Sensualité des mots, de la voix et de la musique

Publié le par michelmonsay

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A l’image d’Olivia Ruiz, qui elle aussi a fréquenté les plateaux de Star academy, Elodie Frégé, dix ans après sa victoire, est à des années lumière de cette téléréalité et de sa musique formatée. Sa rencontre avec Benjamin Biolay pour l’écriture de son deuxième album en 2006 a révélé sa vraie personnalité, lui a donné une confiance en ses talents d’auteur, et a modifié sa manière de chanter, plus sur le souffle, la sensualité, en tout cas loin des voix poussées et sans âme de la Star Ac’. A 31 ans, pour son quatrième album, elle s’affirme définitivement comme une artiste à part entière en écrivant la quasi-totalité des textes et quatre musiques avec un talent que l’on ne lui connaissait pas. Le disque a été enregistré en partie à Miami avec des musiciens cubains et brésiliens mais aussi à Paris notamment avec Marc Collin, le leader du groupe Nouvelle Vague, qui signe également les arrangements. Toutes ses collaborations donnent une couleur latine aux 11 morceaux de l’album où se développe une délicieuse pop teintée de bossa nova, de tango et d’ambiances rétros. Outre ses chansons charnelles, espiègles, gourmandes, la ravissante et malicieuse chanteuse reprend remarquablement une petite merveille signée Gainsbourg « La fille qui fait tchic ti tchic » et « Tu veux ou tu veux pas ? » chantée préalablement par Marcel Zanini ou Brigitte Bardot. Peut-on parler d’une certaine maturité chez Elodie Frégé, qui lui aurait permis de laisser tomber cette mélancolie dont elle se fardait pour une exquise légèreté ? En tout cas, on sent un personnage plus complexe qu’il n’y paraît, que l’on aura un grand plaisir à suivre à présent, et qui pour aujourd’hui nous offre un album à déguster sans retenue.

 

Elodie Frégé – Amuse bouches – Mercury – 1 CD : 16,99 €.

Publié dans Disques

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