Une satire qui fait froid dans le dos

Publié le par Michel Monsay

Une satire qui fait froid dans le dos

Le cinéaste Adam McKay n'en n'est pas à sa première satire grinçante, même s'il a aussi réalisé des films où l'humour était un peu moins présent mais qui étaient néanmoins des portraits au vitriol, comme celui de Dick Cheney dans "Vice", ou des traders qui ont provoqué la crise financière de 2008 dans "The big short : Le casse du siècle". Dans son dernier film, il nous tend un miroir impitoyable pour nous montrer à quel point notre société est incapable de réagir face à une catastrophe annoncée, l'inconséquence, le cynisme et la corruption des politiques, des lobbys et des médias sont à ce titre désespérantes. Dans un parfait équilibre entre drôlerie explosive et ampleur dramatique, le cinéaste se sert admirablement de tous les travers de notre époque pour taper fort et juste, à tel point que l'on passe une bonne partie du film à se dire que c'est exactement ça. Pour mener à bien son projet, il s'est offert une distribution de grand standing à la tête de laquelle il y a deux scientifiques joués par Leonardo DiCaprio, excellent comme d'habitude et ce quel que soit le type de rôle qu'il interprète, et Jennifer Lawrence qui est très bien en lanceuse d'alerte, tous deux se heurtant à une pléiade de personnages horripilants campés par des acteurs et actrices qui s'en donnent à cœur joie, comme Meryl Streep, Cate Blanchett et Mark Rylance. En mêlant habilement plusieurs genres cinématographiques dans son film, Adam McKay a concocté une fable sous forme de métaphore sur l'urgence climatique et la pandémie actuelle, où la dictature du profit se moque allègrement de l'alerte des scientifiques. C'est à la fois terriblement pertinent et terrifiant.

Don't look up est voir sur Netflix.

Publié dans Films

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