« Tous les pays doivent pouvoir revendiquer leur souveraineté alimentaire »

Publié le par michelmonsay

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Tête de liste aux élections européennes pour Debout la République dans le Grand Ouest, Cécile Bayle de Jessé, qui est présidente de l’association Familles rurales dans la Sarthe, est également candidate à la mairie de Mamers.

 

Quels sont vos projets pour l’Europe ?

Cécile Bayle de Jessé - Il faut remettre l'Europe sur la bonne voie, celle d'une coopération entre Nations pour le développement collectif, et conditionner la libéralisation des échanges de biens, de services et de capitaux à une réelle harmonisation des législations, pour éviter la concurrence déloyale ainsi que les dumpings sociaux ou fiscaux.

 

Que proposez-vous pour une gouvernance efficace et simplifiée, et la relance économique des pays membres ?

C.B.d.J. - Il convient de redonner le pouvoir aux représentants démocratiquement élus des peuples d'Europe : en ramenant le rôle de la Commission à celui d'un secrétariat général subordonné aux décisions du conseil européen ; en associant les parlements nationaux au contrôle des instances européennes ; en limitant la cour de justice à l'arbitrage entre les états membres. Il convient également d'appliquer strictement le principe de subsidiarité, les instances européennes n'ayant compétence que pour les sujets communs.

 

Quelle place pour l’Europe, notamment agricole, dans un monde avec 9 milliards de bouches à nourrir ?

C.B.d.J. - La faim dans le monde n'est pas liée à une production insuffisante, mais à une mauvaise organisation des marchés, souvent dominés par la spéculation. Avant d'être dévoyée par les accords de l'OMC, la PAC a fourni un bon exemple de la voie à suivre puisqu'elle a permis à l'Europe, largement déficitaire dans les années 50, d'accéder à l'autosuffisance alimentaire dans la plupart des domaines. Tous les pays, notamment ceux en développement, doivent pouvoir revendiquer leur souveraineté alimentaire et protéger une production agricole nécessaire à leur population. De plus, cette protection de l'agriculture vivrière permettrait de freiner l'exode rural massif qui frappe ces pays.

 

Êtes-vous favorable à la poursuite de l’élargissement et pourquoi ?

C.B.d.J. - Tant qu'élargissement sera synonyme d'ouverture sans contrôle, qui conduit à des délocalisations, à une concurrence déloyale et à l’explosion de trafics en tout genre, on ne peut que s'opposer à la poursuite de cette démarche. De même, il convient de s'opposer à cette autre forme d'élargissement qui résulterait du traité transatlantique.

Par contre, dans l'hypothèse souhaitable de l'évolution vers une Europe des Nations  mettant en œuvre des projets communs auxquels participent les pays intéressés, la question des limites de l'Europe est moins importante. Le marché unique et la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes ne doit concerner qu’un noyau dur de pays avec un niveau économique et social semblable. Cependant, nous avons intérêt à favoriser la stabilité et le développement des pays de l'Europe de l'Est comme ceux de la rive sud de la Méditerranée.

 

Eléments biographiques

 

Mariée et mère de 5 enfants, Cécile Bayle de Jessé qui est diplômée en sciences économiques, s’est impliquée tout au long de sa carrière dans le monde rural et agricole de la Sarthe. Outre la présidence départementale de Familles rurales, elle a été responsable du syndicat des planteurs de betteraves, fondatrice d’un cabinet de conseil dans l’agroalimentaire, conseillère régionale et municipale. A 65 ans, elle brigue deux mandats électoraux.

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