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Un thriller paranoïaque troublant

Publié le par Michel Monsay

Un thriller paranoïaque troublant

Après deux films sur le banditisme corse, « les Apaches » et « Une Vie violente », Thierry de Peretti réalise un long métrage nerveux et passionnant, un thriller ambigu et insaisissable, où la vérité se dérobe constamment. L’investigation, qui est menée tout au long du film, se révèle complexe, trouble, et ses intervenants parfois énigmatiques. Une des forces du scénario tient dans le fait de ne jamais abandonner ou laisser au second plan les doutes de ses protagonistes, il ne tranche pas et préfère nous questionner sans cesse sur la nature du réel, sur la véracité des sentiments qu'entretiennent ces personnages les uns pour les autres, leur sincérité, et au final il nous plonge au cœur d’une obscurité qui ne cesse de s’épaissir. Inspiré d'une affaire révélée par Libération en 2016 sur fond de trafic de drogues et mettant en cause les plus hautes autorités policières, ce film dépeint la complexité des rapports entre un journaliste et sa source, mais aussi les liens ambigus et malsains entre le grand banditisme et le pouvoir. Ce troublant jeu de miroirs entre les différents protagonistes est remarquablement filmé à travers des plans-séquences tout en fluidité, et une très belle photographie de l'excellente cheffe opératrice Claire Mathon. Les comédiens sont tous irréprochables et très investis, mention spéciale à Roschdy Zem, cela fait trente ans que l'on aime cet acteur mais depuis quelques années il est de plus en plus impressionnant au fil des rôles, autre mention à Julie Moulier, que l'on avait aperçu dans des rôles secondaires, elle est d'une incroyable justesse en cheffe du service police-justice à Libération, notamment lors des comités de rédaction tournés dans les locaux du journal. Ce film captivant révèle les frontières parfois ténues qui séparent le vrai du simulacre, le commerce du trafic, la légalité de la délinquance, et l'on en ressort chamboulé et plein de doutes.

Publié dans Films

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Deux génies du sport au rendez-vous

Publié le par Michel Monsay

Deux génies du sport au rendez-vous
Deux génies du sport au rendez-vous
Deux génies du sport au rendez-vous
Deux génies du sport au rendez-vous

Clément Noël en sortant une deuxième manche stratosphérique devient champion olympique de slalom. Considéré comme un surdoué du slalom, avec une technique de ski caractéristique de sa grande taille (1,91 m) : des trajectoires tendues, le haut du corps, stable et relâché, seules les jambes se balancent entre les piquets. Un style qui a bousculé la discipline. Un des plus grands skieurs de l'histoire, Marcel Hirscher, dit de lui : « Clément est techniquement brillant, il trouve des lignes plus directes que quiconque. C’est l’avenir du ski. » Malgré son talent hors norme, son mental lui joue parfois des tours, mais il vient de prouver à 24 ans qu'il sait être au rendez-vous.

Même profil de surdoué pour Kylian Mbappé, qui a sorti à la dernière minute du choc de la Ligue des champions contre le Real Madrid, une action impressionnante qui confirme qu'il est est actuellement le meilleur joueur du monde.

Ces deux exploits sont à dégister ci-dessous :

Publié dans Chroniques

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La grâce et la perfection

Publié le par Michel Monsay

La grâce et la perfection
La grâce et la perfection
La grâce et la perfection
La grâce et la perfection

En battant le record du monde de points obtenus lors d'une compétition, Gabriela Papadakis et Guillaume Cizeron sont devenus champions olympiques de danse sur glace en effectuant deux performances magistrales en danse rythmique samedi et dans le programme libre hier lundi. Avec une technique et un toucher de glace incroyables, leur patinage et leur chorégraphie sur l’Élégie de Gabriel Fauré ont procuré une émotion irrésistible. Leurs deux prestations fluides, sans accrocs, avec une synchronisation parfaite leur en ont permis de décrocher le Graal, quatre ans après une médaille d'argent et ce titre qu'ils avaient laissé cruellement échapper à cause d'une robe qui s’était dégrafée durant la prestation. Leur palmarès s'étoffe un peu plus avec cette deuxième médaille olympique, d'or cette fois, qui s'ajoute aux quatre titres de champion du monde et cinq de champions d'Europe. Espérons qu'ils ne décident pas de raccrocher leurs patins afin d'avoir le bonheur de les revoir nous offrir de telles performances.

En attendant de le savoir, revoyons ces deux prestations exceptionnelles :

Quentin Fillon Maillet vient d’obtenir avec ses camarades la médaille d'argent du relais en biathlon, ce qui fait cinq médailles lors d'une même olympiade pour un athlète, du jamais vu !

La grâce et la perfection

Publié dans Chroniques

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Enorme coup de chapeau au double champion olympique Quentin Fillon Maillet

Publié le par Michel Monsay

Enorme coup de chapeau au double champion olympique Quentin Fillon Maillet
Enorme coup de chapeau au double champion olympique Quentin Fillon Maillet

On avait peur qu'avec la retraite de Martin Fourcade le biathlon français et de manière plus générale la délégation française accuse le coup, vu que ce sport était un gros pourvoyeur de médailles. C'était sans compter le formidable champion qu'est devenu Quentin Fillon Maillet. Depuis son arrivée à Pékin, il a participé à quatre épreuves et a remporté autant de médailles, deux en argent et deux en or, dont celle d'hier sur la poursuite après celle des 20 km de l'individuel. Jamais un athlète français n'avait remporté autant de médailles sur une olympiade, même l'immense Martin Fourcade, quintuple champion olympique, s'était arrêté à trois en 2014 et 2018, pour un total de sept médailles olympiques au cours de sa carrière. C'est dire l'exploit très impressionnant de Quentin Fillon Maillet, à qui il reste deux épreuves pour entrer un peu plus dans l'histoire des Jeux olympiques d'hiver.

La vidéo ci-dessous montre l'incroyable adresse au tir de Quentin Fillon Maillet, malgré des conditions très difficiles et une douille coincée dans sa carabine qui lui a fait perdre de précieuses secondes sur le pas de tir.

Publié dans Chroniques

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Au cœur d'un volcan en ébullition

Publié le par Michel Monsay

Au cœur d'un volcan en ébullition

En un impressionnant plan-­séquence unique d’une heure trente caméra portée, conjuguant prouesse technique, qualité d’écriture et jeu inspiré des comédiens, l'excellent Stephen Graham en tête, pour son premier long métrage, le britannique Philip Barantini raconte comme jamais le stress qui règne dans la cuisine d'un restaurant. Cet univers qu'il connaît très bien pour y avoir travaillé 12 ans, du bas de l'échelle jusqu'à chef de cuisine, il a voulu le retranscrire de manière hyper réaliste, et ce tour de force technique rend le récit diablement efficace et plonge le spectateur, sans aucun répit et en temps réel, au cœur du service d’un vendredi soir dans un restaurant londonien à la mode. Dans l’histoire des films de restaurant, il y aura un avant et un après "The chef", tant le portrait de ce milieu révèle sa cruauté en dépeignant la faillite d’un système à flux tendu et en donnant à voir un condensé des problèmes sociaux que l'on y rencontre : surmenage, alcoolisme, racisme, sexisme, humiliations hiérarchiques, finances à la dérive. Trente-sept acteurs et une centaine de figurants à chorégraphier sur un plateau à 360 degrés, des assistants à la réalisation déguisés en serveurs avec une oreillette, et au final quatre prises complètes seulement ont été tournées, la troisième était la bonne, sans montage ni raccords. L'incroyable dispositif choisi par le réalisateur a fait vivre une expérience à nulle autre pareil à toute l'équipe de tournage, notamment les comédiens, mais aussi au spectateur accroché à son fauteuil, à la fois admiratif d'une telle performance et témoin d'un manège de haute volée suspendu au-dessus d’un précipice, comme la métaphore réaliste d’une époque survoltée dont le restaurant de ce film, arène symbolique, sert de sidérant révélateur.

Publié dans Films

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La grâce de Noureev et l'esprit Charlie

Publié le par Michel Monsay

L'immense danseur photographié par Richard Avedon, et deux dessins qui témoignent de l'esprit toujours bien vivant et pertinent de Charlie

La grâce de Noureev et l'esprit Charlie
La grâce de Noureev et l'esprit Charlie
La grâce de Noureev et l'esprit Charlie

Publié dans Chroniques

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La nouvelle perle du jazz vocal

Publié le par Michel Monsay

La nouvelle perle du jazz vocal
La nouvelle perle du jazz vocal

Cette jeune chanteuse franco-taïwanaise de 32 ans, qui vient de sortir un très beau deuxième album en septembre dernier, était sur la scène du Sunside le 4 février et a enchanté le public par le timbre chatoyant, suave et les modulations de sa voix, qui rappelle l’esprit et le souffle des grandes dames du jazz. Outre ses qualités vocales, Estelle Perrault s'affirme également comme auteure et compositrice en signant six des huit morceaux de son dernier disque dans un bel équilibre entre classicisme et modernité mélodique. Entourée de quatre excellents musiciens, piano, contrebasse, batterie et saxophone lors du concert au Sunside (trompette sur l'album), elle nous offre un jazz plein de swing, de groove et de sensibilité. Estelle Perrault a grandi entre Taïwan, le Canada anglophone et la France. Forte de ces trois cultures, c’est à travers un parcours atypique, elle a notamment fait des études de droit, qu’elle a forgé cette identité singulière que l’on retrouve dans son interprétation musicale, dont le style est influencé par Ella Fitzgerald et Billie Holiday. Dans sa musique et son chant, Estelle Perrault fait preuve d’une sincérité et d'un naturel aussi touchant qu’évident, comme si elle se trouvait toujours exactement où il faut, comme il faut. Impossible de ne pas succomber.

En attendant son prochain concert, il y a son album "Dare that dream" qui comporte deux reprises qu'elle interprète divinement ci-dessous.

Publié dans Disques, Spectacles

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Une insolite romance virevoltante et vintage

Publié le par Michel Monsay

Une insolite romance virevoltante et vintage

Avec une collection impressionnante de chefs-d'œuvre à son actif, dont on avait plus qu'adoré le dernier en date, "Phantom thread", Paul Thomas Anderson est l'un des cinéastes dont on guette avec impatience le nouveau film. Chaque fois il nous cueille, tant par sa capacité à se renouveler, à inventer un style, un monde propre à chaque film, on ne saurait trouver dans "Licorice Pizza", personnages, ton et décors plus différents que dans "Phantom thread" ou "Magnolia" voire "The master", mais surtout pas sa virtuosité que l'on apprécie à la fois dans la mise en scène, les plans-séquence, les travellings, la direction d'acteurs. Avec cette comédie romantique situé en 1973 dans la banlieue de Los Angeles et ses formidables interprètes, il nous embarque dans un chassé-croisé amoureux traversé par une énergie juvénile, un vent de liberté et un charme certain, dont on ressort l’âme enjouée. Les deux jeunes comédiens apportent une innocence, une fraîcheur et un naturel qui contribuent pleinement à cette vitalité, leur physique atypique et l'absence de maquillage leur confère un profil loin des canons de l'industrie hollywoodienne, qui les rend plus touchants. En arrière-plan, il y a en contrepoint de l'insouciance des deux jeunes à qui tout semble possible, la gueule de bois de l’ère Nixon et du choc pétrolier que le cinéaste dépeint ironiquement. La bande originale est un pur régal avec notamment David Bowie et les Doors. Ce film, enthousiasmant à bien des égards, dresse une vision tendre et légère du Los Angeles des années 70, et déploie une grande originalité tant sur le fond que sur la forme pour nous faire croire à une histoire improbable, qui peu à peu nous apparaît évidente.

Publié dans Films

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Vice champion olympique à 41 ans, chapeau !

Publié le par Michel Monsay

Vice champion olympique à 41 ans, chapeau !
Vice champion olympique à 41 ans, chapeau !

Quelle performance de Yohan Clarey sur l'épreuve reine des Jeux Olympiques, la descente, il sort à 41 ans la course de sa vie pour obtenir la médaille d'argent.

A voir ci-dessous :

Publié dans Chroniques

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Touchante autobiographie de l'égérie du cinéma d'auteur

Publié le par Michel Monsay

Touchante autobiographie de l'égérie du cinéma d'auteur

Ce récit autobiographique, qui a reçu le Prix Médicis de l'essai en 2019, ressemble à une marelle. Il prend la forme d’un de ces jeux de mémoire à la Georges Perec, où une évocation, un rappel, un lieu, un nom, en font surgir d’autres par enchaînement, par association. Bulle Ogier disperse les pièces d'un puzzle mémoriel qui nous révèle les origines mêmes de son prénom, né du surnom que donnait son oncle à sa mère, enceinte et fille-mère. Après un passage chez Gabrielle Chanel, elle débute une carrière dont le principe directeur est la liberté sans entraves, et qui se construit par la rencontre avec des réalisateurs et metteurs en scène qui forment autant de cercles unis par l'amitié. Elle travaille ainsi avec Fassbinder, Barbet Schroeder (son mari pour la vie), Alain Tanner, Werner Schroeter, Luis Buñuel, Marguerite Duras, Jacques Rivette, Manoel de Oliveira, Jean-Louis Barrault, Luc Bondy, Patrice Chéreau... Ils sont tous évoqués avec l'aide et sous la plume subtile d'Anne Diatkine, journaliste à Libération et amie de la comédienne, mais le livre va fouiller bien plus profond que sa carrière et nous raconte avec humour et pudeur des souvenirs cocasses et d'autres beaucoup plus sombres. Si rien n’est escamoté, les deux viols dont elle fut victime, la mort tragique de sa fille Pascale la veille de ses 26 ans, ces notes graves sont jouées sans gravité, avec une forme d’élégance, où la mélancolie, les décennies d’insomnie, la culpabilité sont dites sans jamais peser. Jusqu’au bout, Bulle Ogier garde le cap sur la légèreté.

Publié dans Livres

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