Admirable documentaire d'animation

Publié le par Michel Monsay

Admirable documentaire d'animation

En choisissant l’image animée pour mettre en scène le récit d’Amin, parti enfant d’Afghanistan, arrivé adolescent au Danemark, le réalisateur danois Jonas Poher Rasmussen a ouvert un espace poétique à cette histoire d’exil, de perte et de reconstruction. S’échapper d’un pays tombé aux mains des talibans, subir la cruauté des passeurs, la brutalité des policiers, l’indifférence des populations, la peur, l’attente, l’incertitude, les séparations. Loin de n’être que la figure symbolique d’une juste cause ou d’un problème de société, Amin est à la fois personne et personnage, un homme blessé dans l’intimité duquel on s’avance, sur les traces du cinéaste. Le récit d’Amin est authentique, mais se pare des couleurs et des traits sensibles d’un beau film d’animation, à la fois poignant et pudique, dur et lumineux. Le filtre du dessin agit ici tout en délicatesse, protégeant l’anonymat du narrateur, tout en travaillant la matière subjective de la mémoire. Construit en équilibre entre flash-back et séances quasi thérapeutiques avec le réalisateur, Flee joue avec différentes formes d’animation, de la plus chatoyante à la plus inquiétante, et s’appuie aussi sur des images d’actualité. Le film est en couleurs, mais les événements les plus traumatiques sont racontés en noir et blanc, dans des superbes scènes dessinées au fusain, sobres et puissantes. Ce récit d’exil résonne, évidemment, avec des milliers d’autres. L’intime et le politique sont entremêlés. Flee est un grand film, bouleversant et pudique, tragique et lumineux. C’est l’histoire d’un homme qui décide d’affronter son passé pour mieux embrasser l’avenir.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé ou ordinateur.

Publié dans replay

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