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Émouvants apôtres de la Renaissance espagnole

Publié le par michelmonsay

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Interview du Maire de Paris

Publié le par michelmonsay

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Après avoir été député de Paris puis sénateur, Bertrand Delanoë est depuis 2001 maire de la capitale, dont il a amélioré la qualité de vie et l’attractivité par des mesures courageuses qui n’ont pas entamé sa popularité. A près de 63 ans, alors qu’il a décidé de ne pas se représenter aux municipales de 2014, il nous parle de ces 12 années qui ont transformé Paris et de ce qu’il reste à faire, mais aussi de quelques sujets d’actualité.

 

Quel bilan tirez-vous de vos deux mandats et quelles sont les actions dont vous êtes le plus fier ?

Bertrand Delanoë : Être Maire de Paris est à la fois passionnant et exigeant. Pendant ces douze années au service des Parisiens, j’ai pu participer aux transformations d’une ville que j’aime et qui est entrée de plein pied dans le XXIe siècle. C'est de ce mouvement retrouvé de Paris dont je suis le plus fier. En premier lieu je pense au progrès qui a précédé et conditionné tous les autres : l'assainissement de la vie politique dans la capitale. C'est ensuite l'importance de ce que nous avons réalisé en termes de logement qui me vient à l'esprit. Les 70 000 logements sociaux que nous avons financés et les 30.000 logements intermédiaires que nous avons attribués, ont participé à préserver et entretenir de la diversité sociologique à Paris. Je n'oublie pas bien sûr la promotion d'un art de bien vivre en ville, dont les 70.000 mètres carrés d'espaces verts, la restitution des berges aux Parisiens et aux amoureux de Paris, vélib', autolib' sont des exemples emblématiques. C’est à ce mouvement retrouvé que Paris doit sa vitalité démographique : selon l’INSEE, notre ville a gagné plus de 110.000 habitants entre 2002 et 2012 ce qui représente 15.000 familles en plus, après avoir perdu le quart de sa population pendant quatre décennies ! Pour résumer, je dirai que je suis fier d'avoir fait progresser dans le même temps l'attractivité et la solidarité d'une capitale dont la vocation passe par le dynamisme et la générosité.

 

Dans la continuité de votre action pour diminuer le nombre de voitures, faut-il rendre le centre de Paris payant ou limiter les diesels ?

B.D. - J'ai toujours considéré qu'il serait injuste de rendre le centre de Paris payant parce que cette mesure pèserait sur les Parisiens et les Franciliens les plus modestes. Nous avons opté depuis 2001 pour un meilleur partage de l'espace public entre tous ceux qui l'utilisent : voitures, piétons et cyclistes. Cela passe par le développement des transports les plus doux et les moins polluants comme vélib' et autolib', mais également par un soutien très fort aux transports en commun. Tous ces efforts ont porté leurs fruits. La pollution de l’air a considérablement baissé à Paris, comme en attestent la disparition de plusieurs polluants particulièrement néfastes comme le soufre et le plomb, la forte diminution des oxydes et dioxydes d'azote, et la baisse de 9% des gaz à effet de serre. J'ajoute que contrairement aux idées reçues, ce qui a été gagné en partage de l’espace public et en qualité de l’air n’a pas été perdu en fluidité. Alors qu’entre 2001 et 2010 le nombre de voitures circulant à Paris a diminué de 25%, la vitesse de circulation est restée stable autour de 16 km/h. Qu’on prenne sa voiture, qu’on marche, qu’on utilise les transports en commun ou qu’on fasse du vélo, on circule donc aujourd’hui à Paris dans des conditions normales pour une grande métropole. Ces bons résultats ne nous dispensent pas de poursuivre la lutte contre la pollution. La problématique des particules fines, qui est une conséquence de la diésélisation du parc automobile français depuis dix ans, nous impose de trouver de nouvelles solutions. C'est ce que nous faisons avec pragmatisme mais détermination, en répondant à un seul impératif : celui de la santé des Parisiens et des Franciliens.

 

Que pourriez-vous faire pour que les prix des loyers à Paris redeviennent abordables ?

B.D. - Depuis 12 ans nous agissons pour diversifier le logement parisien. Mais comme je l’ai dit grâce à son dynamisme, son rayonnement, sa générosité, Paris attire. C'est la raison principale pour laquelle le nombre de demandeurs de logement a considérablement augmenté, passant de 100 000 à 135 000 entre 2001 et 2013, 30% d'entre eux n’habitant pas encore Paris ! J’ai milité très tôt pour l’encadrement des loyers dans le parc privé. Cette mesure d'intérêt général rejetée par Nicolas Sarkozy pendant cinq ans a  fait l’objet d’un décret en août 2012. Elle devrait être transcrite dans la loi en juin prochain. Elle était nécessaire mais ne sera sans doute pas suffisante pour endiguer la hausse des prix du marché. Il reviendra au prochain maire de Paris d'amplifier ce qui a été fait pendant 13 ans et d'inventer de nouvelles solutions.

 

Quels sont les atouts de Paris par rapport à d’autres grandes villes ?

B.D. – Avec sa qualité de vie, son engagement pour le développement durable, ses 600 entreprises créées chaque semaine, ses nombreux équipements de proximité, son statut de capitale européenne de l'innovation, son taux de chômage très inférieur à la moyenne nationale, sa fiscalité raisonnable, Paris figure dans le peloton de tête de tous les grands classements internationaux. Ce qui est difficile à Paris, c’est de trouver des espaces où construire. Lorsque le Maire de Berlin me dit qu’il envie la santé financière de Paris et son attractivité, je lui réponds que j’envie l’abondance de terrains disponibles dans sa ville !

 

Quelle est votre position sur le travail le dimanche et sur les rythmes scolaires ?

B.D. - Je crois qu’il est important que le citoyen dispose d’au moins une journée par semaine pour se recentrer sur l’essentiel en dehors de toute contrainte. Par ailleurs, la consultation des riverains et l’accord entre les entreprises et les syndicats doivent être des préalables à toute extension du travail dominical. Dans tous les cas, le travail le dimanche doit être rigoureusement encadré et constituer non la règle mais l’exception. Pour ce qui est de la réforme des rythmes scolaires, je suis heureux qu’elle ait été adoptée par le conseil de Paris, car elle constitue un réel progrès pour les petits Parisiens et pour l’école. La Ville met tout en œuvre pour que cette rentrée 2013 soit une belle réussite. 

 

N’est-ce pas un risque de changement de majorité et de vote sanction contre le gouvernement  de ne pas vous représenter aux municipales malgré votre popularité ?

B.D. - Je crois que les Parisiens sont contents d’avoir vu Paris changer ces douze dernières années, et qu’ils comprennent ma décision de ne pas cumuler les mandats dans le temps. En 2014, ils devront vraisemblablement faire le choix entre une candidate qui veut servir Paris et une autre qui veut s’en servir pour sa carrière. Dans ce contexte et avec l'exigence démocratique qui les caractérise, je crois qu'ils voteront pour élire un maire et non sanctionner un gouvernement.

 

Comment expliquez-vous le mécontentement des français à l’égard du Président, et dans ce contexte difficile était-ce le bon moment pour légiférer le mariage pour tous ?

Depuis 2008, la France est plongée dans une crise d’une extrême gravité. Il est normal que les Français s’impatientent et ce d’autant plus que l’élection de François Hollande a soulevé beaucoup d’espérance. Mais le changement pour lequel ils se sont prononcés ne peut s’inscrire que dans la durée. Dans ce contexte le gouvernement n'a qu'un chemin à emprunter : celui de l'unité, de l'humilité et du sérieux. En ce qui concerne le mariage pour tous, je suis heureux et fier d’appartenir à une famille politique qui a eu le courage de mener à son terme un progrès si fondamental. Et je ne vois pas en quoi les progrès sociétaux seraient contradictoires avec la lutte contre le chômage !

 

Pourquoi êtes-vous impliqué dans la journée de sensibilisation du 23 juin autour de l’élevage, organisée par la FNSEA à Paris ?

B.D. - La capitale sait tout ce qu’elle doit au monde agricole. Je soutiens donc totalement la démarche de la FNSEA pour promouvoir un élevage de qualité. C’est dans cet esprit que j’ai soutenu l’organisation de la Nuit verte en avril 2012 ainsi que celle du barbecue géant sur le parvis de l’Hôtel de Ville en avril dernier. Un des objectifs du Plan Climat adopté par la municipalité en 2007 est d’augmenter progressivement la part d’agriculture biologique dans la restauration collective. L’expérience d’éco-pâturage menée en avril dernier dans le XIXe arrondissement avec quatre brebis de la Ferme de Paris laisse entrevoir des rapports nouveaux entre Paris et l’élevage. J’ai bon espoir que les éleveurs puissent trouver des solutions avec le gouvernement pour faire face à l’augmentation permanente du prix des matières premières. Paris est au côté des éleveurs dans leur combat pour que vive leur beau métier.

 

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La tendresse de Raymond Depardon

Publié le par michelmonsay

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Quand l’art de Benjamin Biolay fait éclore une nouvelle Vanessa

Publié le par michelmonsay

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Dès les premières paroles de son 6ème album, on est stupéfait par la dimension que Vanessa Paradis est en train de prendre avec cette collection de nouvelles chansons. Incontestablement son meilleur disque, sans rien enlever pour autant à ces précédents mentors et compositeurs qu’ont été Serge Gainsbourg, Lenny Kravitz et Mathieu Chédid. La chanteuse trouve à 40 ans un merveilleux écrin pour exprimer les différentes facettes de sa sensibilité avec une voix plus grave et émouvante. Projetée sur le devant de la scène dès l’âge de 14 ans, même si elle a essuyé des critiques notamment au début, Vanessa a su merveilleusement gérer sa carrière en s’attirant toujours de sacrées pointures musicales qui se sentaient inspirées par sa personnalité attachante, et parallèlement en ayant un public sans cesse croissant. Elle franchit aujourd’hui une nouvelle étape qui la consacre définitivement comme une artiste interprète de grande qualité. Le responsable de cette formidable réussite n’est autre que l’un des tous meilleurs auteurs-compositeurs actuels, Benjamin Biolay, qui a signé 7 des 20 titres de l’album qu’il a également réalisé et arrangé admirablement. En plus de lui apporter son univers musical d’une grande richesse où les cordes croisent toujours avec bonheur des instruments plus électriques, mais aussi des textes très bien sentis aux paroles ciselées et poétiques, on sent que Benjamin Biolay a également orienté son interprète dans sa manière de chanter, et il est clair que la voix de Vanessa n’a jamais été aussi belle. Plusieurs artistes talentueux ont écrit les autres morceaux de l’album, notamment Mathieu Boogaerts et l’anglais Carl Barât qui chante un superbe duo avec Vanessa. Ces 20 chansons d’amour qui naviguent d’une pop élégante à des ballades nostalgiques très touchantes en passant par quelques surprises chaloupées, seront assurément l’une des plus belles surprises de l’année à l’heure des bilans.

 

 Vanessa Paradis – Love songs – Barclay – 2 CD : 17,99 €.

 

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Un réalisme captivant sans l’habituel politiquement correct américain

Publié le par michelmonsay

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Dans le domaine du thriller et du film de guerre, Kathryn Bigelow réalisatrice américaine de 61 ans, est une référence incontournable. Ses films d’une rare efficacité, particulièrement celui-ci, sans nous ensevelir sous une avalanche d’images survoltées, sont d’une maîtrise dans la construction, les partis pris de mise en scène, et d’une sobriété dans l’approche psychologique et factuelle des événements, dont ses collègues quasiment tous masculins d’Hollywood feraient bien de s’inspirer. S’attaquer à la guerre contre le terrorisme que livrent les Etats-Unis depuis une dizaine d’années, aurait pu donner un film de plus arborant un patriotisme à peine camouflé, mais grâce au talent de la cinéaste, au travail très documenté pour être au plus près de la vérité, à l’absence de manichéisme, nous avons une œuvre choc qui restera l’une des toutes meilleures en la matière. L’interprétation sans artifice des comédiens, notamment Jessica Chastain toute en retenue et totalement habitée par la détermination de son personnage, participe à la tension permanente qui règne tout au long de ce film déboussolant, aux si nombreuses qualités. Cela démarre avec un écran noir et juste le son de bribes de conversation angoissées provenant des avions et des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001. Deux ans plus tard, quelque part au Pakistan des agents de la CIA qui ont capturé un djihadiste d’Al-Qaïda, pratiquent sur lui la torture pour obtenir des informations sur d’autres membres du réseau et sur les attentats à venir. Sans complaisance ni héros, la réalisatrice nous entraîne dans cette traque du mal avec une méticulosité de documentariste, tout en utilisant à bon escient les avantages de la fiction, du grand art.

 

 Zero dark thirty – Un film de Kathryn Bigelow avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Kyle Chandler, … - Universal – 1 DVD : 15,99 €.        

 

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Dîner aux chandelles

Publié le par michelmonsay

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Les bottes oui, le parapluie ... faut pas exagérer !

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Thriller surnaturel terriblement efficace

Publié le par michelmonsay

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Pour son premier long-métrage, le réalisateur espagnol d’origine argentine, Andy Muschietti, vient de faire l’unanimité au festival international du film fantastique, non plus d’Avoriaz mais de Gérardmer depuis 1994, où il a remporté le Grand Prix. Auteur de nombreuses publicités et courts-métrages remarqués, il a attiré l’attention de Guillermo Del Toro, l’une des plus belles références dans le domaine du fantastique, qui l’a pris sous sa coupe pour l’aider à élaborer ce film. Dès les premières images, nous sommes confrontés à un remarquable sens de la dramaturgie et du suspense, qui ne se démentira pas jusqu’au générique de fin. Le réalisateur manie à la perfection l’art de nous faire peur sans déployer toutes les ficelles récurrentes du genre, mais plutôt en suggérant et en montrant avec parcimonie la nature du danger. Tout contribue à ce que nous soyons totalement pris par ce thriller terrifiant, les cadrages, les mouvements de caméra, la lumière, les décors, et les comédiens qui ont su trouver la bonne mesure, à l’image de la talentueuse Jessica Chastain. Nous sommes en 2008 lorsque la crise financière commence à faire de gros dégâts. Le film démarre sur le visage apeuré d’une petite fille qui entend un coup de feu puis des pas lourds qui se dirigent vers sa chambre. Il s’agit de son père. Cet homme qui travaille à Wall-Street, est dans un état désemparé et frénétique. Il vient de tuer sa femme et s’apprête à emmener ses deux filles en voiture à vive allure sur des routes de campagne verglacées. Il perd le contrôle du véhicule et finit dans le fossé. Les voilà tous les trois dans le froid de la nuit au milieu d’une forêt. Après avoir un peu marché, ils tombent sur une maison abandonnée. Comme les enfants avec les contes, nous aimons avoir peur au cinéma, surtout lorsque l’histoire et sa mise en images ont du sens. Avec ce film, traversé paradoxalement d’humanité, nous goûtons comme rarement aux frissons de l’angoisse.

 

 Mama – Un film d’Andy Muschietti avec Jessica Chastain, Nicolaj Coster-Waldau, …

 

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De sa voix grave et chaleureuse …

Publié le par michelmonsay

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En ayant la meilleure audience du paysage radiophonique à 12h30 avec « Carnets de campagne » sur France Inter, Philippe Bertrand, ce bavard discret mais enthousiaste, passionné de culture et de ruralité, tend son micro aux porteurs d’initiatives locales qui font bouger la France. Que ce soit dans cette émission ou dans les précédentes qu’il a animées sur la même radio depuis 1996, il a toujours privilégié une parole authentique sur le ton de la connivence avec une indéfectible bienveillance.

 

Cela fait près de 7 ans que Philippe Bertrand présente « Carnets de campagne » tous les jours de la semaine à 12h30 sur France Inter, où après une introduction sur la région dont ses interlocuteurs sont issus, il donne la parole durant un quart d’heure à des personnes ayant des initiatives locales qui dynamisent la ruralité et les territoires périurbains. Le principe pour les trouver est de demander aux auditeurs de lui envoyer des informations sur des actions sociales, culturelles ou économiques, dont ils seraient témoins. Avec sa petite équipe, pour éviter la lassitude après plusieurs années, ils sont devenus plus exigeants sur le contenu et sont portés par un vent de colère devant des situations inacceptables : « Nous aimons mettre en avant par exemple les mouvements coopératifs, lorsque des salariés reprennent une entreprise pour la sauver, ou les solutions alternatives pour faire face à la déprise agricole. Ma motivation est toujours aussi forte notamment quand je vois ma région, le Nord de la Côte d’or, qui est aujourd’hui désœuvrée. Les exemples que l’on glane et valorise sont autant de respirations pour moi, et je me dis à chaque fois qu’il existe des solutions. » Deux raisons le confortent dans le bien-fondé de son émission, l’importance croissante de l’économie sociale et solidaire qu’il valorise depuis le début, et l’exode urbain que tous les observateurs s’accordent à reconnaître.

 

Une belle réussite

Avec 1 300 000 auditeurs en moyenne, il peut se targuer d’avoir la meilleure écoute de ce créneau horaire devant toutes les stations. Philippe Bertrand aime l’interactivité de la radio, et l’idée de solliciter les auditeurs pour recueillir des initiatives porteuses d’espoir a été un succès dès la première année avec 8000 propositions reçues, qui s’est confirmé depuis. D’autant que mettre en avant les gens qui font bouger la France, pour reprendre le titre de son livre, s’est avéré gratifiant pour l’animateur, qui reçoit régulièrement du courrier témoignant des conséquences positives en termes de création d’emplois ou de commandes fermes, pour de nombreux projets après le passage à l’antenne. « Ma vocation, dit-il, est de mettre en relation mes contemporains avec bienveillance, de transmettre et d’échanger, j’ai toujours été curieux. Les auditeurs apprécient ma proximité et le fait que je sois à contrecourant de l’information quotidienne. »

En plus de « Carnets de campagne » qui devrait entamer une 8ème saison à la rentrée, il anime chaque été au mois d’août une émission hebdomadaire. Cette année, ce sera une invitation à l’émerveillement que provoque la nature.

 

Aventure télévisuelle peu épanouissante

De son expérience à la télé sur France 3 de 1998 à 2001, Philippe Bertrand en garde un souvenir mitigé : « La télé est un outil de création fabuleux mais il y a une sorte de théâtralisation des propos où l’on perd le caractère authentique des choses, et aussi cette sempiternelle loi d’audience au jour le jour qui est infernale. En plus, à part quelques exceptions, la télé est une machine à mouliner le vide et vu l’argent que cela coûte, cela devrait être interdit. Le service public audiovisuel doit avoir des comptes à rendre à son Ministère de tutelle et au public quant à la cohérence de sa programmation. » Il a néanmoins présenté une émission de débat d’une heure en direct tous les 15 jours sur une péniche, « Tapage »,  où à la manière de « Droit de réponse » de Michel Polac, cela partait dans tous les sens. Puis surtout, un magazine littéraire durant deux ans intitulé « Texto », où les livres étaient présentés différemment, avec des comédiens et des auteurs filmés dans des lieux en rapport avec l’ambiance du roman en question.

 

France Inter comme une évidence

« Tapage » a été un peu inspiré de sa première émission sur France Inter en 1996, « Zinzin », débat loufoque, inédit, surprenant et interactif entre deux invités et les auditeurs, qu’il a animé avec succès pendant 3 ans, avant d’enchainer avec un magazine culturel « Trafic d’influences ». Ensuite avec « Dépaysage », il partait à la découverte de pays par la littérature et des récits de voyages, et dans « Quand j’serai grand » l’animateur interrogeait des personnalités sur leur parcours et leur vocation. Cette fidélité à France Inter et au service public est naturelle pour lui, qui dès son adolescence écoutait déjà les différentes stations de Radio-France, et a choisi d’y faire carrière : « C’est un secteur non-marchand au contraire des autres radios, « Les grosses têtes » par exemple ne me font pas rire. Ce que j’aime à la radio au contraire de la télé où tout est beaucoup plus apprêté, c’est que l’on parle comme dans la vie, en tout cas dans la plupart des émissions. On ne vous voit pas, mais on sent beaucoup de choses par la voix. » Il est évident que ce support convient parfaitement à cet animateur qui se définit comme étant plutôt réservé, timide et naïf.

 

La ruralité ancrée au plus profond

Très attaché à son village bourguignon de 335 habitants, Aignay-le-Duc, où il adorait faire du vélo entre les bouses de vaches et où il a passé une enfance merveilleuse qui a fondé son amour de la ruralité, Philippe Bertrand envisage d’y revenir, même s’il y a toujours une maison familiale, de manière plus régulière pour éventuellement un engagement local : « Je suis très heureux d’être porteur d’informations positives, de créer des passerelles mais il me manque la concrétisation par moi-même sur le terrain et si possible chez moi, de toutes ces initiatives que je relaie à l’antenne. Localement, l’action politique me semble vraiment intéressante. Ma région aurait besoin d’une prise en main dynamique avec un vrai programme, pour sortir de l’inertie alarmante dans laquelle elle est plongée. »

Fasciné par Paris lorsqu’il n’y habitait pas ou aujourd’hui en prenant du recul, il a beaucoup plus de mal à y vivre au quotidien, se sentant au fond de lui profondément rural même s’il admet ne pas être sûr de pouvoir se passer de la capitale.

 

De la philo à la radio

Largement influencé par son frère de huit ans plus âgé et sa bande d’amis, c’est en étant toujours fourré dans leurs pattes qu’il s’est ouvert précocement à la culture sous toutes ses formes, que l’on retrouvera plus ou moins directement tout au long de son parcours. Il aurait rêvé de faire de la musique, mais la qualité des cours dispensés par son prof de philo en terminale et l’attirance qu’il éprouve à l’époque pour le mouvement des nouveaux philosophes, lui font choisir des études de philosophie qu’il suivra jusqu’au DEA à Dijon, pendant lesquelles il découvre le micro à l’antenne d’une radio associative. Il enseigne ensuite durant 3 ans en remplacement dans des lycées privés, puis postule lors du développement de la radio locale Radio-France Bourgogne à Dijon. Comme beaucoup d’animateurs locaux de l’époque, il apprend le métier sur le tas, et après 3 ans il part pour Radio-France Provence à Aix en Provence où il y restera 8 ans. Au bout de quelques temps, il monte à Paris l’été pour participer à des émissions sur France Inter et à des ateliers de création radiophonique où il se fait remarquer. Puis à l’automne 1996 alors qu’il a 38 ans, on lui propose d’avoir son émission sur l’antenne de France Inter, ce sera « Zinzin » tous les soirs de la semaine à 20h.

 

Une cohérence même hors antenne

Lorsqu’il pose son micro, Philippe Bertrand joue régulièrement du piano pour son plaisir, alimente son blog qui est un complément de son émission « Mes carnets de campagne » et continue de se passionner pour la ruralité en lisant sur le sujet, en ayant des projets locaux ou en participant à des colloques. Idéalement, il aimerait avoir un pied à Paris et un autre dans sa campagne. A 54 ans, son émission le passionne toujours et il n’envisage pas de l’arrêter, même s’il aimerait bien que d’autres médias prennent le relais pour mettre en avant cette France associative et coopérative qui essaie de trouver des solutions. Il a reçu plusieurs propositions de la télé dans ce sens, mais rien de très original. Pour l’avenir, une émission musicale le tenterait bien, et peut-être un jour, même s’il le dit aujourd’hui sur le ton de la boutade, devenir maire de son village.

 

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Renversant !

Publié le par michelmonsay

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