonne de négociants en vins, découvrait l’anthropologie en Côte-d’Ivoire. Depuis ce professeur émérite associé à Sciences Po, célébré dans le monde entier, est devenu une source d'inspiration pour une nouvelle génération d’intellectuels, d’artistes et de militants. Bruno Latour fut le premier à percevoir que l’enjeu de la pensée politique résidait tout entier dans la question écologique. Le philosophe a laissé une extraordinaire boîte à outils, non seulement destinée à nourrir la réflexion, mais également à imaginer de nouveaux modes d’existence et d’action. Une invitation à « devenir terrestre » en faisant preuve d’empathie avec la Terre, disait-il : « Le contraste entre le calme avec lequel nous continuons à vivre tranquillement et ce qui nous arrive est vertigineux ». Bruno Latour était malicieux, rien de pontifiant ou de sévère, chez ce grand intellectuel, mais une constante bienveillance, inspirée par une curiosité souriante et volontiers provocatrice. Une façon d’être qui ne l’a pas empêché de développer une pensée puissante, dont il est urgent de s'inspirer.

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Désespérant, une nouvelle aberration écologique

Publié le par Michel Monsay

Désespérant, une nouvelle aberration écologique

On dirait un canular, mais non, les Jeux asiatiques d’hiver de 2029 se dérouleront bien dans le désert d’Arabie saoudite. Ainsi en a décidé le Conseil olympique d’Asie, à l’unanimité et en pleine polémique sur le Mondial de foot au Qatar. « Les températures descendent en dessous de zéro degré en hiver », justifient mollement les promoteurs du projet Neom, la future mégapole qui accueillera les festivités. Car oui, tout reste à construire, à commencer par la délirante ville de science-fiction avec taxis volants, lune artificielle et buildings démentiels (notamment deux bâtiments de près de 500 mètres de haut et 170 kilomètres de long, prévus pour abriter 1,5 million d’habitants à l’horizon 2030 et 9 millions d’ici 2045) que le prince héritier Mohammed ben Salmane, l’homme qui a fait découper un journaliste en rondelles, rêve de faire émerger des dunes de sable. Notre maison brûle ? Soufflons sur les braises ! À ce niveau de cynisme et de bêtise, on ne sait plus trop quoi dire, les mots et les émotions nous viennent dans le désordre. Neom n’est pas une aberration écologique, c’est une obscénité. Un poison, aussi. Chacun constate à quel point le découragement gagne les esprits. Les élans se brisent face aux montagnes qu’il nous faut collectivement soulever, si l’on veut que cette planète demeure à peu près habitable. Au fond, on ne sait trop ce qui est le pire : l’impudence abyssale de ceux pour qui tout est à vendre, et peu importe les dégâts. Ou la lassitude désespérée qu’elle provoque, cette tentation de déserter le champ de bataille environnemental… Mais non, nous ne baisserons pas les bras.

Désespérant, une nouvelle aberration écologique

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La consécration d'une grande romancière féministe et sociale

Publié le par Michel Monsay

La consécration d'une grande romancière féministe et sociale
La consécration d'une grande romancière féministe et sociale

Le hasard fait bien les choses, hier je disais le plus grand bien de L'événement, le film d'Audrey Diwan adapté du livre d'Annie Ernaux, et ce 6 octobre restera le jour où pour la première fois une française s'est vue décerner le Prix Nobel de littérature. Se raconter, finement, précisément, à la première personne, pour finalement dévoiler des mécanismes collectifs, c’est l’œuvre puissante, féministe et universelle, qu'a bâtit depuis 1974 Annie Ernaux, et qui vient d'être honorée par la plus prestigieuse récompense internationale. Ce Prix vient s’ajouter aux multiples autres venus saluer son œuvre remarquable, inaugurée en 1974 par Les Armoires vides. Ont suivi notamment La Femme gelée (1981), La Place (1983), Une femme (1987), Passion simple (1992), La Honte (1997), L’Événement (2000), L’Occupation (2002), Mémoire de fille (2016)… Jalons d’un chemin d’écriture qui a vu Annie Ernaux s’éloigner rapidement de la fiction au profit du récit personnel, jamais synonyme chez elle de complaisance ou d’épanchements narcissiques. Une trajectoire au cœur de laquelle brille sans doute d’un éclat particulier Les Années (2008), l’éblouissante autobiographie impersonnelle qui a fait définitivement taire les ultimes contempteurs d’une œuvre résolument sans afféteries et, pour cela, longtemps dénigrée avec une rare violence par l’arrière-garde machiste et académique de la critique littéraire, d’une écriture qui toujours s’est efforcée de tout nommer au plus précis, au plus simple, au plus cru, les actes, les corps, les émotions : « Je suis venue au monde pour cela, pour dire ce qui m’est arrivée. C’est difficile, c’est lourd, mais c’est un devoir. Mon devoir. Pour que d’autres puissent s’avouer peut-être : vous me donnez envie de parler de moi. C’est ça, le rôle de l’écriture, quand elle mérite de s’appeler littérature. Un rôle de purification, de catharsis. » Un geste littéraire paradoxalement aussi éloigné de l’autobiographie, telle qu’on l’entend habituellement, que de l’autofiction. « Je n’ai pas le désir de découvrir les zones d’ombre de ma vie », expliquait, dans le livre d’entretiens L’Écriture comme un couteau (2003), l’admiratrice de Proust et de Bourdieu, de Tchekhov et de Beauvoir, qu’est Annie Ernaux. Précisant : « Je me considère très peu comme un être unique, au sens d’absolument singulier, mais comme une som­me d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent), le tout formant, oui, forcément, une sub­jectivité unique. Mais je me sers de ma subjectivité pour retrou­ver, dévoiler des mécanismes ou des phénomènes plus généraux, collectifs. » Annie Ernaux n’a jamais visé l’aveu, cherchant bien plutôt à atteindre ce ­qu’elle appelle « la valeur collective du “je” » : parler de soi pour tendre aux autres un miroir où se reconnaître et composer de livre en livre une autobiographie qui se confonde avec la vie du lecteur. C’est cette universalité, cette ascèse, son courage et son acuité clinique qu’ont décidé de distinguer les jurés du prix Nobel de littérature, intensifiant la lumière jetée sur l’œuvre féministe et universelle, puissante et sans complaisance de l’écrivaine, aujourd’hui âgée de 82 ans. Ses livres constituent à jamais une remarquable radiographie de l'intimité d'une femme qui a évolué au gré des bouleversements de la société française depuis l'après-guerre.

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Femme, vie, liberté

Publié le par Michel Monsay

Femme, vie, liberté

Une image bouleversante. La fille d’une des 83 victimes des protestations en Iran (Minou Majidi) s’est rendue sur la tombe de sa mère, la tête rasée et ses cheveux dans la main. Depuis la mort de Mahsa Amini le 16 septembre, une jeune femme de 22 ans morte pour une mèche qui dépassait de son voile, le soulèvement des femmes mais aussi des hommes partout en Iran ne faiblit pas et il est très difficile de prédire la suite de cette révolte, car la répression continue, le pouvoir ne reculant devant aucun meurtre. Parallèlement, il y a des manifestations prévues ce week-end dans 70 villes à travers le monde pour exhorter les pays occidentaux à sortir de leur mutisme et à refuser de laisser le peuple iranien se faire réduire au silence. L’ampleur des crimes est telle qu’il faut une pression internationale plus forte sur le régime. « La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté. » Elie Wiesel

Très belle Une de Libération de lundi dernier.

Femme, vie, liberté

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L'humour mordant et très bien vu de Chappatte

Publié le par Michel Monsay

L'humour mordant et très bien vu de Chappatte
L'humour mordant et très bien vu de Chappatte

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Écœurant et inadmissible

Publié le par Michel Monsay

Écœurant et inadmissible
Écœurant et inadmissible

On apprend que l'ancien préfet de police, ami de Macron et Darmanin, Didier Lallement, celui de la répression brutale des Gilets Jaunes et du fiasco du Stade de France, est nommé secrétaire général de la Mer ! Une décision qui nous rappelle combien malheureusement au sommet de l’État on considère encore la mer comme une poubelle. Ce que M. Macron pense de la mer ? Rien. Pour lui, c'est juste un "truc" où recaser Didier Lallement dont personne ne veut. Ce mépris pour les enjeux maritimes est une faute politique, cette protection d'un homme aussi brutal est une faute morale ! Très critiqué pendant ses trois ans et demi à la préfecture de police de Paris, le haut fonctionnaire est visé en plus par deux informations judiciaires au sujet du maintien de l’ordre pendant les Gilets jaunes. Rien, absolument rien n'obligeait le gouvernement à cette nomination surprise de l'ex préfet Lallemant, (66 ans !)  au poste de secrétaire général de la Mer. Rien sinon la volonté d'envoyer un message d'impunité et de soutien après tous les fiascos dont il a été responsable, sans parler de l'absence de compétences du personnage sur le sujet. On ose à peine imaginer ce que va faire ce triste sire en matière d'environnement ou sur la question des migrants en Méditerranée ou à Calais. Décidément l'indécence de M. Macron n'a pas de limites, le revers qu'il a essuyé aux Législatives ne l'empêche nullement de continuer à jouer l'empathie ou afficher des sourires par devant, et à faire ce que bon lui semble par derrière.

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Quand la publicité est intelligente

Publié le par Michel Monsay

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Le courage des femmes iraniennes

Publié le par Michel Monsay

Le courage des femmes iraniennes

Tout va si vite qu’il est impossible de savoir où en sera demain le pouvoir en Iran. pour l'instant, les autorités de Téhéran ont coupé l’accès à Instagram et WhatsApp — YouTube, Facebook, Telegram, Twitter, Tiktok sont déjà entravés, voire totalement bloqués. Signe de panique et enjeu de taille : depuis sept jours, les réseaux sociaux sont la caisse de résonance d’une vague de colère qui, loin de s’essouffler, prend de l’ampleur. La fronde a éclaté après la mort d’une inconnue devenue symbole, Mahsa Amini, 22 ans, interpellée par la police des mœurs pour avoir eu l’outrecuidance de laisser dépasser quelques cheveux de son voile islamique… Et voilà que le corps des femmes, une fois de plus au cœur de l’arène politique, objet des diktats liberticides des islamistes iraniens (comme, ailleurs, des talibans afghans), devient une arme de libération aux yeux du monde entier : on ne compte plus les photos et les vidéos d’Iraniennes arrachant leur voile, dansant autour d’un feu de joie avant de le jeter aux flammes, ou se coupant les cheveux… Agissant à visage découvert, applaudies par des hommes qui les soutiennent. Ce n’est certes pas la première fois que des manifestations éclatent en Iran, ni que des Iraniennes défient les barbus sur les réseaux. Mais, de l’avis de nombreux spécialistes, cette révolte-là revêt un enjeu particulier, parce qu’elle traverse les classes sociales, fédère donc hommes et femmes, et n’a pas pour cause, comme ce fut le cas dans le passé, la hausse des prix ou le non-respect de la démocratie… L’imposition du voile va bien au-delà, marqueur politique des mollahs autant qu’outil de contrôle social. Ce à quoi nous assistons dans ces images sur Twitter, ces bouts de tissu qu’on brûle et ces cheveux qu’on coupe, c’est à la mise en cause de tout un régime. Et d’une conception du monde qu’on aimerait ranger une fois pour toutes dans le passé. Cela dit, c'est loin d'être gagné, la répression brutale du régime est sans pitié. Les autorités, outre le blocage d'Internet, sont déjà responsable de la mort de 31 manifestants, sans parler des nombreux blessés, des innombrables arrestations et passages à tabac.

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