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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 07:10

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En reprenant il y a 7 ans l’exploitation familiale dans l’Orne, en vaches laitières de race normande sous appellation d’origine protégée camembert et pont-l’évêque, Charles Deparis a fait le choix de la qualité. Bien lui en a pris, aujourd’hui sa production de lait se porte bien et contribue à fabriquer par la fromagerie Gillot, les deux plus célèbres pâtes molles normandes dont il ne manque pas une occasion de faire la promotion, et ce pour l’ensemble de la filière.

 

Engagé avec les Jeunes Agriculteurs (JA) pour bien vendre son lait et mieux faire connaître les produits normands qui sont fabriqués avec, Charles Deparis ne veut pas être qu’un producteur cantonné sur son exploitation. Il se sent très attaché à la race bovine normande et au terroir normand, et de ce fait contribue à valoriser leur image et encourager les agriculteurs de sa génération à en faire autant avec les JA, mais aussi en étant président de l’organisme de défense et de gestion (ODG) du pont-l’évêque. Après un grand-père et un père agriculteurs, il a repris en 2006 l’exploitation familiale près de Briouze dans l’Orne, composée d’un troupeau 100% de vaches normandes en AOC devenu depuis AOP.

Avant de s’installer le jeune homme a pourtant hésité, il ne voulait pas le faire avant de se marier pour ne pas imposer la vie à la campagne à sa future épouse. Il a d’abord commencé par un BEP tourisme, ayant certaines dispositions en communication, en anglais et en espagnol, il enchaîne ensuite avec un Bac pro en lycée agricole, puis exerce des petits boulots et fera même un BTS. Entre-temps, il a rencontré une prof de collège qui a accepté de devenir sa femme et de vivre à la campagne. Ils ont aujourd’hui deux enfants et à aucun moment ne regrettent leur choix.

 

Autant impliqué sur son exploitation que dans l’image de la filière

En s’installant, Charles Deparis a tout de suite privilégié la qualité au volume : « Même si je ne suis pas écologiste, en produisant en AOP on a le respect de l’environnement, ce qui contribue à redorer l’image de l’agriculteur auprès de la société. Le fait que mon lait soit en AOP camembert et pont-l’évêque, cela lui donne la notoriété propre à ces appellations qui tirent vers le haut l’ensemble de la production. Mon engagement est de maintenir cette qualité au sein de la filière, pour que l’on ne dise pas dans 20 ans : ah ! Le camembert ou le pont-l’évêque, ce n’est plus ce que c’était. » Dans son exploitation, il produit 365 000 l de lait avec 55 vaches sur 83 ha, auxquels il faut ajouter les parcelles que des anciens lui prêtent, avec au total 50 ha d’herbe, 15 de maïs, 20 de blé et 5 de betterave fourragère dans une zone plutôt humide, où la plupart des terres ont été drainées et ont des rendements fourragers assez élevés. S’il a un salarié à mi-temps et son cousin à quart-temps, il tient à faire lui-même 12 traites des vaches sur les 14 de la semaine, afin de contrôler au mieux sa production et montrer l’exemple en tant que président de l’ODG. Ces journées de 7h à 20h s’organisent entre les réunions à Caen, les différentes tâches sur son exploitation et une entraide avec plusieurs agriculteurs du coin qui travaillent en CUMA.

 

Les bons choix

Après ne pas s’être payé les deux premières années, la situation de l’exploitation est plutôt bonne puisqu’il prend un salarié à plein temps pour les deux mois d’été et va pouvoir partir en vacances avec sa petite famille. Sa réussite vient en partie de sa compréhension du système : « Aujourd’hui, il faut davantage gérer le coût alimentaire des animaux que la production de lait par vache. Certains agriculteurs l’ont compris et sont prêts à faire des efforts pour avoir une qualité et de fait un meilleur prix pour leur lait, et d’autres vont compenser un prix plus bas par le volume, ce n’est pas un bon calcul à mon sens. »

 

A 34 ans, Charles Deparis se sent privilégié de vivre à la campagne et non en ville, avec tout ce que cela comporte en bonheurs sensoriels et en espace, mais le moment qu’il préfère entre tous est : « Lorsqu’au printemps je mets mes génisses à l’herbe, après les avoir surveillées tout l’hiver, les avoir vu grandir sans encombres et les voir ainsi courir, sauter et se régaler dans les prés vergers, c’est un pur bonheur. »

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Published by michelmonsay - dans Reportages en région
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