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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 17:28

Patrick Chesnais 001    

Un Molière, un César, une brillante carrière tant au théâtre qu’au cinéma, Patrick Chesnais est souvent associé à ce personnage pince sans rire souvent dépassé voire désabusé, qui au final se révèle toujours drôle et attachant. Arrivé à une certaine maturité, il enchaîne films et pièces avec une côte d’amour toujours au beau fixe.

 

Pas de temps mort pour Patrick Chesnais, à peine fini la tournée de la pièce « Toutou » fin janvier, il démarre en province d’abord puis à Paris en septembre, Tartuffe de Molière qu’il va jouer avec Claude Brasseur. Davantage porté vers le théâtre contemporain, même s’il a joué du classique dans la première partie de sa carrière, il préfère les pièces qui parlent des choses d’aujourd’hui, et être plutôt dans la création que reproduire des succès passés, sauf lorsqu’il s’agit de chefs-d’œuvre comme Tartuffe où il y apporte une sensibilité moderne dans le jeu.

Côté tournages, son emploi du temps est aussi bien rempli. Il en a dès à présent deux prévus pour 2012 et il vient de terminer le film de Jean Becker, « Bienvenue chez nous » qui sortira en juin. Il y campe un artiste peintre dépressif qui part de chez lui en voiture, et rencontre une jeune fille asociale de 15 ans. A travers un road-movie, ils vont mutuellement se redonner goût à la vie. Avant cela, il avait tourné un film belge où il jouait un père d’un égoïsme monstrueux qui cache une fragilité. Egalement un polar de Xavier Durringer diffusé le 6 janvier sur France 2, « Hiver rouge », où Patrick Chesnais incarne un commissaire désabusé sur les traces d’un sérial killer, une très belle réussite selon ses dires. Le point commun entre ces trois rôles est une certaine complexité de caractère, à laquelle le comédien apporte quelque chose qui apparemment lui échappe et rend ainsi le personnage attachant.

 

Le plaisir d’être en tournée

Ce planning très serré l’a obligé à réduire la tournée de Toutou à deux mois, mais comme il enchaîne avec Tartuffe en province, il va pouvoir apprécier ces moments privilégiés : « A l’inverse de Paris, on ne joue pas tous les jours et c’est chaque fois dans des endroits différents, il n’y a donc pas de saturation ni de fatigue. On est en forme dans un lieu agréable sans les tracas du quotidien, on laisse le temps filer, on bouquine, on se promène, s’il y a un spa dans l’hôtel, on s’occupe de son corps, puis le soir on est acclamé dans une salle comble en étant mieux payé qu’à Paris, et pour finir il y a toujours un bon restaurant après. Quant au public, le second degré et la finesse passent mieux à Paris, mais les réactions peuvent être beaucoup plus fortes en province. »

Le bonheur avec Patrick Chesnais est qu’il ne manie pas la langue de bois, si répandue de nos jours, et n’hésite pas à dire qu’il regrette d’avoir accepté de jouer Toutou. Mis à part le challenge excitant d’être constamment en scène avec sa femme Josiane Stoléru, il trouve la pièce en elle-même plus limitée que toutes celles jouées jusqu’alors. Pourtant, le public sort ravi et rit de bon cœur à cette histoire de couple qui part en vrille à la suite de la perte de leur chien, mais sur la durée, ce n’est pas le succès que rencontre habituellement Patrick Chesnais. Avec Tartuffe, il est évident qu’il n’aura pas ce regret, et dès les répétitions il sent déjà la force de chaque mot.

 

Les coulisses de l’acteur

Instinctif dans son jeu, il ne croit pas à la technique : « Pour un acteur, la technique c’est vivre, apprendre la vie, respirer la vie et la restituer le mieux possible. Derrière l’acteur, il y a avant tout l’homme qu’il est, ce qui transparaît de lui qu’il le veuille ou non. » Lorsqu’il joue au théâtre à Paris, afin d’éviter l’usure : « Nous devons redécouvrir le texte tous les soirs, pour cela on s’appuie sur le public et selon ses réactions, on joue différemment. S’il ne rie pas, on se retrouve dans une pièce plus réaliste voire dramatique et je vais jusqu’au bout de cette logique, alors que le lendemain la salle va peut-être hurler de rire. Quand une situation est juste, il y a un effet de miroir et le public rie de se reconnaître. » Il explique très bien la différence entre le théâtre et le cinéma qu’il pratique simultanément : « Au théâtre, on donne énormément, c’est comme un show partagé avec des centaines de personnes. Au cinéma, on vous prend, on vous capte, on vous arrache quelque chose de l’ordre de l’intime. »

S’il aime beaucoup travailler dans le cinéma, cela dépend aussi de la qualité des scénarios, il en reçoit beaucoup et sait au bout de 10 pages si le film va se faire. Il recherche avant tout une certaine cohérence entre le scénario, le travail avec le réalisateur, le résultat du film terminé et son succès auprès du public. A l’image de  « Tu seras mon fils » qui sort fin janvier en DVD, dans lequel il joue le régisseur d’un domaine viticole aux côtés de Niels Arestrup, un film qu’il juge très réussi et qui a eu un joli succès.

 

Une plus grande liberté

Il a l’impression à 64 ans d’être arrivé à une certaine maturité tout en étant en pleine possession de ses moyens, notamment au cinéma où il sent plus de liberté et de maîtrise devant la caméra : « Avant j’étais soit dans la comédie avec la tête dans les nuages, soit dans quelque chose de plus sombre, aujourd’hui tout se mélange. On me propose des personnages plus complexes, peut-être grâce à une sorte d’accomplissement entre l’homme que je suis devenu, l’expérience, la force, la plénitude et quelque chose qui ressemble à du bon sens. Le public me perçoit comme étant un pince sans rire un peu bougon, un peu désabusé, ayant un mauvais caractère mais étant drôle. Même si c’est réducteur il y a quelque chose de vrai. » Cette maturité lui évite aujourd’hui d’avoir le trac, sauf lors des premières et des représentations exceptionnelles comme en 2010 juste avant la cérémonie des Molières, lorsqu’il a joué une pièce de Feydeau en direct à la télé et devant toute la profession.

Après avoir été contemplatif à ses débuts, il a besoin aujourd’hui d’avoir une vie agitée où il se passe sans arrêt quelque chose. Pour cela, il enchaîne films, téléfilms, pièces et continue à s’occuper de l’association Ferdinand qu’il a créé à la mort de son fils, tué en 2006 alors qu’il avait 20 ans, dans un accident de voiture provoqué par un ami ivre qui conduisait le véhicule dans lequel Ferdinand était passager. Patrick Chesnais avec son association attire régulièrement l’attention dans les médias, avec des clips ou des courts-métrages poignants pour alerter contre l’alcool au volant chez les jeunes. Pour prolonger la vie de son fils, il a aussi écrit un livre : « Il est où, Ferdinand ? »

 

Etonnant de facilité

Même si dès l’âge de 7 ans, il avait fabriqué un théâtre dans sa chambre et jouait des personnages avec ses copains, il ne concevait pas de devenir acteur professionnel. Puis à 16 ans passés, un matin en se réveillant, il a eu la révélation. Plutôt mauvais élève en classe, cette vocation dont il prend subitement conscience va l’emmener sur une voie royale avec une facilité déconcertante. D’abord au conservatoire de Rouen, ville où il a passé son enfance, puis au fameux Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris dont il ressort avec le 1er prix de comédie. Tout s’enchaîne ensuite naturellement, d’abord au théâtre puis au cinéma à partir de 1974, où depuis il est un des rares comédiens à jouer autant sur scène que devant une caméra. Pour comprendre cette insolente réussite, ce sont les mots que lui a confié en 1971 l’acteur Marcel Dalio qui sont les plus justes : « Toi, tu as les deux, faire rire et émouvoir, c’est très rare. » Savoir provoquer le rire pour Patrick Chesnais : « c’est avoir un regard différent sur le monde, une part d’innocence, d’enfance, mêlée à une sensibilité tout en sachant être réactif. »

 

Comblé mais pas tout à fait

Dans les 70 films, 30 téléfilms et 50 pièces qu’il a joués, se détachent « Cochons d’Inde » un bijou d’humour et d’absurde qui lui a valu le Molière du meilleur comédien 2009, « Je ne suis pas là pour être aimé » le très beau film de Stéphane Brizé en 2005 dans lequel Patrick Chesnais est remarquable, et aussi « La lectrice » le joli film libertin de Michel Deville où il a obtenu le César du meilleur second rôle. Les critiques lui ont très souvent été favorables, surtout au théâtre, et si tous ses désirs professionnels sont comblés, il aimerait revenir à la réalisation qu’il avait déjà touché à deux reprises et continuer à jouer : « J’ai toujours l’envie d’aller plus loin avec des scénarios encore meilleurs, j’aime jouer, ça me fait du bien, sinon je commence à m’embêter. »

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:23

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Cette chanteuse américaine de 43 ans a un réel attachement pour la France, de par son grand-père russe qui lui a transmis le goût de la culture française, et notre pays le lui a toujours bien rendu depuis son 1er album en 1997. Elle sort aujourd’hui enfin un enregistrement en concert, capté en mai dernier à La Cigale de Paris, où son talent et celui de ses musiciens prend toute sa mesure. A travers 13 morceaux chantés en anglais mais aussi en français et en portugais, Stacey Kent nous embarque à bord d’un très beau voyage émotionnel où sa voix délicate d’éternelle jeune fille fait merveille. Apportant une incroyable fraîcheur au jazz vocal où bon nombre de ses collègues provoquent l’ennui, elle chante à la fois avec sensibilité, malice, gourmandise, sensualité et une technique irréprochable. Elle est entourée d’un excellent quartet dont son mari saxophoniste à la très belle sonorité de velours, d’un pianiste, d’un contrebassiste et d’un batteur, l’ensemble produisant un jazz subtil et inventif. Incontestablement, l’une des toutes meilleures chanteuses du moment.

 

 Stacey Kent – Dreamer in concert – Blue Note Emi – 1 CD : 16,99 €.

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:48

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A la fois grand prix du festival du cinéma américain de Deauville et de la semaine de la critique au festival de Cannes, ce film est l’un de ces petits bijoux que le cinéma indépendant nous offre ponctuellement. Pour son 2ème long-métrage, Jeff Nichols, réalisateur américain de 33 ans, confirme tout le bien que la profession pense de lui en nous offrant une œuvre d’une totale maîtrise. Tant au niveau de la mise en scène, du cadrage, de la manière de revisiter le thriller, de l’impeccable direction d’acteurs, ce film qui bouscule les genres est autant bouleversant qu’angoissant. Le cinéaste qui filme magnifiquement aussi bien les visages que les paysages, nous donne à voir une image très réaliste de la ruralité américaine, du monde ouvrier, tout en nous embarquant dans une histoire imprégnée de paranoïa. Un homme qui mène une vie paisible avec sa femme et sa fille, se réveille un matin après avoir fait un violent cauchemar où il était menacé par une tornade. Il reprend le cours normal de sa vie entre travail et famille tout en commençant à se poser des questions, d’autant que la nuit suivante survient de nouveau un horrible cauchemar. Le film mêle habilement une tension qui va crescendo à des scènes intimistes superbement interprétées par les deux comédiens principaux. Assez peu de musique angoissante ni autres subterfuges liés à ce genre de cinéma, et pourtant on est complètement pris par ce remarquable film sur la peur.

 

Take shelter – Un film de Jeff Nichols avec Michael Shannon, Jessica Chastain, …

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:35

 

Cover-album-Vagabonde

Après un 1er album où elle se cherchait encore, cette jeune chanteuse française de 27 ans qui a des origines argentines et a vécu une grande partie de son enfance aux Etats-Unis, sort un superbe 2ème enregistrement qui constitue l’une des plus belles révélations de cette fin d’année. Coécrits et composés en grande partie avec le talentueux chanteur Da Silva, les 11 morceaux revendiquent une influence de musique américaine entre folk, country aux accents de films d’Ennio Morricone, blues et un peu de rock par moments. Dès les premières notes, la voix émouvante de Claire Denamur, délicieusement éraillée, grave, avec une intensité proche de la chanson réaliste sur certains morceaux, se pose admirablement sur cette musique venue d’ailleurs. Composé de textes souvent très beaux, chantés principalement en français mis à part 2 en anglais, cet album mélange les genres en réussissant à créer un univers enthousiasmant, original et prometteur.


Claire Denamur – Vagabonde – Capitol music – 1 CD : 13,99 €.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 18:33

CharlotteGainsbourg StageWhisper (1)


Original dans son concept, puisqu’il propose à la fois 8 nouveaux morceaux et 11 titres en public, le nouvel album de Charlotte Gainsbourg démontre de la meilleure des manières, que la fille du grand Serge s’est définitivement créé un univers musical qui n’a rien à voir avec celui de son père. A 40 ans, elle réussi le difficile pari d’être reconnue autant comme actrice qu’en tant que chanteuse, en ayant superbement négocié le virage de la scène, comme en témoigne la très convaincante 2ème partie du disque. Dans la 1ère partie, Charlotte a de nouveau fait confiance à l’excellent Beck, pour lui écrire 4 nouvelles chansons de pop électronique qui lui va à ravir et où elle s’épanouit vocalement, ce qui se confirme également à l’écoute des titres en concert. Les 4 autres nouveaux morceaux sont l’œuvre de jeunes talents anglo-saxons, dans une veine pop-folk empreinte d’émotion. Ces 8 savoureux inédits ajoutés aux 11 titres en public, forment un ensemble très enthousiasmant qui constitue l’album le plus complet de la chanteuse. La partie concert du disque est composée des meilleurs morceaux de ses deux derniers albums, qu’elle a chantés lors de la 1ère tournée de sa carrière en 2010 à travers le monde. Cette discrète si attachante s’est fait violence pour dépasser les limites de sa voix du début de carrière, et les concerts en ont été le théâtre. Entourée de très bons musiciens, elle prend une nouvelle dimension sur scène qui va lui ouvrir de nouvelles perspectives pour la suite, que l’on attend avec impatience.

 

Charlotte Gainsbourg – Stage whisper – Because Music – 1 CD : 15,99 €.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 21:57

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A l’image du Buena vista social club qui a fait connaître au monde entier les vieux maîtres de la musique cubaine, El Gusto réunit la crème de la musique arabo-judéo-andalouse. Ce chaâbi, musique populaire algéroise qui réunissait avant la guerre d’Algérie des musiciens juifs et musulmans, faisait le bonheur de la casbah. Ils se retrouvent 50 ans après cette cruelle séparation, pour redonner vie à ces mélodies envoutantes qui n’ont rien perdu de leur pouvoir. Près d’une trentaine de musiciens forment cet orchestre, exemplaire par le symbole très fort de réconciliation qu’il représente et fabuleux par la qualité instrumentale qui ressort des 13 morceaux de l’album. Des sonorités gorgées de soleil sortent des violons, mandolines, pianos, percussions et autres instruments traditionnels pour accompagner les voix chaleureuses, profondes et émouvantes. Il suffit de fermer les yeux et l’on est instantanément transporté dans des ambiances où tous nos sens chavirent de bien-être. Sur des rythmes qui donnent souvent envie de se trémousser, cet album mêle bonne humeur et émotion dans un voyage où la musique adoucit définitivement les mœurs. Un film est sorti en parallèle de cette belle aventure, mais le disque se suffit à lui-même tant il regorge de pépites qui réchauffent nos oreilles et dynamisent nos esprits en ces temps difficiles. Au-delà du plaisir intense que procure l’écoute de cet album, il ressuscite une musique d’une beauté intemporelle et véhicule un formidable message de paix et d’humanisme.


El Gusto – Remark records – 1 CD : 14,99 €.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 16:01

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Après le joli succès de Caramel, portraits croisés de femmes libanaises clientes d’un institut de beauté, la ravissante et talentueuse réalisatrice comédienne Nadine Labaki revient avec un 2ème film au sujet plus grave, mais qu’elle traite toujours avec malice et une certaine légèreté. Mêlant avec brio les genres cinématographiques, elle se permet de passer de la comédie parfois burlesque, à la comédie musicale puis à un registre plus dramatique voire à la tragédie. Impossible de ne pas ressentir un réel attachement pour les protagonistes de cette histoire, particulièrement pour les femmes qui jouent une fois de plus un rôle déterminant pour éviter le pire. Cette fable universelle a pour décor un pays au lendemain d’une guerre civile où il existe encore des tensions voire des affrontements, qui pourrait être le Liban, et plus précisément un village isolé de montagne où musulmans et chrétiens vivent ensemble dans un équilibre fragile. Ils partagent la même douleur d’avoir perdu des êtres chers, ils fréquentent le même café, ont le même ravitailleur, et si la vie semble couler paisiblement dans ce village, on sent aussi que tout pourrait s’enflammer au moindre petit incident. Toute une galerie de personnages truculents peuple cette lumineuse histoire où le rire et l’émotion cohabitent pour mieux souligner l’absurdité des rancœurs, des conflits qui peuvent exister entre deux communautés. Beaucoup de références viennent à l’esprit en regardant le film de cette réalisatrice libanaise, on pense notamment à la belle époque du cinéma italien, et au final on ressort enchanté par ce conte où l’espoir se conjugue au féminin.

 

Et maintenant on va où ? – Un film de et avec Nadine Labaki, avec Claude Baz Moussawbaa, Layla Hakim, … - Pathé vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:50

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Président d’honneur de Saint-Gobain après en avoir été le PDG durant plus de 20 ans, Jean-Louis Beffa a hissé l’entreprise au 1er rang mondial de l’habitat. Egalement administrateur de nombreuses grandes sociétés, son expérience industrielle et sa vision économique l’ont poussé à écrire un livre très instructif pour l’avenir de notre pays. En dressant un bilan sévère de la situation, il met en cause l’inconstance de la politique économique et industrielle de la France, et surtout le choix du modèle libéral financier qui privilégie les intérêts à court terme des actionnaires, provoquant une désindustrialisation et du chômage. Pour inverser la tendance, il préconise toute une série de mesures qui vont dans le sens d’un modèle commercial industriel, à l‘image de l’Allemagne, la Chine ou le Japon, avec un système de cogestion où salariés et syndicats sont impliqués dans la marche de l’entreprise. A méditer pour les candidats à la présidentielle.

 

 La France doit choisir – Un essai de Jean-Louis Beffa – Seuil – 288 pages – 18 €. 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 12:25

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Le grand écrivain pacifiste israélien de 58 ans, David Grossman, a reçu en novembre dernier le prix Médicis étranger pour ce roman bouleversant qui nous entraîne dans un voyage au long cours à la fois intime, charnel mais aussi dans la traversée d’un pays à la nature magnifique constamment miné par un état de guerre. Dans une écriture tout à fait remarquable, il explore les dégâts causés par les conflits qu’Israël traverse depuis 40 ans, notamment chez les jeunes soldats qui risquent leur vie durant leur service militaire, chez leurs proches et chez les palestiniens. L’amour maternel a rarement été aussi bien senti, retranscrit jusque dans ses excès les plus viscéraux, la famille avec toutes ses difficultés, ses bonheurs, l’amitié poussée vers ses sommets, l’amour dans sa complexité, autant de facettes de l’âme humaine que l’auteur sonde avec une remarquable acuité. Nous sommes en 1967 durant la guerre des 6 jours, trois jeunes de 16 ans, deux garçons et une fille font connaissance dans un hôpital alors qu’ils sont en quarantaine pour une épidémie dont ils vont réchapper par miracle. Cette expérience va les souder. 33 ans plus tard, la jeune fille qui est devenu mère, accompagne la mort dans l’âme son fils cadet au point de rassemblement d’une opération d’envergure de 28 jours de l’armée israélienne dans les territoires, alors qu’ils devaient partir tous les deux pour une semaine de randonnée en Galilée. Comment va-t-elle supporter la terrible attente et la funeste nouvelle qui pourrait arriver à tout moment ? La vie de cette femme et de ses hommes, un mari, un ami amant et deux fils, restera longtemps gravée dans nos mémoires tant la force des personnages et des situations illumine chaque page de ce grand roman aux nombreuses lectures.

 

 Une femme fuyant l’annonce – Un roman de David Grossman – Seuil – 667 pages – 22,50 €. 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:33

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Sorti initialement au cinéma en 2009 auréolé de l’Ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin, ce film est ressorti cette année suite au remarquable succès de la dernière œuvre d’Asghar Farhadi, « Une séparation », chroniqué dans ces colonnes. Le cinéaste iranien nous donne à voir une certaine réalité de son pays, avec des personnages au comportement assez occidental en apparence mais qui se lézarde aux premières difficultés. Dans cette histoire troublante et captivante,  magnifiquement mise en scène et interprétée par des comédiens totalement investis, on retrouve comme dans « Une séparation » l’incomparable sens de la dramaturgie et la capacité du réalisateur à créer une tension psychologique. Un groupe d’amis trentenaires vivant à Téhéran comprenant 3 couples avec des enfants et un homme fraîchement célibataire, arrivent au bord de la mer Caspienne pour passer le week-end accompagnés de la charmante institutrice d’un des enfants. Le groupe s’évertue à rapprocher les deux célibataires mais un événement dramatique va tout bouleverser. Avec ce film, nous avons la confirmation du grand talent d’Asghar Farhadi, dont on espère de tout cœur qu’il pourra continuer à tourner, dans un pays où des cinéastes sont en prison ou ont l’interdiction de travailler.

 

 A propos d’Elly – Un film d’Asghar Farhadi avec Golshifteh Farahani, Taraneh Alidousti, Shahab Hosseini, … - Memento films – 1 DVD : 14,99 €.

 

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