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Pureté et sobriété de l'art roman cistercien

Publié le par michelmonsay

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Étonnantes fleurs d'agave canariennes

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Fascinant et écœurant à la fois

Publié le par michelmonsay

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Voir un film de Costa-Gavras est toujours une expérience qui a du sens. Cinéaste engagé auteur de nombreuses œuvres coups de poing, à 79 ans il n’a rien perdu de son talent ni de son efficacité. Prendre un acteur comique et le plonger dans un univers dramatique, voilà une idée que ce grand réalisateur a déjà transformée avec bonheur dans « Missing » pour Jack Lemmon et « Le couperet » pour José Garcia. Pas étonnant donc de retrouver Gad Elmaleh dans ce rôle à contre-emploi, qu’il joue avec aisance et justesse, entouré pour cela d’une pléiade de seconds rôles de tout premier plan. Au travers d’un personnage avide de pouvoir et d’argent, Costa-Gavras explore sans concessions les dérives du système financier, qui gouverne nos sociétés et provoque les crises que nous subissons depuis plusieurs années. C’est dans ce monde futile, cupide, féroce, amoral que le cinéaste a bâti une intrigue captivante où il n’a pas eu besoin de forcer le trait, mais juste retranscrire la réalité. Atteint d’un cancer avancé, le président de l’une des plus grandes banques européennes, choisit pour le remplacer un proche collaborateur dont la jeunesse et l’inexpérience lui laissent à penser qu’il sera manipulable. L’intelligence, la lucidité et le besoin viscéral d’être respecté du nouveau dirigeant vont étonner dans un premier temps, puis être mis à rude épreuve dans cet univers où tous les coups sont permis pour engranger toujours plus de profit. Admirablement construit, filmé et interprété, « Le capital » possède le pouvoir attractif d’une lumière électrique sur un papillon de nuit, tout en faisant froid dans le dos.

 

Le capital – Un film de Costa-Gavras avec Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier, Hippolyte Girardot, Céline Sallette, Bernard Le Coq, …

 

Publié dans Films

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Voyage onirique et mélancolique dans le temps

Publié le par michelmonsay

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Pour son 27e roman, celui qui est considéré comme l’un des plus grands écrivains français ne décevra pas ses nombreux admirateurs, puisqu’il revisite à nouveau le Paris du milieu des années 1960 avec le même style poétique et fascinant. A 67 ans, Patrick Modiano n’en finit pas de se replonger, et qui s’en plaindrait, dans cette époque chaotique de sa vie où il puise une source romanesque inépuisable. Entre présent, passé et rêves, il tisse en en allant et revenant habilement de l’un à l’autre, une magnifique toile pour tenter de démêler les mystères d’une intrigue et d’un amour que le narrateur a vécu près d’un demi-siècle auparavant. Les mots de l’écrivain ont l’étonnante capacité de recréer des atmosphères, de faire revivre une foule de détails qui nous renvoient dans le passé comme avec une machine à explorer le temps. Paris, admirablement mis en relief, est un personnage à part entière, parfois lugubre, désert ou bien festif et convivial. Le narrateur de ce roman aime marcher dans la capitale, autant aujourd’hui qu’il y a près de 50 ans, à l’affût d’une brèche dans le temps pour constater les évolutions et les dégradations des quartiers autrefois fréquentés. Un écrivain qui pourrait être un double de Modiano, se replonge avec l’aide d’un carnet de notes et ses souvenirs dans une courte période de sa vie, où âgé de 20 ans il avait côtoyé quelques personnages énigmatiques qui l’ont durablement marqué, avec en clair-obscur l’affaire Ben Barka. Parmi eux, une jeune femme rencontrée à la cafétéria de la Cité universitaire, que le narrateur ressuscite avec émoi afin d’éviter que l’oubli ne l’efface de sa mémoire. Avec une fluidité structurelle et une très belle écriture, ce roman épuré à l’envoûtante mélancolie et aux ambiances de vieux polar, explore le temps comme pour réparer et comprendre le passé.

 

L’Herbe des nuits – Un roman de Patrick Modiano – Gallimard – 178 pages – 16,90 €.

 

Publié dans Livres

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Village crétois

Publié le par michelmonsay

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Quelle transformation !

Publié le par michelmonsay

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S’il s’agit de son 6ème album, il est clair que Raphaël a négocié il y a deux ans avec l’excellent « Pacific 231 », un virage à angle droit qui l’a complètement détourné de l’image d’un chanteur sympa mais un peu fade. Il confirme aujourd’hui à 37 ans, un talent qui a eu besoin d’atteindre une certaine maturité pour s’exprimer pleinement. Encore moins commercial que le précédent, ce disque explore des univers sombres, mystérieux, urbains, qui fascinent, tant par les textes directs et sans fard que par les musiques tantôt heurtées tantôt aériennes. On sent plusieurs influences dans les chansons de Raphaël, principalement Gérard Manset et Christophe, mais ce qu’il propose est loin d’être une pâle copie de ses illustres prédécesseurs, il s’est créé un monde à lui sans contraintes ni limites. Cet album est enregistré avec un ami musicien et producteur dans un appartement, pour ne pas avoir un résultat trop lisse comme en studio, les deux comparses jouant tous les instruments. Synthétiseurs et  ordinateurs ont la part belle dans cette odyssée musicale inventive, organique, à base de pop électronique glissant par moments vers le rock, faite de ruptures et d’émouvantes ballades. Peuplée de superbes ambiances assez différentes les unes des autres mais d’où ressort une énergie brute même sur des tempos lents, ce disque qui parle d’amour, de la ville, bouscule, surprend, laisse un goût de soufre mais nous rend très vite dépendant. La voix du chanteur se fait plus grave comme si elle se mettait au diapason du nouveau Raphaël, qui avec les 10 morceaux de ce nouvel album entre définitivement dans la cour des grands auteurs compositeurs interprètes français.

 

 Raphaël – Super-welter – EMI – 1 CD : 14,99 €. 

 

Publié dans Disques

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Unique et indispensable Tim Burton

Publié le par michelmonsay

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Maître incontesté d’un cinéma fantastique décalé, possédant quelques pépites dans sa filmographie, Tim Burton au meilleur de sa forme nous offre un petit chef-d’œuvre mêlant très habilement humour noir et émotion, dans un univers gothique allant de l’effrayant au burlesque. D’une grande beauté visuelle avec des atmosphères ténébreuses, mystérieuses, psychédéliques, ce film aux cadrages et mouvements de caméra éblouissants, se déguste les yeux grands ouverts de la première à la dernière image. Parsemés d’effets spéciaux renversants et parfois très drôles, la dernière folie de ce génial réalisateur de 54 ans est à la fois une peinture satirique de la société américaine, une histoire au romantisme noir flamboyant, et un conte fantastique où une sorcière et un vampire s’affrontent entre séduction et sortilèges. Les comédiens sont irrésistibles dans tous les sens du terme, avec à leur tête une fois de plus Johnny Depp, qui n’est jamais aussi bon que dans le monde étrange et délirant du cinéaste, d’autant qu’il est entouré ici de superbes actrices très convaincantes. En 1760, une riche famille anglaise débarque dans le nouveau monde pour étendre son empire en bâtissant une entreprise de pêche dans le Maine, donnant naissance à une ville qui porte son nom. Quinze ans plus tard alors que la famille prospère dans le magnifique manoir qu’ils ont fait bâtir, le fils a une passade avec une belle servante qu’il éconduit ensuite. Le problème est que la jeune femme a des pouvoirs de sorcellerie, et pour se venger, tue les parents de son riche amant, pousse sa promise à se jeter du haut d’une falaise, et le transforme en vampire qu’elle fait enterrer vivant par les habitants de la ville. Après ce funeste préambule, l’action va se dérouler près de deux cents ans plus tard dans une narration qui passe d’un registre à l’autre avec une remarquable maestria.

 

 Dark shadows – Un film de Tim Burton avec Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, … - Warner home vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

 

Publié dans DVD

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Puissance et grâce d’une artiste complète

Publié le par michelmonsay

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A près de 30 ans, cette suissesse à la carrière internationale confirme avec son 4ème album qu’elle est une très grande artiste, disposant d’une impressionnante palette. Auteur de ses chansons qu’elle écrit en anglais, allemand et suisse alémanique, elle en est également l’excellent compositeur et joue de la guitare, du piano, du synthétiseur, du saxophone, de l’harmonica. Sophie Hunger s’est aussi éminemment entourée avec un producteur américain et des musiciens de grande valeur. A l’écoute de ce disque, on est frappé par la qualité et la richesse musicale. L’artiste confectionne des ponts entre pop, jazz, folk et world music avec une évidence et une facilité que l’on apprécie à chaque note. Les magnifiques mélodies, les rythmiques envoûtantes, les solos jubilatoires nous emmènent très haut comme rarement dans la production musicale actuelle. Autre atout décisif pour cette chanteuse à l’aise dans tous les registres, sa voix, qu’elle module à souhait entre grave et aigu, se fait caressante, veloutée, frissonnante, puissante, énergique selon les morceaux. Personnalité réservée vivant totalement sa musique sur scène, endroit où elle se sent le mieux, elle a trouvé avec ce producteur qui privilégie l’enregistrement live avec tous les musiciens ensemble, le moyen de proposer un album studio qui a l’énergie exaltante et la cohérence musicale de ses inoubliables concerts. Onze chansons toutes plus belles les unes que les autres, composent ce disque qui paraît presque trop court tant il nous procure un immense bonheur.

 

 Sophie Hunger – The danger of light – Universal Music Jazz – 1 CD : 14,99 €.

 

Publié dans Disques

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Fascinante rencontre de deux paumés magnifiques

Publié le par michelmonsay

3D DVD De rouille et d'os DVD Simple-DEF


Seulement 6 films en 18 ans de carrière, et au vu de leurs qualités on enrage que Jacques Audiard n’en ait pas fait plus, tellement il nous éblouit de son talent à chacun d’entre eux. De « Sur mes lèvres » en passant par « De battre mon cœur s’est arrêté » jusqu’à « Un prophète », ce réalisateur de 60 ans enchaîne à son rythme des chefs-d’œuvre qui contribuent hautement à la richesse et la singularité du cinéma français. Ses films dégagent une force brute impressionnante et unique qui nous électrise quelque soit le sujet. Même lorsqu’il n’y a pas un aspect thriller comme dans son dernier, la puissance des personnages, la mise en scène, la manière de filmer la violence, la tendresse, les corps, de capter les émotions, les non-dits, nous surprennent à chaque plan. Jacques Audiard est également un directeur d’acteurs hors du commun, il arrive toujours à obtenir le maximum de ses interprètes, Marion Cotillard apparaît ici sous un jour totalement inhabituel à la fois forte et vulnérable avec un naturel désarmant. Un père sans domicile ni revenu quitte la Belgique avec son fils de 5 ans, dont il a désormais la charge, ne le connaissant presque pas et ne sachant pas s’occuper de lui. Il prend la direction d’Antibes pour aller chez sa sœur, qu’il n’a pas vu depuis 5 ans mais qui va les héberger. Etant une force de la nature, il se fait embaucher comme vigile dans une boite de nuit, et à l’occasion d’une bagarre, fait la connaissance d’une jeune femme qui est dresseuse d’orques au Marineland. La suite n’est pas rose bien au contraire, mais le cinéaste ne donne jamais dans l’émotion facile, sa caméra saisit la vie sans filtre adoucissant pour nous proposer un film intense et charnel.

 

 De rouille et d’os – Un film de Jacques Audiard avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, … - UGC vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

 

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L’art de la succulente légèreté

Publié le par michelmonsay

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Consécration pour cette alsacienne de 34 ans, désignée chef pâtissier de l’année par ses pairs et dans le guide Gault et Millau 2013, pour ses remarquables desserts mêlant habilement classicisme et modernité, qui font le bonheur des clients du restaurant Lasserre. Dans ce haut-lieu de la gastronomie qui a deux étoiles au Michelin, Claire Heitzler a trouvé l’écrin idéal à l’épanouissement de sa sensibilité créative après un parcours d’une grande richesse.

 

L’année se termine bien pour Claire Heitzler, elle vient d’être élue chef pâtissier de l’année à la fois par les 8950 chefs référencés au Michelin et par le guide Gault et Millau. Si elle apprécie à sa juste valeur la double reconnaissance, cette compétitrice dans l’âme ne veut pas se laisser griser par les nombreuses sollicitations qui en résultent, et n’oublie surtout pas de rester concentrée au quotidien sur les desserts qu’elle confectionne entourée de sa brigade : « C’est aussi une récompense pour mon équipe et pour le restaurant Lasserre, qui me permet matériellement et humainement, avec 7 personnes qui travaillent avec moi en pâtisserie, d’exercer dans les meilleures conditions. » Depuis quelques années le métier a bien évolué, un chef pâtissier n’est plus en-dessous du chef de cuisine, Claire Heitzler apprécie cette autonomie dont elle a besoin pour pleinement exprimer son talent.

A l’approche des Fêtes, la traditionnelle bûche de Noël sera une nouvelle fois incontournable, et chaque année c’est la même rivalité créative entre les grandes maisons. Chez Lasserre, la carte est composée de classiques comme la bûche, et de créations plus personnelles comme le dessert du 31 décembre que va proposer la chef, à base de marrons et de cassis dans un dessin assez volumineux constellé d’étoiles. Pour autant, elle prend le même plaisir à donner le jour à de nouvelles recettes qu’à réinventer les classiques à sa manière : « J’y apporte de la légèreté, de la fraîcheur, des fruits et j’aime que mes desserts soient d’une part peu sucrés, les palais saturent à la fin d’un repas, et d’autre part qu’ils soient ludiques, colorés, appétissants. Même si on mange avant tout avec les yeux, il ne faut pas que le côté esthétique prenne le dessus sur le gustatif, comme on a pu le voir à Paris depuis quelque temps. »

 

Le bon établissement pour s’épanouir

Cela fait maintenant deux ans que cette jeune femme perfectionniste est arrivée chez Lasserre, après un passage difficile au Ritz où elle n’a pas obtenu les moyens qui correspondaient à ses attentes pour développer son potentiel créatif. Alors que chez son employeur actuel qui a opéré en 2010 un rajeunissement de son équipe avec un nouveau chef de cuisine, un nouveau directeur de restaurant et donc un nouveau chef pâtissier, elle a retrouvé l’inspiration et l’amour de son métier. Outre les récentes distinctions obtenues, les clients du restaurant mangent davantage de desserts qu’avant, et sont très réceptifs à ce mélange de classicisme et de modernité. Elle aime par-dessus tout surprendre la personne qui va déguster, en dissimulant à l’intérieur d’un dessert une texture inattendue, sans pour autant utiliser trop de saveurs différentes, préférant plutôt décliner un produit sous plusieurs formes, comme le fruit en mousse, marmelade ou sorbet, pour le mettre en valeur et que le client le reconnaisse.

Pour Claire Heitzler, la pâtisserie : « C’est un moment de plaisir et de gourmandise, le sucre, nous en avons tous besoin, notamment lorsque nous n’avons pas le moral, il est un élément important de notre alimentation. Très tôt attirée par les métiers de bouche, j’ai préféré la pâtisserie à la cuisine, pour son côté plus délicat, plus fin, plus précis et où l’on peut davantage jouer avec les couleurs et les formes.»

 

Les coulisses de la création

Les idées de nouveaux desserts lui viennent souvent avec l’envie de travailler un produit de saison d’une qualité exceptionnelle, comme récemment la poudre de pistache de Syrie que lui a proposée son fournisseur, qui continue à lui livrer malgré la situation dramatique de son pays. Une fois le produit trouvé, elle cherche avec quoi l’associer afin d’atteindre un équilibre. Pour la pistache qui est douce et grasse, ce sera des fraises des bois de Malaga qui sont très parfumées, et un confit de cassis pour amener une pointe d’acidité. Reste ensuite à consulter sa carte actuelle afin de créer un dessert différent dans la forme et la couleur. Puis commencent les essais avec son second durant 15 jours à 3 semaines pour finaliser la création.

Parmi ses plus belles réussites, il y a un dessert aux pistaches et aux agrumes réalisé au Japon lorsqu’elle était chef pâtissier du restaurant Beige d’Alain Ducasse, où l’on retrouvait quelques points essentiels qui caractérisent Claire Heitzler : La légèreté, la qualité des produits et un magnifique jeu de couleurs. Dans ses créations chez Lasserre, elle en évoque une dont elle aimait beaucoup l’esthétisme et la fraîcheur, qui était composée d’un demi dôme de mousse au champagne avec un sorbet à la fraise des bois caché à l’intérieur, le tout posé sur une gelée de litchis et avec des fraises bois sur le dessus.

 

Naissance d’une vocation

C’est en travaillant dans le restaurant d’amis de ses parents pour se faire de l’argent de poche lorsqu’elle est au collège, que Claire Heitzler sent que sa voie est là. D’autant qu’elle habite durant son enfance alsacienne en face de la fameuse pâtisserie de Christine Ferber, et s’arrête régulièrement pour regarder travailler en cuisine. Pourtant ses parents fonctionnaires ne la poussent pas dans cette direction, et en tant que fille elle a du mal à trouver un maître d’apprentissage. Ces obstacles la motivent encore plus, et elle ne va avoir de cesse de prouver sa valeur. Elle commence par quatre années dans un lycée hôtelier où l’aspect pratique lui manque, et choisit définitivement la pâtisserie en intégrant celle de Thierry Mulhaupt à Strasbourg durant deux ans, où elle devient meilleur apprenti d’Alsace. Après cette formation en pâtisserie de boutique où elle acquiert de solides bases, elle s’oriente vers la restauration dont elle aime l’effervescence, et devient commis chez Troisgros à Roanne. Période très riche où elle apprend beaucoup, avant d’enchaîner dans un autre 3 étoiles chez Georges Blanc, puis devient chef pâtissier à 24 ans au restaurant l’Amphitryon à Lorient.

 

L’enrichissement d’autres cultures

L’envie de travailler à l’étranger l’amène à Londres dans un autre établissement étoilé, avant qu’Alain Ducasse ne lui propose d’abord le Plaza Athénée à Paris qu’elle décline à cause d’une marge de manœuvre trop étroite, puis le restaurant Beige à Tokyo qu’elle accepte pour ne pas refuser une seconde fois au grand chef français. Pourtant l’Asie ne l’attire pas de prime abord, et la première année se révèle très difficile à cause de la différence de culture et de manière de travailler, mais les deux années suivantes vont durablement la marquer : « C’est un pays magnifique autant au niveau des rencontres, que de sa culture et sa gastronomie où je me suis éclatée une fois passée l’adaptation. Cette expérience japonaise où l’on privilégie une pâtisserie assez légère, peu sucrée et avec beaucoup de fruits a largement influencé mes créations d’aujourd’hui. »

Voulant ensuite se confronter à un univers hôtelier, elle prend la direction du Park Hyatt de Dubaï où elle gère en tant que chef pâtissier un restaurant français, un restaurant arabique avec 3 pâtissiers syriens, une boutique de pâtisseries et les petits déjeuners dans les chambres de l’hôtel. Ces deux années passées aux Emirats arabes unis l’ouvrent à la fois à des saveurs inconnues de son palais, qu’elle continue en permanence à éduquer, et à de nouvelles responsabilités où elle ne fait pas que créer. Sans parler de la clientèle qui mange en plus grosse quantité et dont les goûts ne sont pas vraiment les mêmes qu’au Japon.

 

Sa passion pour seul guide

Enrichies de toutes ces expériences et même si elle se sent bien à l’étranger, elle revient en France pour accepter la proposition du Ritz à Paris, le légendaire établissement de la place Vendôme, avant de trouver l’épanouissement et la consécration chez Lasserre. En dehors du restaurant, Claire Heitzler ne fait que très rarement la cuisine si ce n’est pour sa famille ou des amis, mais avec son ami lui-même dans la restauration, ils préfèrent aller manger dehors lorsqu’ils ne travaillent pas. Elle fréquente quatre fois par semaine un club de sport pour éliminer les bienfaits de ses pâtisseries et le stress, qu’elle oublie également en s’occupant de ses bonsaïs. Pour finir, lorsqu’on lui demande le moment qu’elle préfère dans son métier, on ressent l’intensité de sa passion : « C’est indéniablement la finalisation d’un dessert quand j’ai trouvé la dernière petite touche, que je le regarde en ayant la banane et en me disant qu’il est beau et bon et va apporter du plaisir au client. C’est aussi lorsque l’on donne un challenge à un jeune apprenti et qu’il le réussit, cela fait vraiment plaisir. »

 

Publié dans Portraits

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