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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 08:12

Florian Rousseau 009

 

En étant triple champion olympique et en ayant récolté 10 titres de champion du monde de cyclisme sur piste dans les disciplines de la vitesse, du keirin et du kilomètre, Florian Rousseau possède l’un des plus beaux palmarès du sport français. La reconversion de ce passionné s’est faite naturellement en devenant entraîneur national du sprint sur piste et de Grégory Baugé en particulier, avec de grands espoirs de médailles aux JO de Londres cet été.

 

A quelques jours du début des Jeux, l’excitation est palpable pour Florian Rousseau devenu entraîneur depuis 2005. La magie de cet événement opère toujours autant, le stress et les doutes sont aussi là, peut-être plus que s’il était lui-même sur le vélo. Se sont ses deuxièmes Jeux comme entraîneur après Pékin 2008, où la récolte avec une seule médaille d’argent était moyenne au regard des objectifs bien supérieurs pour Londres. L’or olympique est visé à la fois par équipe mais aussi en individuel avec notamment Grégory Baugé, le champion du monde de vitesse entrainé par Florian Rousseau. Celui-ci a rapidement su qu’il avait des dispositions pour transmettre, et apporter des conseils avisés aux jeunes cyclistes lorsqu’il était lui-même compétiteur.

 

Un virage naturel

A peine sa carrière terminée à 30 ans, il s’est retrouvé entraîneur de l’équipe de France sans passer par des niveaux intermédiaires, et tout s’est enchaîné sans qu’il ne se pose de questions : « Même si cela fait une vingtaine d’années que je suis à l’INSEP, il n’y a aucune lassitude, le métier d’entraîneur n’a rien à voir avec la vie d’athlète. Après 7 ans, je continue d’apprendre au quotidien, et en plus la relation humaine est passionnante. Même si je suis sur le bord de la piste, il y a toujours cette envie de gagne en moi, cette flamme. Je ne dis pas qu’au début l’adrénaline provoquée par une victoire ne m’a pas manqué, mais aujourd’hui les émotions que j’ai avec les athlètes que j’entraîne lorsqu’ils gagnent, sont très fortes aussi. »

Cette nouvelle expérience a forcé sa nature introvertie à s’ouvrir aux autres et à montrer davantage ce qu’il ressent. Florian Rousseau a aussi appris à s’adapter à la personnalité d’un coureur, sans essayer de calquer son propre modèle. La relation psychologique entre l’entraîneur et son athlète est aussi importante à ses yeux que la préparation physique. Aujourd’hui, 12 coureurs sont sous sa responsabilité à l’INSEP, 9 hommes et 3 femmes spécialisés dans les épreuves de sprint, et même s’il est l’entraîneur particulier du meilleur mondial Grégory Baugé, il tient à la cohésion du groupe qui s’entraîne le plus souvent ensemble. Le cyclisme sur piste français avec 88 médailles olympiques depuis 1896 est la 1ère nation mondiale, et Florian Rousseau contribue aujourd’hui à transmettre cet héritage, cette culture de la gagne que lui-même a porté si haut.

 

Un discret sur le devant de la scène

Son palmarès impressionnant avec 3 médailles d’or aux JO et une d’argent, plus 10 titres de champion du monde, lui a apporté une belle notoriété pour sa discipline plutôt confidentielle en dehors des Jeux. Cette hypermédiatisation des JO où il est passé au journal de 20h, a fait la une de L’Equipe et où on le reconnaît encore aujourd’hui dans la rue, l’amuse et ne lui laisse aucune amertume par rapport à d’autres sports sur le devant de la scène en permanence. Très rigoureux sur son entraînement et n’aimant pas se mettre en avant, il n’a pas profité autant qu’il aurait pu de sa notoriété durant sa carrière, en refusant des sollicitations notamment pour la télé. Maintenant qu’il est entraîneur, il l’accepte plus volontiers pour faire parler du cyclisme sur piste ou pour soutenir des causes, comme récemment avec la fédération française de cardiologie afin de promouvoir l’activité physique.

 

Rien ne vaut les Jeux Olympiques

Sport semi-professionnel, le cyclisme sur piste ne permet pas à tous ses pratiquants d’en vivre, seul les coureurs ayant un nom reconnu peuvent obtenir des partenaires pour du sponsoring, surtout lorsqu’ils brillent aux JO comme Florian Rousseau. Certains sont tétanisés par l’enjeu exceptionnel des Jeux, d’autres comme lui s’en nourrissent : « Etre champion olympique est le graal d’un sportif ». Il l’a été dans les disciplines du kilomètre en 1996, du keirin et en vitesse par équipe en 2000. Seul petit bémol de sa carrière, ne pas avoir été champion olympique de vitesse individuelle à Sydney en 2000, alors qu’il était le meilleur au monde depuis 4 ans. La forte rivalité avec un autre français Laurent Gané qu’il réussit à battre en ½ finale après 3 manches très disputées et épuisantes, l’empêche de se présenter en pleine possession de ses moyens pour la finale où il est dominé et obtient la médaille d’argent. Le lendemain en se battant comme un chien selon ses mots, il devient champion olympique de keirin.

 

Un mental hors du commun

Sydney avec 3 médailles, 2 d’or et une d’argent, restera le plus beau souvenir de sa carrière, ainsi que le 3ème titre consécutif de champion du monde de vitesse qu’il obtient en 1998, d’autant que cela se passe à Bordeaux devant sa famille et 5000 personnes qui hurlent dans le vélodrome. Sa fin de carrière est plus délicate, il se sent un peu usé, manque de motivation et ne se qualifie pas pour les Jeux d’Athènes en 2004. Il est temps de tourner la page pour Florian Rousseau surtout que le mental a toujours été une de ses principales forces. Capable de se surpasser lorsque l’enjeu est important à ses yeux, il a récolté ainsi 18 médailles mondiales et 4 olympiques en 13 ans de carrière. A côté de ce mental, il s’imposait une hygiène de vie sans concessions : « Si je loupais un entraînement, je culpabilisais, et même le 1er janvier j’y étais sans que je ne le ressente comme un sacrifice. Idem pour les soirées où je rentrais à minuit, le bon vin dont je ne prenais qu’un demi-verre, et mes amis d’enfance auprès desquels je n’ai pas entretenu les relations. J’étais égoïste, il n’y avait que le vélo à 100%. »

 

Un corps sculpté par le travail

Ses performances et sa morphologie impressionnante ont inévitablement éveillés des soupçons de dopage, notamment dans un reportage assez orienté de l’émission Envoyé spécial : « Cela m’avait blessé, mais quel moyen j’avais de prouver que l’on pouvait faire du très haut niveau dans ma discipline en étant sain. D’autant que c’était peine perdue avec le cyclisme sur route qui est vraiment touché par le dopage, et les gens n’hésitant pas à faire un amalgame. La masse musculaire des pistards s’acquiert avec des années de travail à soulever des barres, et 25 heures d’entraînement par semaine sur le vélo, où il y a de la souffrance physique. Pour repousser sans cesse mes limites, cela m’est arrivé d’aller très loin dans l’effort et de vomir après, d’avoir mal à la tête, de me sentir très mal. Pourtant, c’était toujours un plaisir d’aller à l’entraînement. »

 

A peine enfourché un vélo, déjà champion !

Assez rêveur en classe et d’un tempérament très sportif dès son plus jeune âge, le vélo est arrivé par hasard pour Florian Rousseau à 12 ans, lorsque son parrain lui en offre un à Noël, et lui propose de participer 6 mois plus tard à une course locale où il finit 2ème. Ce résultat va déterminer sa vie. Attiré d’abord par le cyclisme sur route dans lequel il s’identifie à Bernard Hinault, il gagne de nombreuses courses dans sa région natale près d’Orléans, où le terrain plat favorise les arrivées au sprint. Il fait parallèlement un peu de piste et à 16 ans on lui propose d’intégrer l’INSEP, détectant en lui un potentiel pour le haut niveau. A partir de là, tout s’enchaîne à une vitesse incroyable… puisqu’il devient rapidement champion de France, puis à 18 ans champion du monde juniors et dès l’année suivante, il obtient son 1er titre de champion du monde chez les grands.

 

Le culte de la performance physique

Ce besoin de sport qu’il a toujours eu est présent encore aujourd’hui à 38 ans, où il continue par addiction à s’entraîner 6 heures par semaine. Lorsqu’il ne fait pas de vélo, il pratique la plongée sous-marine, aime les voyages, la nature, bien manger maintenant qu’il peut se l’autoriser un peu plus, et aller voir d’autres sports ou des spectacles qui mettent en avant la performance physique, comme la danse ou le cirque. Pour l’avenir, il se souhaite une vie toujours aussi remplie avec des émotions aussi fortes en restant entraîneur encore quelques années. Puis, il sera temps de trouver un nouveau défi, peut-être à la direction technique nationale du cyclisme. Ou pour s’amuser de temps en temps, être consultant ponctuel à la télé, même si la 1ère expérience à la fin de sa carrière n’avait pas été concluante, mais c’était avant d’opérer sa mue d’athlète à entraîneur, époque où il était encore un peu sauvage et pas très à l’aise.

 

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Published by michelmonsay - dans Portraits
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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 07:14

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Autant comédien de cinéma et de théâtre qu’humoriste de one-man-show, Didier Bénureau est l’un des meilleurs comiques de sa génération. A 55 ans, son humour caustique n’en finit pas de caricaturer les travers de ses contemporains, en créant des personnages hauts en couleurs et irrésistibles.

 

Pouvez-vous nous parler du métier d’humoriste ?

Didier Bénureau - C’est une question de nature, j’ai d’abord joué de la guitare puis j’ai voulu devenir comédien mais l’humour m’a vite rattrapé. J’ai commencé à écrire des sketches, une  pièce comique et j’ai intégré le Théâtre de Bouvard en 85. Déjà à l’armée lors d’une journée portes ouvertes, alors que je n’avais rien demandé, on m’avait proposé d’être clown dans un spectacle pour enfants. L’humour est la façon la plus évidente pour moi de m’exprimer, en dénonçant la bêtise, les défauts de la nature humaine, les travers de la société. Je plante une situation, pose un personnage et m’amuse à m’en moquer, sans pour autant régler des comptes. Lorsque des gens pas visiblement d’accord avec ce que je pense, se marrent de ce que je leur propose, j’estime avoir atteint mon objectif. Dans mes sketches qui ont un aspect théâtral, il y a différents niveaux de lecture, certains vont rire uniquement sur une grosse blague, d’autres sur le personnage, le texte, la situation et les subtilités apportées par mon jeu. Le plus jubilatoire est d’être sur scène en train de jouer un texte que j’ai écrit, et se sentir en phase avec le public quand il rit aux situations qui moi-même me font rire.

 

Quel regard portez-vous sur le monde agricole ?

D.B. - Bien qu’élevé en région parisienne, j’ai passé toutes les vacances de mon enfance dans la maison familiale située dans un petit hameau près de Saintes, au milieu des champs, des vignes et des forêts. J’y retourne régulièrement et aujourd’hui encore nous avons des champs cultivés par un cousin, et je connais là-bas des viticulteurs qui vendent leur vin blanc pour la fabrication du Cognac. J’aime une agriculture raisonnée, je pense que la nature se respecte et suis attristé par le productivisme et les saloperies que l’on met dans les champs. Un paysan beauceron m’a dit texto : « Je n’ai pas besoin de la terre pour faire pousser mes céréales, elle n’est qu’un support, c’est tout ce que je mets dedans qui fait que ça pousse. Le consommateur à toujours vouloir payer moins cher, nous contraint de procéder comme cela pour s’en sortir. » C’est vrai qu’il y a des excès dans l’agriculture mais nous avons tous notre part de responsabilité en tant que consommateur. Cela dit, il y a une prise de conscience et une évolution en cours qui est toute à l’honneur des agriculteurs. J’ai vu des vignerons plus heureux et plus fiers de fabriquer des bons produits bien faits dans une agriculture raisonnée, que ce qu’ils faisaient auparavant.

 

De quoi est faite votre actualité ?

D.B. - Je tiens le rôle principal d’une comédie policière loufoque intitulée « Cassos » qui vient de sortir au cinéma. En octobre, il y aura la sortie DVD de mon dernier spectacle, « Indigne » distribué par France Télévision. Puis du 27 novembre au 1er décembre à la Cigale de Paris, je vais proposer un spectacle sous forme de best of de tout ce que j’ai fait depuis 15 ans, avec mes meilleurs sketches et des musiciens sur scène. Enfin en septembre 2013, je vais jouer au théâtre du Palais-Royal avec Michel Aumont et Claire Nadeau, une comédie que j’ai écrite intitulée « Mon beau-père est une princesse ».

 

Avez-vous un sketch sur le monde agricole ?

D.B. – J’en ai un qui s’appelle « Le paysan du 3ème millénaire » dont voici un extrait : Je nettoie mes 400 hectares de vigne avec du Zerox 3000, ça te tue tout, il n’y a plus une brindille. J’ai fait poser du lino qui imite la pelouse et pour aller dans la vigne, il faut mettre les patins. Ca te nettoie aussi la nappe phréatique, l’eau des rivières est toute bleutée et il faut voir les bestiaux qu’on y trouve. Les anguilles, les gardons, les carpes, tout ça c’est fini, aujourd’hui on y pêche la hyène ou le chenapan, ça te fait comme des sardines de 85 kilos … A mes poules, je leur donne des gélules rouges, elles me défèquent des gélules vertes que je donne aux canards, qui me défèquent des gélules jaunes que je donne aux cochons, qui me défèquent des petites limaces fluorescentes, je jette ça en terre et ça me donne des choux-raves de 50 kilos … A la coopérative dans leur laboratoire, ils font des mutations. Ils te fabriquent le poulet cochon, avec un gros cul de cochon et toute la viande du porc, et devant il y a un petit bec de poulet, ça te fait comme une grosse limace de 150 kilos nourri exclusivement à la bille fluo plastique. Tu peux couper la viande directement dessus, il ne sent rien le poulet cochon, et deux jours après ça repousse…

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:12

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Lui qui vient de fêter ses 40 ans de scène, n’a pas finit de réinventer l’humour à chaque spectacle, voire même à chaque représentation. Son ton décalé, poétique, flirtant avec l’absurde, et son engagement écologique ont contribué à faire de Marc Jolivet un humoriste à part. A 62 ans, après avoir proposé un spectacle symphonique, un autour des présidentielles, il s’attaquera en 2013 aux coulisses du déclenchement de la 1ère guerre mondiale.

 

Pouvez-vous nous parler du métier d’humoriste ?

Marc Jolivet - Je suis d’un tempérament joyeux, déconneur et je n’ai pas la sensation de faire un métier, je suis moi-même. Humoriste ce n’est pas un métier mais une façon d’être, de vivre, et j’ai la chance merveilleuse que des gens payent pour venir m’écouter raconter les histoires que j’ai écrites. Rire est indispensable pour vivre. J’ai commencé par écrire des pièces, des chansons, des films et assez naturellement je suis passé au one-man-show. La vie est tellement courte que l’on a intérêt à avoir un maximum de rêves et essayer d’en réaliser le plus possible. En écrivant, on n’est jamais sûr de l’effet sur le public. Il m’arrive quelquefois d’être content et penser que telle idée est vachement bien et va marcher très fort, mais il s’avère que ce n’est pas le cas. Inversement, on est parfois étonné par le rire provoqué par un passage dans un sketch, où l’on ne s’attend pas vraiment à ce qu’il fonctionne autant. C’est là un des aspects passionnants de l’humour, qui démontre les limites d’une éventuelle technique, à laquelle je ne crois absolument pas. Le moment que je préfère est d’entendre rire les gens et les voir repartir heureux, avec en point d’orgue l’improvisation, lorsque notamment j’arrive à trouver des mots qui correspondent uniquement au public de telle ville et pas un autre. Un rire local en somme.

 

Quel regard portez-vous sur le monde agricole et y avez-vous des liens ?

M.J. - J’ai un bon ami vigneron, Jean Luc Isnard, qui fabrique un Cotes du Ventoux biologique, Terres de Solence, avec lequel j’espère un jour faire du vin.  Par ailleurs, j’ai été à un moment parrain des amis de la Confédération paysanne, et lorsque José Bové a rejoint les communistes, j’ai arrêté. Je souhaite que l’agriculture intensive devienne une agriculture plus responsable. J’ai vu les drames provoqués par les pesticides, c’est scandaleux, et j’espère que les agriculteurs vont en prendre conscience et se révolter, en tout cas je suis à leurs côtés. Je trouve que l’on ne fait pas assez pour l’agriculture alors que c’est quand même l’essentiel. Il faudrait que la FNSEA se rapproche de la Confédération paysanne, et que tous les agriculteurs se mettent ensemble pour faire une agriculture raisonnée, naturelle. Sans parler de nos estomacs, il faut que les agriculteurs qui s’empoisonnent eux-mêmes, comprennent qu’ils ne doivent pas rester entre les mains de Monsanto, pour cela nous devons lutter ensemble au niveau européen. Pour manger sainement et d’une façon naturelle, je suis très favorable aux AMAP ou aux démarches similaires. Il faut vraiment être taré lorsqu’on a le choix, pour préférer une nourriture avec des pesticides à une qui n’en a pas.

 

De quoi est faite votre actualité ?

M.J. - Durant un an et demi, je vais écrire un nouveau spectacle qui deviendra un film et s’appellera « Moi, Guitry, De Gaulle et les autres ». C’est une comédie dans le style de Feydeau autour des raisons du déclenchement de la guerre 14-18, que nous jouerons à partir de novembre 2013 au Théâtre du Rond-point. A côté de cela, je vais finir mon 2ème roman, peut-être faire un spectacle pour enfants et continuer à jouer mes précédents spectacles. Pour le « Comic symphonic », je serai à Toulon le 6 juillet, à Toulouse le 13, puis 3 dates en octobre que vous trouverez sur mon site. Pour « Marc Jolivet fête ses 40 ans de scène », je serai le 25 juillet à Roquebrune-Cap-Martin, puis toujours sur le site vous aurez les dates pour la rentrée.

 

Avez-vous un sketch sur le monde agricole ?

M.J. - J’ai un sketch qui a 15 ans et que j’actualise au fur et à mesure, dont la durée peut aller jusqu’à 45 minutes selon l’improvisation, mais je vais essayer de vous le faire court : C’est François Hollande qui va rejoindre son ex-compagne Ségolène Royal et il ne veut pas que ça se sache. Il part dans la campagne déguisé en José Bové, et sa voiture crève au milieu de nulle part à 3 heures du matin. Il voit une ferme, va demander si on peut l’aider. Le paysan appelle alors Emilio, arrive un cochon avec une jambe de bois. Le paysan lui demande d’aller réparer la roue de François Hollande. Le Président dit au paysan : Mais monsieur, c’est un cochon ! L’autre lui répond : Vous voulez qu’on vous aide ou pas ? Le président : Bon d’accord. Le cochon prend les clés dans son groin, part réparer la roue de la Ferrari, revient et rend les clés à François Hollande. Le paysan lui dit : Voilà monsieur, bonne nuit on va se recoucher. François Hollande lui répond : Excusez-moi, encore merci mais pourquoi ce cochon a une jambe de bois ? Le paysan conclut : Monsieur, un cochon avec des qualités pareilles, vous n’imaginez tout de même pas qu’on va tout manger d’un seul coup !

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:29

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Le prolifique réalisateur anglais de 51 ans, Michael Winterbottom, a régulièrement montré durant sa carrière d’un rare éclectisme, son intérêt pour des sujets à connotation politique ou sociale. On pense notamment dans sa filmographie récente à : « Un cœur invaincu » ou « The road to Guantanamo ». Pour sa dernière œuvre dont il situe l’action en Inde et plus particulièrement au Rajasthan et à Bombay, il filme ce pays passionnant, bouillonnant, coloré, dans un style parfois proche du documentaire pour en faire ressortir une réalité sociale très contrastée. Si l’idée de transposer Tess, le célèbre roman de Thomas Hardy, dans l’Inde contemporaine peu paraître audacieuse à la base, le résultat est troublant et totalement réussi tant l’histoire semble avoir été écrite comme telle. D’autant que le personnage principal est joué par la superbe actrice indienne Freida Pinto, qui porte le film avec une grâce, une justesse et une émotion remarquables. Quatre jeunes hommes anglais sont en vacances dans le Rajasthan, l’un deux qui a des origines indiennes, fait la connaissance d’une jeune paysanne à qui il propose un travail dans un hôtel luxueux de Jaipur appartenant à son père. Dans une région où les conventions sont encore très présentes, l’histoire d’amour qui pourrait se dessiner entre eux arrivera-t’elle à dépasser le fossé social qui les sépare ? Au travers de cette trame, le réalisateur nous montre un pays en pleine évolution, dans lequel les femmes tentent une difficile émancipation par les études et le tourisme, mais où la toute puissance masculine ne les aide pas beaucoup. Film à la fois hypnotisant et poignant dont le pouvoir perdure longtemps après le générique de fin.                                                                                                         

Trishna – Un film de Michael Winterbottom avec Freida Pinto, Riz Ahmed, …

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 07:29

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On pensait que Patti Smith appartenait définitivement au passé comme étant l’icône du rock underground américain des années 70, et puis arrive ce nouvel album, dont la qualité rivalise avec ses premiers enregistrements comme le légendaire « Horses ». Il était totalement inespéré de retrouver cette artiste aux multiples talents aussi inspirée musicalement, et capable de nous livrer 12 nouvelles chansons bouleversantes dès la première écoute. Poétesse, peintre, photographe, Patti Smith a aussi rencontré un beau succès de librairie en 2010 avec son récit autobiographique « Just kids ». A 65 ans, elle n’a rien perdu de son incarnation rock, même si aujourd’hui sa musique semble un peu plus apaisée mis à part quelques envolées, l’esprit demeure et la voix n’a jamais été aussi belle, grave, profonde, impressionnante. Alternant ballades émouvantes et morceaux plus rythmés, cet album est un modèle d’équilibre musical avec de magnifiques lignes mélodiques, exceptés les 2 derniers titres un ton en-dessous. La compositrice a su admirablement bien adapté sa musique à notre époque en gardant par moments un son rock très seventies toujours particulièrement efficace, mais en l’enrichissant d’une touche country par ci, jazz par là voire même world. Cet album est aussi l’occasion pour l’artiste de rendre hommage aux victimes de Fukushima, à Amy Winehouse, à l’actrice Maria Schneider mais aussi à la culture russe et à Johnny Depp. Au final, on ressort électrisé par le choc provoqué à l’écoute de ce disque somptueux, traversé de part en part par la voix unique de cette artiste qui a eu la bonne idée de ne pas arrêter de chanter.                                                                                                                  

 

Patti Smith – Banga – Columbia records – 1 CD : 14,99 €.

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 14:12

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Depuis son 1er long-métrage réalisé il y a une vingtaine d’années, le cinéaste Cédric Kahn fait partie de ceux que l’on suit avec intérêt. A 46 ans, il sort un 9ème film, sans doute son meilleur, où l’aspect social qui a toujours été en filigrane dans sa filmographie éclectique, est ici bien plus présent avec force et émotion. Sans être jamais pesant en évitant les clichés et l’attendrissement, lé cinéaste dans un style réaliste proche du documentaire, construit son film sur un rythme haletant. Il se sert d’une histoire intense pour évoquer très justement quelques uns des problèmes douloureux de la société actuelle, relayé pour cela par un excellent couple de comédiens à contre-emploi. Guillaume Canet trouve là son meilleur rôle, et Leïla Bekhti confirme dans un registre totalement différent, le talent entrevu dans « Tout ce qui brille » récompensé l’an dernier par le César du meilleur espoir. Un cuisinier qui travaille dans une cantine scolaire se présente dans un restaurant, à la recherche d’un emploi mieux rémunéré. À défaut d’être pris, il fait la rencontre d’une serveuse avec laquelle une alchimie réciproque se dessine très vite. Au hasard d’une journée de repos au bord d’un lac en pleine forêt de la grande banlieue parisienne, les nouveaux amoureux et le fils de 9 ans de la jeune femme découvrent dans un endroit idyllique, un grand local à l’abandon qui est à vendre. Commence alors à s’échafauder dans la tête du cuisinier, un judicieux projet de restaurant qu’il va essayer de concrétiser avec sa nouvelle compagne. Ce remarquable film, qui commence dans une veine « Grand public » et qui peu à peu bascule dans un poignant cinéma réaliste entre Ken Loach et Pialat, véhicule malgré un contexte hostile, une énergie positive très émouvante.

 

 

Une vie meilleure – Un film de Cédric Kahn avec Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi, … - France Télévisions Distribution – 1 DVD : 19,99 €.

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 09:21

Jean-Pierre Raffarin 005

L’ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin est resté une personnalité écoutée et estimée de l’échiquier politique, par son humanisme, sa modération, et sa connaissance du terrain avec plus de 13 ans à la tête de la région Poitou-Charentes. A près de 64 ans, le vice-président de l’UMP entend jouer un rôle de rassembleur au sein de son parti pour éviter un éventuel éclatement.

 

Quel est le rôle et le pouvoir du Sénat et des sénateurs ?

Jean-Pierre Raffarin - Le Sénat est une assemblée de sagesse moins soumise aux pressions de l’actualité que ne l’est l’Assemblée Nationale. Les sénateurs élus au suffrage universel indirect par  les élus locaux, sont moins exposés aux humeurs du temps. Le débat y est moins systématique, moins manichéen et plus ouvert vis à vis du clivage droite-gauche. Pour les textes concernant les territoires, le Sénat est saisi en premier et impose de ce fait un premier regard sur le travail législatif. Pour les lois générales, le dernier mot reste à l’Assemblée Nationale.

Il y a des progrès dans la lisibilité de notre travail parlementaire, notamment grâce à la chaîne Public Sénat. Le Sénat est un lieu pertinent pour des esprits modérés aimant le dialogue, qui ne font pas de la bagarre, l’alpha et l’oméga de la vie politique. La Haute Assemblée des communes de France ressemble bien au tempérament des élus enracinés, qui comme moi, sont passionnés par la décentralisation, la vie des territoires, la diversité française. Un sénateur est un médiateur entre le maire et l’administration locale et nationale, pour faire aboutir les projets des collectivités locales de son territoire, tant sur le plan du financement que sur le plan législatif.

 

Comment analysez-vous l’élection présidentielle et les premiers jours du nouvel exécutif ?

J.-P.R. - Les adversaires de Nicolas Sarkozy ont concentré les attaques plus sur la personne que sur le projet. L’antisarkozysme de la gauche a fragilisé le candidat, néanmoins le score est extrêmement serré. Cet antisarkozysme s’est appuyé sur des comportements maladroits en début de campagne, que le Président lui-même avait reconnus. La stratégie retenue a posé aussi un certain nombre de problèmes et n’a pas séduit sur des territoires politiques, au centre, et sur des territoires géographiques, à l’Ouest. Pour autant, Nicolas Sarkozy a fait une campagne extraordinaire et très mobilisatrice, avec des innovations politiques formidables comme ces grands rassemblements de la place de la Concorde ou du Trocadéro, dont nous n’avions pas la culture.

Concernant François Hollande et Jean-Marc Ayrault, je respecte les personnes, et le 1er Ministre a besoin de temps pour mettre en place ses équipes et ses projets. Attendons le discours de politique générale, un certain nombre de textes et la première session parlementaire, pour voir si les socialistes sont dans la réalité ou dans le rêve. Je pense cependant que ceux qui ont cru au changement dès maintenant vont vite devenir impatients. Les équations économiques notamment européennes que le Président et le 1er Ministre devront résoudre, leur imposeront une distance vis-à-vis de leurs promesses, qui pourrait augurer des temps difficiles pour le nouvel exécutif.

 

Pour les législatives, une cohabitation est-elle souhaitable pour le pays et l’UMP va-t’il se rapprocher du FN sur certaines circonscriptions ?

J.-P.R. - L’un des devoirs de l’opposition est d’empêcher la majorité socialiste de blesser durablement notre pays. Les 35 heures coûtent encore en 2012, 14 milliards d’euros au budget de l’Etat et 6 milliards d’euros au budget de la Sécurité Sociale. Même 10 ans après, ce genre d’erreur coûte très cher, d’autant qu’il est quasiment impossible de la corriger. Il nous faut donc empêcher que de nouvelles décisions irréversibles soient prises, telles que le droit de vote des étrangers, le recrutement des fonctionnaires ou l’arrêt de réacteurs nucléaires, en ayant le plus de députés possible à l’Assemblée Nationale. Dans les circonstances actuelles, l’idée d’une cohabitation n’est pas incohérente puisqu’il s’agit de faire face au cœur des institutions au Président Hollande, pour empêcher des décisions que nous pensons mauvaises pour la France.

Notre ligne politique à l’UMP est claire : il ne faut ni accord ni alliance avec le FN. Ceux qui choisiront une autre logique se mettront en marge du parti.

 

Au cas où l’UMP perdrait les législatives, quel sera son rôle et son positionnement entre le FN et le centre ?

J.-P.R. - Si nous ne gagnons pas, l’UMP doit préparer l’alternance en renouvelant sa pensée politique. Il faut ajouter à notre patrimoine les acquis de la pensée de Nicolas Sarkozy, sur des sujets comme le travail et la régulation mondiale, mais aussi ajouter des idées nouvelles en inventant des solutions à notre problème de cohésion sociale. Pour cela, il faudra faire émerger une nouvelle génération. La question du FN peut fracturer l’UMP, celle des egos et du combat des chefs peut aussi avoir un impact, mais je ne pense pas qu’il y ait un risque majeur de division. Mon rôle est d’essayer de convaincre que l’UMP doit vivre avec ses deux cultures pour être forte, une droite d’autorité, républicaine et populaire, et une droite humaniste. Quand l’UMP est déséquilibrée, elle ne gagne pas. Si nous avons rassemblé le RPR et l’UDF en créant l’UMP en 2002, c’est pour qualifier nos candidats devant le FN. L’éclatement de l’UMP aboutirait à une prédominance du FN pour le 2ème tour quelle que soit l’élection. Affaiblir l’UMP, c’est renforcer le FN.

Nous avons choisi de faire un grand parti qui vit de sa diversité, et non une alliance de partis pour obtenir une majorité, comme M. Hollande avec un rassemblement de contraires et de paradoxes entre M. Bayrou et M. Mélenchon. Pour avoir une majorité en France, il faut que 50% des gens soient d’accord avec vous mais pas nécessairement entre eux.

 

La situation de la Grèce vous inquiète-t’elle pour l’avenir de l’Europe ?

J.-P.R. – Un processus de désintégration de la zone euro serait mortel pour l’Europe toute entière. La Grèce doit impérativement rester dans la zone euro, même si cela nous coûtera énergie et argent. Les pays les plus fragiles ne peuvent pas avoir comme seule issue de quitter la zone euro, d’où une indispensable solidarité entre tous les membres et une solide relation franco-allemande. Si la Grèce par malheur quittait la zone euro, non seulement il y aurait de sérieux risques de guerre civile dans ce pays, mais en plus tous ceux qui ont spéculé contre la Grèce se retourneraient vers le nouveau pays le plus faible. Le jour où l’on coupera l’attache du dernier wagon, c’est l’avant-dernier qui deviendra la cible des marchés pour un jour atteindre même la France.

On ne parviendra pas à être solidaire de la zone euro et augmenter les dépenses publiques en France. Le Président devra renoncer à certaines de ses promesses pour participer à cet effort de solidarité, cela déclenchera des mécontentements, des déceptions et de possibles tensions dans le pays.

 

Il aura fallu attendre qu’il y ait plus de 13 000 morts pour commencer à parler d’une intervention en Syrie, y êtes-vous favorable ?

J.-P.R. - C’est un sujet d’une extrême difficulté à conséquence grave avec des risques d’extension du conflit, notamment au Liban. La position française est la bonne, elle exige le départ du dirigeant sanguinaire, dont le comportement contre son peuple est inacceptable pour les valeurs de la France. Il faut absolument convaincre la Russie et la Chine pour faire bouger les responsables syriens. Les pressions diplomatiques et les sanctions politiques ne suffisent pas, il faudra peut-être rétablir la paix par la force. Mais une intervention militaire est risquée. Une telle décision ne peut se prendre que dans le cadre du droit international avec une résolution de l’ONU. 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:28

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Petite interview de Gérald Dahan et portrait réalisé en décembre 2010

 

 

L’incroyable talent d’imitateur de Gérald Dahan lui a permis de s’illustrer par ses fameux canulars téléphoniques et des chroniques cinglantes sur France Inter et aujourd’hui sur Sud Radio. Alors qu’il s’apprête à jouer son nouveau spectacle, ce trublion de 39 ans qui a obtenu son premier cachet à 14 ans, nous dit son amour de la scène et du contact avec le public.

 

Pouvez-vous nous parler du métier d’humoriste ?

Gérald Dahan - On ne devient pas humoriste ou comique, on l’est sans le savoir. Il y a des ficelles que l’on apprend à maîtriser au fil du temps, mais il s’agit plus d’une vocation, qui pour moi est née dès l’âge de 8 ans, que d’une profession. Le regard d’un humoriste sur la société consiste à essayer de provoquer le rire en faisant réfléchir, pour se moquer des angoisses du quotidien et dédramatiser un peu les choses. Pour ma part, j’ai choisi de désacraliser l’univers politique en essayant de toucher ceux qui se croient intouchables pour les rendre plus humains. Les moments que je préfère dans mon métier se passent sur scène, quand je suis derrière le rideau juste avant le début du spectacle et à la fin lorsque le public est debout. Ce contact avec le public est vraiment excitant, irremplaçable, et induit souvent des improvisations. Le rire est le propre de l’homme et fait partie des choses essentielles dont on a besoin pour être équilibré.

 

Quel regard portez-vous sur le monde agricole ?

G.D. - J’avais dans ma famille beaucoup de viticulteurs puisque je suis né à Cognac, et j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de faire les vendanges. J’ai un profond respect pour les gens qui travaillent la terre et contribuent de ce fait à nous nourrir. Je regarde toujours la provenance des produits que j’achète et privilégie systématiquement ceux qui viennent de France. Je le fais à la fois par goût et pour avoir une garantie de qualité. Le bio ne m’est pas indispensable, à part pour les œufs … je ne sais pas pourquoi, ce n’est pas rationnel !

 

De quoi est faite votre actualité ?

G.D. - Je fais une chronique du lundi au vendredi à 8h30 sur Sud Radio autour de l’actualité politique, qui est très fournie depuis plusieurs mois. En juillet, je serai à Montréal pour le festival « Juste pour rire » qui fête ses 30 ans. Ensuite j’enchaîne avec le festival d’Avignon où je présenterai dans la programmation du Off, mon nouveau spectacle « Gérald Dahan cent voix en l’air », durant une semaine au théâtre le Capitole, puis fin octobre à la Nouvelle Eve à Paris. A la même époque sortira un livre de mes chroniques intitulé « Crapule », illustré par Cabu, aux éditions du Cherche midi.

 

Avez-vous une blague sur le monde agricole ?

G.D. - Un paysan : Est-ce que vais vivre longtemps docteur ?

Le médecin : Ca fait longtemps que vous travaillez ?

P : Je travaille la terre depuis que j’ai 8 ans.

M : Ce n’est pas de très bon augure, est-ce que vous buvez ?

P : J’ai des vignes et je fais moi-même mon vin, je bois bien 1 litre par jour.

M : Il faut arrêter de boire, est-ce que vous fumez ?

P : Je fume 1 à 2 paquets par jour.

M : Il faut arrêter de fumer, est-ce que vous aimez la bonne chair ?

P : Je bouffe comme 4.

M : Il faut vous calmer, et sinon au niveau sexuel ?

P : Je ne suis pas le dernier, j’ai quelques souris dans le coin qui ne sont pas mécontentes de moi.

M : Il faut vous calmer aussi.

P : Si j’arrête tout ça, je vais vivre longtemps ?

M : Pas forcément mais par contre le temps risque de vous paraître long !

 

 

 

Portrait réalisé en décembre 2010

 

 

Appuyer là où ça fait mal

  

Habitué à l’antenne de France Inter, où il a travaillé 6 ans dans les années 1990 sur l’émission « Rien à cirer » de Laurent Ruquier, puis tous les jours au mois d’août de cette année où il était seul à l’antenne durant 50 min pour « Parlez-moi d’humour », Gérald Dahan ressent une grande frustration après l’arrêt brutal de sa chronique matinale de 8h55. Malgré les bonnes audiences et les félicitations de la direction, il ne sera intervenu qu’à 12 reprises avant d’être remercié du jour au lendemain suite à une charge assez féroce contre Michèle Alliot-Marie (MAM). En imitant la voix d’une personnalité, il distillait son billet subversif face à un invité politique avec un indéniable talent, une liberté et un courage trop rares aujourd’hui.

La décision du patron de France Inter a pour le moins surpris l’humoriste : « Je pense que Philippe Val a vendu son âme au diable. Il est très éprouvé psychologiquement par cette ambivalence dans sa conduite, en essayant de minimiser ce qu’il dénonçait avant à Charlie Hebdo, notamment la liberté d’expression sous pression. Il ne fait aucun doute que cette décision intervenant 24h après ma chronique sur MAM, soit politique.» Il s’en est suivi une polémique dans la presse où chacune des parties est resté sur ses positions, mais que penser de ce débarquement inopiné qui intervient après ceux de Stéphane Guillon, Didier Porte et Raphaël Mezrahi ?

 

Rebondir pour encore mieux railler

Cet exercice à la radio qu’il a adoré faire, a permis à cet artiste un peu dans la lune et fâché avec la ponctualité, d’être plus rigoureux. Au-delà de cet apport fonctionnel, il a eu la satisfaction personnelle de pouvoir s’adresser d’un coup à 2 millions d’auditeurs. Nul doute que l’on va très vite le retrouver sur une autre antenne. Depuis la fin octobre, Gérald Dahan a reçu un très large soutien des auditeurs et de la profession, en même temps que des propositions à la télévision et la radio. Il va prendre le temps d’y réfléchir, mais pour le moment avec ce changement de planning il a envie de retrouver l’espace de liberté que représente la scène, et prépare un spectacle intitulé « Interdit » qu’il lancera en janvier au Casino de Paris.

En s’inspirant comme toujours de l’actualité, il endossera de nouveau son rôle d’humoriste pour à la fois faire rire mais aussi réfléchir, avec des textes plus saignants que ses collègues : « L’humour par définition est une forme d’esprit railleuse qui peut prendre plusieurs aspects : pédagogique, militant, ironique, cynique, loufoque, burlesque ou absurde. » La référence en matière d’imitation reste Thierry Le Luron, selon Gérald Dahan : « Il a donné ses lettres de noblesse au métier d’imitateur, lui permettant de passer en vedette alors qu’il était cantonné aux premières parties. Le Luron était un persifleur avec une classe et un talent très complet. »

 

L’incroyable impact des canulars

Incontournables dans la carrière de Gérald Dahan, sont les canulars téléphoniques. Après en avoir fait quelques uns dans l’émission « Rien à cirer », il en enregistre 150 pour la radio Rire et Chanson en s’attaquant à des personnalités à priori intouchables. L’un des plus fameux est celui où se faisant passé pour le président Chirac convalescent, il demande à Zidane à propos du match décisif contre l’Irlande pour la qualification au mondial 2006, que les joueurs de l’équipe de France mettent la main sur le cœur au moment de la Marseillaise. Non seulement la France entière a pu voir la mise en pratique de ses consignes le soir du match, mais le canular a été téléchargé 2 millions de fois sur Internet et a fait 79 journaux télévisés dans le monde entier.

Un travail d’investigation pour bien maîtriser le sujet est nécessaire à la réussite et à l’impact du canular, explique t’il : « L’organisateur de ma tournée dans les Antilles m’avait demandé de piéger le président de la région Guadeloupe, par un canular dont j’avais le secret, pour créer le « buzz » et mieux me faire connaître. En me faisant passer pour le président Sarkozy, j’ai proposé à Victorin Lurel un portefeuille ministériel alors qu’il était soutien de Ségolène Royal. Je me suis retrouvé à la une de France Antilles et ma tournée était pleine. » Il a arrêté ses canulars en 2007, mais songe à y revenir sans préciser la date pour bien surprendre son monde.

 

Genèse d’un drôle de phénomène

Ce don d’imitateur, Gérald Dahan l’a manifesté très tôt, à tel point qu’à 8 ans il écrit sa future biographie, et va réussir à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé en n’ayant jamais gagné sa vie autrement qu’en faisant rire. Soutenu par ses parents, il remporte des concours d’imitation et obtient son premier cachet à 14 ans, 200 francs et 2 bouteilles de Pineau pour cet originaire de Cognac en Charente. Sa région, à laquelle il a toujours un attachement familial, et professionnel depuis cette année en ayant créé un festival Rire et Rock sur une idée de Ségolène Royal.

En plus de ses qualités vocales qui font aussi de lui un très bon chanteur, Gérald Dahan est doté d’une audition au-delà de la moyenne et d’une grande capacité d’observation. Celle-ci lui permet de déceler chez quelqu’un le décalage entre l’image voulue et l’image perçue. Ayant commencé très tôt l’imitation avec la difficulté pour une voix d’enfant de reproduire une voix d’adulte, il a tout de suite compris l’importance de la gestuelle et de l’expression du visage. Aujourd’hui encore, la partie mime est très présente dans ses imitations et donne un relief saisissant aux personnages. Il ajoute : « Je n’utilise aucun accessoire et m’attache vraiment à créer une illusion, en n’interprétant pas la personne, mais en étant cette personne. A la fois dans la syntaxe, la psychologie du personnage et en ne recherchant jamais la caricature mais plutôt l’hyperréalisme, c’est pour cela que je n’imite pas de femmes. »

 

Une vraie conscience politique

Etant complètement immergé dans l’actualité, il en suit toutes les infos en permanence, et de ce fait observe des personnalités parfois durant des années avant d’avoir le déclic qui lui donnera envie de les croquer. Pour Nicolas Sarkozy, il s’y est intéressé dès le début mais sans l’imiter, jusqu’au jour où le maire de Neuilly est ressorti de la maternelle prise en otage, avec un enfant sous le bras : « Je me suis dit, c’est Bruce Willis made in France, j’ai trouvé drôle ce petit bonhomme qui joue les gros bras. »

Après une tentative de récupération de l’UMP il y a 5 ans, dont il a souffert et qu’il a eu du mal à faire oublier, il revendique un équilibre en tapant autant à gauche qu’à droite : « Je pratique le tir au pigeon, ce n’est jamais mon fusil qui change d’épaule mais le pigeon qui arrive de tous les côtés. Mes spectacles, canulars ou chroniques en témoignent. J’ai une conscience politique et des convictions plutôt engagées, que j’essaie de ne pas faire transparaître. »

 

De la suite dans les idées

Solitaire dans la conception et la préparation de son travail, il aime néanmoins co-écrire ses textes avec entre autres Vincent Martigny chercheur en sciences politiques. Chacun de ses spectacles suit un fil conducteur. Pour Sarkoland, il avait imaginé ce que pouvait devenir la France après 5 ans de politique show-biz, la même mais en pire. Ensuite, il y a eu « De droite à gauche » où il analysait qui était toujours de droite, et encore de gauche. Enfin dans « Interdit », il va relever tout ce que l’on n’a plus le droit de faire.

A 37 ans, Gérald Dahan se voit à la fois continuer sa carrière d’imitateur mais aussi développer en parallèle son envie de devenir comédien de cinéma. Dans le privé, ce passionné d’équitation western et de voile, ne manquera pas de continuer à faire le pitre auprès de son entourage, premier public parfois sévère de son humour dévastateur.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:10

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En ayant été la première femme à traverser l’Atlantique et le Pacifique à la rame, mais aussi à accomplir un tour du monde à la voile en solitaire à contre-courant, Maud Fontenoy s’est forgée une solide réputation. Elle s’en sert aujourd’hui pour alerter et transmettre par sa fondation et ses autres fonctions, l’impérieux besoin de préserver les océans, ce capital indispensable à l’avenir de l’homme.

 

Investie totalement dans sa fondation, Maud Fontenoy travaille même le dimanche pour parvenir à satisfaire les obligations et sollicitations, que génère son engagement pour la sauvegarde des océans et du littoral, particulièrement à travers une sensibilisation de la jeunesse. Vivant aujourd’hui à Marseille, elle regroupe ses rendez-vous sur Paris et les enchaîne à un rythme soutenu, toujours avec le même souci de persuader son auditoire. Comme à la conférence où elle est intervenue lors de l’Université de la terre à l’Unesco, dont elle est porte-parole pour les océans, qui avait pour thème de bâtir une société nouvelle en agissant pour la nature.

Également vice-présidente du Conservatoire du littoral, toutes les fonctions qu’elle cumule vont dans la même direction, cela lui semble très important d’avoir cette cohérence et de ne pas aller là où elle n’est pas légitime. A la manière d’un Nicolas Hulot, on l'a vue sur France 2 l'année dernière dans des documentaires produit par Luc Besson, où elle était partie sur son bateau à la rencontre d’hommes et de femmes qui se consacrent à la mer : « Cela a démontré sur différentes destinations qu’en sauvegardant les océans, on sauvegarde aussi les hommes. »

 

L’Unesco et le CES

Auprès de l’Unesco, Maud Fontenoy contribue dès qu’elle le peut à mettre en avant l’action de la commission océanographique internationale, de cohésion entre les états pour assurer les surveillances des océans, notamment par rapport aux tsunamis : « Cette commission est en train de mettre en place des procédures pour faciliter les évacuations en cas de tsunami, et pouvoir ainsi les conseiller à différentes zones territoriales, comme la Méditerranée par exemple où il existe des risques de séismes donc de tsunamis. » Cette jeune femme déterminée s’implique aussi deux fois par semaine en tant que personnalité qualifiée de la section de l’environnement du Conseil économique et social. Elle travaille actuellement avec ses collègues sur l’analyse et l’identification des actions à mener pour protéger la biodiversité, et sur la sécurité des plates-formes pétrolières.

 

Les enfants au centre de son engagement

En 2008 Maud Fontenoy, qui œuvre déjà dans le cadre associatif depuis une dizaine d’années pour transmettre ses valeurs et sa passion de la mer à la jeune génération, décide de créer sa fondation  en mettant l’accent sur l’éducation : « On ne peut plus être sur un discours culpabilisateur et moralisateur concernant l’écologie. Il faut faire comprendre à tout un chacun que l’harmonie avec la nature est indispensable à notre bien-être. C’est aussi de l’innovation technologique et scientifique en inventant ce que sera demain et en créant de l’emploi. On parle toujours de coût pour préserver l’environnement mais Il faut savoir par exemple, que la pollution des eaux côtières et les maladies qu’elle engendre coûtent 12 milliards de dollars à l’économie mondiale. En plus de cela, la manne océanique représente un capital que l’on est en train de dilapider. »

Dès l’âge de 21 ans, elle s’investit notamment auprès d’enfants malades ou habitant les cités, avec le désir de s’adresser à ceux que l’on vient voir moins souvent. Son message à l’époque est déjà de les amener vers la nature et le dépassement de soi. Message qui prend toute sa dimension quelques années plus tard lors de ses différents exploits sur les océans, en proposant un projet pédagogique qui permet aux jeunes de suivre le parcours de la navigatrice tout en apprenant.

 

Une enfance à part

L’écriture a toujours été un plaisir pour Maud Fontenoy, autant pour faire partager ses aventures que pour défendre une cause. Cela a commencé très tôt avec les rédactions qu’elle envoyait durant sa scolarité entièrement suivie par correspondance. Son enfance est loin d’être banale, la petite Maud a tout juste une semaine que ses parents l’embarquent sur le bateau familial avec ses deux frères, où elle va vivre jusqu’à l’âge de 15 ans en naviguant à travers le monde. Elle en garde un souvenir paradisiaque : « On était en plein cœur de la nature dans une vie simple et sobre, empreinte de liberté et dépossédée des habitudes de la consommation courante. Cela m’a donné des vraies valeurs. Mes parents m’ont appris qu’il était important d’aller au bout de ses rêves, de ne pas trop s’écouter, de batailler, d’être digne et de donner du sens à ce que l’on fait. » Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a mis ces préceptes en application.

Elle vit quand même l’expérience de la vraie école, à l’occasion de son année de terminale qu’elle passe en internat. Après avoir décroché son Bac, elle enchaîne avec deux années de droit avec l’envie d’être avocat ou juge pour enfant : « Je voulais combattre les inégalités, l’injustice, donner de la voix à ceux qui n’en ont pas, mais au bout de deux ans, je me suis rendu compte que les bancs de la fac étaient trop stables pour moi et que j’avais besoin d’autre chose. »

 

Impossible n’est pas Maud

Bien évidemment la mer lui manque, elle fait l’école des Glénans, continue à naviguer avec sa famille, et en parlant avec Gérard d’Aboville, le maître en la matière, se dit que traverser l’Atlantique à la rame pour une femme serait un défi intéressant. Ce n’est pas la seule motivation qui la décide, elle aime la simplicité de l’embarcation, un bateau à rames très proche de l’eau. Il y a aussi le goût de l’effort, qui est une caractéristique importante de sa personnalité, et la volonté : « C’est sûr qu’il faut des bras, des jambes, des mains, mais c’est votre tête qui vous fait tenir. Deux hommes qui étaient des armoires à glace ont tenté la même année cette traversée, et ils ont tous deux abandonné. Ce ne sont pas les gros bras qui font tenir, la difficulté est de vivre sur ce truc minuscule dans le noir et dans les vagues. »

Ce bouillonnement, cette énergie vitale incroyable, ce besoin de vouloir sans cesse se dépasser que possède Maud Fontenoy, vont la pousser à réussir la traversée de l’Atlantique à la rame en 2003, et deux ans plus tard, celle du Pacifique.

 

Une double victoire

C’est probablement cette force qui l’aide à surpasser l’épreuve d’un cancer du col de l’utérus qu’on lui annonce quelques jours avant le départ de son 3ème défi. Après ses deux exploits à la rame, elle revient à ses premiers amours en tentant un tour du monde à la voile en solitaire à contre-courant, ce qui est évidemment beaucoup plus dur. Comme il est hors de question d’abandonner ce projet qu’elle prépare depuis deux ans, elle se fait opérer en urgence et part avec l’angoisse d’avoir une hémorragie interne et l’inquiétude de savoir si elle pourra avoir un enfant un jour : « Le fait que toute mon énergie vitale était concentrée à réussir ce défi en mer, m’a peut-être aidée à combattre aussi la maladie. » Partie de l’île de la Réunion le 15 octobre 2006, elle boucle son tour du monde 5 mois plus tard après avoir démâté et réparé son bateau durant 4 jours à la limite de ses forces. Une fois de plus, elle est la première femme à réaliser un tel exploit.

Si elle reconnaît que la solitude est très difficile à vivre intellectuellement face aux difficultés sur le bateau, elle n’a jamais envisagé de relever autrement ses défis : « C’est un combat personnel, il faut se renforcer soi-même pour pouvoir ensuite aider les autres. »

 

Une page est tournée

Ces exploits appartiennent au passé de Maud Fontenoy, aujourd’hui à 34 ans elle veut continuer à relever d’autres défis, ceux de son engagement à travers sa fondation et ses différentes responsabilités. Ce n’est pas pour autant qu’elle arrêtera de naviguer, elle a d’ailleurs il y a trois ans traverser l’Atlantique sur son voilier avec son garçon de 7 mois. Lorsqu’on lui évoque la peur, elle explique que curieusement c’est plutôt un atout : « La peur est une des premières questions qui vient en tête devant un défi. On croit qu’elle est paralysante mais en fait elle vous permet d’être plus rigoureuse, disciplinée, préparée, on la range dans un petit coin pour bien faire attention à tout. »

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 15:25

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On ne connaît qu’assez peu le romancier américain de 81 ans, E.L. Doctorow, et pourtant nombre de ses écrits, traduits en 30 langues pour certains, ont été adaptés au cinéma comme le superbe Ragtime par Milos Forman. Dans son dernier roman, il s’inspire d’une histoire vraie en rallongeant la durée de vie des protagonistes, afin de pouvoir traverser l’Histoire du XXe siècle américain et en souligner les dysfonctionnements. Par sa belle écriture imagée, l’auteur nous raconte avec émotion, drôlerie et noirceur, la vie de deux frères marginaux liés par un indéfectible amour fraternel, qui aura raison des nombreux obstacles et malheurs qu’ils rencontreront. Devenu aveugle peu avant d’avoir 20 ans, le frère cadet est le narrateur de ce récit qu’il démarre en relatant son adaptation à la cécité. Rapidement, il replonge au cœur de l’enfance des deux frères dans la grande maison bourgeoise familiale. Premiers émois amoureux, camps de vacances, vie insouciante, puis départ à la guerre du grand frère, décès des parents, et au retour de l’ainé qui a été gazé dans les tranchées de 14-18, la vie des deux frères bascule dans une autre dimension. Ce roman à la fois lumineux, burlesque et empreint d’une touche de mélancolie, bien que centré sur les deux frères, voit défiler une galerie de personnages très bien croqués.

 

 Homer & Langley – Un roman de E.L. Doctorow – Actes Sud – 229 pages – 22 €. 

 

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