Un cinéma à la fois militant et divertissant

Publié le par Michel Monsay

Un cinéma à la fois militant et divertissant

Cinq ans après l'excellent "Get out", le cinéaste américain Jordan Peele revient avec "Nope", un film tout aussi angoissant et maîtrisé dont il ressort une foudroyante étrangeté. Dans un mélange permanent des genres, du western à la science-fiction en passant par l'horreur, Jordan Peele passe de l'effroi au merveilleux dans un bouillonnement créatif. Il emprunte la virtuosité de Spielberg avant de lui opposer sa vision de l'industrie hollywoodienne, jouant autant de nos peurs que de nos nostalgies, avec finesse et psychologie. Nope est le petit-fils spirituel et stylistique des Dents de la mer, E.T., Rencontres du Troisième type et Alien, avec un passage par Premier Contact, de Denis Villeneuve, pour la grâce et la symbolique. Le tout est passé au tamis du western, avec l’humour et l’insolence comme pépites de taille. Le travail sur l’image et sur le son mérite d’être admiré en salle, avis à tous les pantouflards. Fidèle à sa direction éditoriale éminemment politique, le réalisateur vise toujours l’invisibilisation et l’exploitation des Noirs dans l’Histoire et dans le cinéma. Il poursuit ici son antiportrait de l’Amérique par ses marges. En seconde grille de lecture, on trouve la commercialisation de nos sociétés ainsi que la mercantilisation de nos traumas à travers la société du spectacle et la fascination pour les images, dont le film apporte une formidable critique. 

Publié dans Films

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