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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 07:17

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Elle est sans conteste l’un de nos plus grands écrivains, lauréate du Prix Goncourt pour « Trois femmes puissantes » qui a connu également un énorme succès auprès du public, lauréate aussi du Prix Femina pour « Rosie Carpe », Marie NDiaye est en plus la seule femme vivante à avoir une de ses pièces de théâtre, « Papa doit manger », au répertoire de la Comédie Française. A 45 ans, elle sort un 21ème écrit qui est son 10ème roman, où l’on retrouve toute l’étendue de son talent. À la fois dans la qualité de l’écriture, raffinée, avec des phrases d’une impressionnante beauté, mais aussi dans son style où se mêle judicieusement réalisme, romanesque, poésie et une touche de fantastique. Enfin, dans sa construction narrative toute en fluidité, parsemée de ruptures et reposant sur un rythme envoûtant. Même si trois femmes sont également au centre de son nouveau roman, à l’inverse du précédent, elles se montrent plutôt impuissantes, notamment dans la capacité à être heureuse. Cette dérangeante histoire de famille ausculte à la perfection les dégâts provoqués par le mensonge, en naviguant entre honte, culpabilité, rapports ambivalents, poids des origines, difficiles filiations, incapacité à bien connaître et comprendre l’autre. Une fois par mois, une femme retrouve son identité originelle en allant rendre visite en cachette à sa mère, qui ne connaît rien de l’autre identité de sa fille ni de la vie qu’elle mène avec son mari et leur enfant. Cette entente tacite entre les deux femmes repose sur un amour inconditionnel de la mère pour sa fille, qui de son côté aime sa mère mais a honte depuis son enfance de ce qu’elle est, une femme de ménage noire sans considération d’autrui, alors qu’elle, a la peau claire de son père absent depuis toujours. Sur cette base pour le moins troublante, la romancière élabore un douloureux portrait de famille éblouissant de maîtrise, à travers trois générations de femmes tiraillées entre amour, cruauté, faux-semblants et culpabilité.

 

 Ladivine – Un roman de Marie NDiaye – Gallimard – 403 pages – 21,50 €.

 

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Published by michelmonsay - dans Livres
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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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