L'engrenage infernal de la machine judiciaire

Publié le par Michel Monsay

L'engrenage infernal de la machine judiciaire

Cette minisérie a de nombreux atouts sur le papier qui se concrétisent à l'écran au fil des quatre épisodes. D'abord la capacité du scénariste Antoine Lacomblez, qui fait souvent équipe avec l'excellent Jean-Xavier de Lestrade (Manon, Jeux d’influence, Laëtitia), à décrypter la dimension psychique de l’existence, ainsi que la précision sociologique avec laquelle il expose, dans toute sa violence contemporaine, la lutte des classes. L'acuité et la complexité du regard qu'il porte sur l'intimité des êtres, et l'écriture très fine des personnages, loin de tout manichéisme, est assez rare à la télévision pour s'en réjouir. Deuxième atout, la belle réalisation de Rodolphe Tissot, à qui l'on doit la série Ainsi soient-ils. Enfin, cette fiction cérébrale et pourtant viscérale bénéficie d’une distribution de haut vol sur laquelle brille Ophélia Kolb. Sans esbroufe, l’actrice découverte dans la série Dix pour cent déploie une fascinante envergure dans ce rôle d’une épouse brisée par des années de mépris, capable d’incarner l’effondrement intérieur comme la vie qui revient. Avec rigueur, les quatre épisodes infiltrent l’engrenage de la machine judiciaire, mécanique alimentée par les passions humaines et dévoyée par les manipulations. Cette minisérie dresse aussi cinq beaux portraits de femme qui cherchent comment trouver leur place dans la société, comment résister face à l’autorité, à la hiérarchie, aux pressions dans la vie professionnelle ou familiale.

Ce que Pauline ne vous dit pas est à voir ici ou sur le replay de France Tv

Publié dans replay

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