Le hasard et la fragilité d’une existence

Publié le par michelmonsay

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Difficile d’accepter que Némésis soit le dernier livre de Philip Roth, comme il l’a annoncé. A 79 ans, l’immense écrivain américain que l’on donne chaque année favori pour recevoir le Prix Nobel de littérature et qui malheureusement ne l’a toujours pas, nous offre ici l’un de ses tous meilleurs romans, d’une noirceur troublante. Toute la puissance et la créativité romanesque de l’auteur sont réunies dans cette histoire qu’il construit remarquablement, en continuant d’explorer la condition humaine avec lucidité et sans concessions. Hasard, malchance, injustice, responsabilité, sont quelques uns des thèmes centraux auxquels sont confrontés les personnages de ce roman poignant. A Newark au début de l’été 1944 sous une chaleur étouffante, des cas de polio se déclarent dans quasiment toute la ville, mis à part le quartier juif de Weequahic. Les enfants de ce quartier qui n’ont pas eu la chance de partir en vacances se retrouvent sur le terrain de jeu, dont le jeune directeur de 23 ans, un robuste prof d’éducation physique qui n’est pas à la guerre pour cause de mauvaise vue, fait l’admiration de tous. Cet homme invincible au sens du devoir et des responsabilités très prononcé, aussi bien auprès des enfants dont il s’occupe que vis-à-vis de ses proches, va se retrouver confronté aux dégâts et aux conséquences que vont provoquer les premiers cas de polio dans son quartier. On ressort abasourdi par la force dramatique de ce roman dont nous ne sommes pas prêts d’oublier les personnages et leurs destins tragiques.

 

 Némésis – Un roman de Philip Roth – Gallimard – 226 pages – 18,90 €.

 

Publié dans Livres

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Camille Acristem 07/11/2012 13:33

Merci, d'abord de me répondre, et puis aussi, quand-même, de me faire ces jolis compliments !

Camille Acristem 07/11/2012 01:13

Le principe des articles on dirait une blague. Une mauvaise blague, ou une blague dont on n'aurait pas les codes humoristiques. N'empêche, je vois Philip Roth, mes grands-parents l'adorent et m'en
ont même offert un ; pas lu, trop épais, je n'aime pas les bouquins qui refilent des scolioses, c'est pire qu'une MST ! Mais ça a l'air pas mal. Lorsque je n'aurais plus assez de mon temps pour le
gâcher à flirter avec l'encre, sûrement que je le lirais ! Ça doit donner envie, un prix Nobel. C'est mon objectif, carrément, et je ne dis pas ça pour le fun, même si aussi. Il écrit bien alors ?
Chouette, je ne me ferai pas chier quand je serai fatigué d'écrire.

michelmonsay 07/11/2012 11:08



J'aime beaucoup votre commentaire, on sent que vous aimez écrire. Je pense néanmoins qu'il est bon de se nourrir de la lecture pour affiner son écriture. Oui Philip Roth écrit très bien et son
dernier roman en est la démonstration !