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Au cœur du mensonge

Publié le par michelmonsay

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Elle est sans conteste l’un de nos plus grands écrivains, lauréate du Prix Goncourt pour « Trois femmes puissantes » qui a connu également un énorme succès auprès du public, lauréate aussi du Prix Femina pour « Rosie Carpe », Marie NDiaye est en plus la seule femme vivante à avoir une de ses pièces de théâtre, « Papa doit manger », au répertoire de la Comédie Française. A 45 ans, elle sort un 21ème écrit qui est son 10ème roman, où l’on retrouve toute l’étendue de son talent. À la fois dans la qualité de l’écriture, raffinée, avec des phrases d’une impressionnante beauté, mais aussi dans son style où se mêle judicieusement réalisme, romanesque, poésie et une touche de fantastique. Enfin, dans sa construction narrative toute en fluidité, parsemée de ruptures et reposant sur un rythme envoûtant. Même si trois femmes sont également au centre de son nouveau roman, à l’inverse du précédent, elles se montrent plutôt impuissantes, notamment dans la capacité à être heureuse. Cette dérangeante histoire de famille ausculte à la perfection les dégâts provoqués par le mensonge, en naviguant entre honte, culpabilité, rapports ambivalents, poids des origines, difficiles filiations, incapacité à bien connaître et comprendre l’autre. Une fois par mois, une femme retrouve son identité originelle en allant rendre visite en cachette à sa mère, qui ne connaît rien de l’autre identité de sa fille ni de la vie qu’elle mène avec son mari et leur enfant. Cette entente tacite entre les deux femmes repose sur un amour inconditionnel de la mère pour sa fille, qui de son côté aime sa mère mais a honte depuis son enfance de ce qu’elle est, une femme de ménage noire sans considération d’autrui, alors qu’elle, a la peau claire de son père absent depuis toujours. Sur cette base pour le moins troublante, la romancière élabore un douloureux portrait de famille éblouissant de maîtrise, à travers trois générations de femmes tiraillées entre amour, cruauté, faux-semblants et culpabilité.

 

 Ladivine – Un roman de Marie NDiaye – Gallimard – 403 pages – 21,50 €.

 

Publié dans Livres

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Scène cocasse

Publié le par michelmonsay

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Émetteur servant à l'étude des saumons migrateurs

Publié le par michelmonsay

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Un pays sous anesthésie

Publié le par michelmonsay

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Il n’est plus besoin de présenter Marco Bellocchio, qui à 73 ans est l’un des plus grands cinéastes italiens, un de ceux qui a su le mieux ausculter les dérives passées et présentes de son pays, à travers des films au souffle puissant et à la qualité cinématographique souvent impressionnante. Dans son dernier, il mélange une nouvelle fois admirablement le romanesque au constat politique, en abordant avec une justesse implacable les thèmes de l’euthanasie, du suicide, de la compromission, des principes moraux, de la foi, et de l’amour filial mais aussi de celui qui est charnel. En nous racontant plusieurs histoires qui se déroulent simultanément, le réalisateur densifie son propos sans jamais le rendre confus en passant de l’une à l’autre avec une fluidité très naturelle. La caméra de Bellocchio filme superbement les visages, leur intensité, il y a tout au long du film des plans d’une grande beauté et d’une force émotionnelle qui se trouvent renforcés par l’interprétation de tous les comédiens. En février 2009, l’Italie se déchire à propos du sort d’une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans, et dont le père vient d’obtenir de la justice de pouvoir débrancher l’alimentation artificielle. Autour des événements de cette histoire vraie, le cinéaste va suivre durant six jours des personnages touchés plus ou moins directement par ce drame, et qui vivent en même temps des moments décisifs de leurs existences. Avec sensibilité et clairvoyance, Bellocchio nous offre une œuvre passionnante qui donne à réfléchir et rappelle le pouvoir que le cinéma peut avoir lorsqu’il est si bien pensé.

 

 

 La belle endormie – Un film de Marco Bellocchio avec Toni Servillo, Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher, Maya Sansa, …

 

Publié dans Films

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Ambiance nocturne en Turquie

Publié le par michelmonsay

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Beauté architecturale du Palais du grand maître à Rhodes

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Pour entretenir ses méninges

Publié le par michelmonsay

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D'un autre temps

Publié le par michelmonsay

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« Il faut parler aux jeunes de la malbouffe, de la qualité des produits, de la valeur de la terre »

Publié le par michelmonsay

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Passionné d’information et d’économie, Jean-Christophe Tortora est devenu patron de presse à 22 ans dans son Sud-ouest natal. Après plusieurs succès régionaux, il a repris La Tribune début 2012, qui est d’ores et déjà la 2ème marque économique en France. A 36 ans, s’il est ambitieux ce petit-fils de maraîchers a su garder les pieds sur terre, en faisant le choix de mêler la modernité du numérique avec son attachement aux territoires.

 

Quelle image avez-vous du monde agricole ?

Jean-Christophe Tortora – Malgré la mondialisation et ses contraintes, les nouveaux critères liés à l’Europe ou à l’organisation mondiale du commerce, le monde agricole a su se moderniser et évoluer dans un environnement pas toujours favorable. Pourtant, il y a un manque de reconnaissance de la part des français mais aussi des médias, d’un secteur qui est un atout pour notre pays et qui le sera encore demain avec une production propre et de qualité. Si en termes d’innovation, on est peut-être plus attiré par ce que l’on va envoyer à des milliers de kilomètres dans le ciel, c’est oublier l’importance des capacités agricoles dans les enjeux de nutrition et de traçabilité des aliments. Il est à constater qu’au fil des années, c’est un monde qui a perdu de sa puissance, mais grâce aux réponses qu’il peut apporter aux problématiques d’avenir, il est possible que le monde agricole revienne en force, c’est en tout cas ce que je lui souhaite.

 

Comment est considéré le monde agricole dans votre secteur d’activité ?

J.-C. T. – Parler du monde agricole n’est pas un réflexe de la part des acteurs de la finance et de la politique à Paris, l’enjeu est assez dilué. Par contre dès que je vais à Bordeaux, Toulouse ou autre ville en région, les responsables politiques sont très conscients du poids économique de l’agriculture et de son importance dans la vie locale. C’est regrettable d’observer cette France à deux vitesses et deux visions, qui d’ailleurs n’existe pas uniquement dans la perception du monde agricole, mais pour moi qui suis un ardent défenseur de l’économie réelle, l’agriculture qui en est un élément essentiel doit être protégée et développée.

 

Que proposeriez-vous pour un meilleur dialogue entre urbains et agriculteurs ?

J.-C. T. – Déjà dans les écoles, on devrait inculquer aux plus jeunes l’importance du secteur agricole, parler de la malbouffe, de la qualité des produits, de la valeur de la terre. Les parents ont également un rôle éducatif à jouer dans ce sens. Pour ma part, j’ai eu la chance de grandir dans une famille avec des grands-parents maraîchers, on m’a donc transmis ce savoir-là. Il semblerait qu’il y ait une prise de conscience collective autour du bien-manger, il faut l’amplifier avec des initiatives comme celle de la région Midi-Pyrénées, qui a créé il y a 10 ans à Toulouse le salon de la qualité alimentaire, SISQA, qui chaque année est un énorme succès. Il faudrait démultiplier le concept partout en France pour recréer du lien entre le monde rural et le monde urbain. Cela permettrait de se rendre compte qu’il ne faut pas les opposer mais qu’au contraire ils ont besoin l’un de l’autre.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre actualité ?

J.-C. T. – Après avoir fait une école de journalisme et une école de commerce à Toulouse, j’ai créé plusieurs titres régionaux sur le terrain de l’économie en devenant patron de presse à 22 ans. Lorsque j’ai repris La Tribune il y a un an, j’ai souhaité être le premier à passer d’un quotidien papier à un quotidien numérique. La presse étant une industrie qui va mal, il fallait être dans un choix de rupture, nous avons décidé de proposer un quotidien en ligne chaque soir à 21h30 à tous nos abonnés, avec en plus un hebdomadaire papier le vendredi. Je voulais aussi une Tribune très proche de l’économie réelle et des territoires, nous avons implanté 10 bureaux en région. Nous sommes le seul média économique à avoir non pas des correspondants mais des salariés dans les dix plus grandes villes françaises. Cela contribue à rééquilibrer cette aberration : 5 à 6 % du contenu des médias économiques parlent des régions alors que 70 % du PIB est réalisé en dehors de l’Île de France. Nous souhaitons aussi ouvrir notre site à tous les acteurs économiques qui veulent prendre la parole, afin que le débat démarre sur La Tribune, à l’image du mouvement des Pigeons il y a quelques mois.

 

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« C’est avec les agriculteurs que l’on pourra changer les choses, et non pas contre eux »

Publié le par michelmonsay

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Photo de Jean Frémiot

 

En ayant fait le choix de rester fidèle à sa campagne berrichonne, Jean Frémiot fait partie de ces rares artistes ruraux qui n’ont pas répondu aux attraits de la grande ville. A tout juste 42 ans, ce photographe poursuit une réflexion esthétique et philosophique autour de la place de l’humain dans notre société, notamment à travers la transformation des paysages.

 

Quelle image avez-vous du monde agricole ?

Jean Frémiot – A la fois une image optimiste : comme les agriculteurs ont pu au lendemain de la guerre, engager la révolution verte, je crois qu’avec un maximum de pédagogie, ils vont pouvoir réajuster leur méthode de culture et d’élevage en fonction des nouvelles exigences environnementales. Mais aussi une image négative en partie due à ce qui est arrivé à mes enfants : J’habite dans une zone arboricole, et mes deux fils ont été chacun à leur manière intoxiqués par des produits phytosanitaires. Celui qui a sept ans, a subi trois opérations lourdes à cause d’une intoxication alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère, et celui qui a dix ans, a un retard mental qui est probablement dû aux pesticides. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rejeter la faute uniquement sur les agriculteurs comme étant des pollueurs, ils sont d’ailleurs les premières victimes de ces produits. Encore une fois, il faut énormément de pédagogie et c’est avec les agriculteurs que l’on pourra changer les choses, et non pas contre eux.

 

Comment est considéré le monde agricole dans votre secteur d’activité ?

J.F. – Les artistes voient le monde agricole de loin en étant un peu enfermés dans leur problématique esthétique et intellectuelle, sans avoir un regard vraiment concerné et critique sur l’agriculture. Ils sont souvent citadins et rares sont ceux installés dans la ruralité. De fait ils ont encore l’image d’Epinal d’une paysannerie d’un autre siècle avec une nature sauvage, alors qu’il s’agit aujourd’hui d’une industrie avec une nature domestiquée, entretenue et travaillée par la main de l’homme. Leur regard est rempli d’incompétence, et il n’y a pas beaucoup de ponts entre la culture et l’agriculture. Je le déplore, la problématique agricole étant fondamentale.

 

Que proposeriez-vous pour un meilleur dialogue entre urbains et agriculteurs ?

J.F. – On ne peut pas demander aux agriculteurs qui sont toute l’année dans leurs champs ou au cul des bêtes, de penser des ponts entre monde urbain et monde rural, c’est le rôle des intellectuels. Les artistes, écrivains, journalistes qui vivent dans la ruralité et ont ainsi des liens avec les paysans, ont le devoir de construire ces ponts en étant, comme je le suis, militant associatif ou animateur d’événements culturels en milieu rural, dans le but de faire de la pédagogie sur les territoires.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre actualité ?

J.F. – Après avoir fait le conservatoire pour devenir musicien de jazz, du jour où j’ai eu un appareil photo entre les mains j’ai revendu mon saxophone, suis entré aux Beaux-arts à Bourges et depuis j’ai toujours un appareil photo avec moi. Aujourd’hui, mon travail est exposé dans des galeries ou festivals, comme récemment à Montpellier, ou prochainement à la galerie Maubert à Paris en mai, et surtout à Ainay Le Vieil près de Saint-Amand-Montrond en septembre. Cette exposition importante pour moi sera articulée autour de mon cheminement ces cinq dernières années, d’une réflexion sur le paysage et ses transformations à une autre sur le paysage animal, où j’utilise le matériau premier que sont les vaches comme élément du paysage. Mon fil conducteur sur 20 ans de travail, au-delà du souci esthétique, tourne autour de l’humain, dans ce qu’il fait de la société. Si je m’attache autant aux paysages, ce n’est pas uniquement pour leur beauté mais aussi parce qu’ils sont façonnés par l’homme dans un but économique, celui de nourrir l’humanité. Mon travail vise à émouvoir le spectateur, le bousculer et le faire réfléchir sur sa place au monde.

 

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