Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Publié le par Michel Monsay

Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Adaptation d’un roman d’Elena Ferrante, "Poupée volée" qui a été publié avant le succès planétaire de « l’Amie prodigieuse », ce film magnifique et troublant a obtenu le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise. C’est le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal, que l'on a adoré notamment dans la série "The Deuce". Elle révèle, dès ce premier essai, une maitrise qui impressionne, notamment dans la direction d’actrices. Le film est porté de bout en bout par une comédienne magistrale : la britannique Olivia Colman, tour à tour inquiétante et légère, grave et drôle, agaçante et touchante. Depuis qu'on l'a découverte dans la série "Broadchurch", elle n'en finit plus de nous épater, que ce soit dans "La favorite", où elle obtenu l'Oscar, dans "Father" ou dans la série "The crown" voire dans "Fleabag". La direction d'actrices de Maggie Gyllenhal dans "The lost daughter" vaut aussi pour Dakota Johnson et Jessie Buckley, toutes deux parfaites dans des personnages complexes. Ce thriller psychologique malmène la vision idéalisée de la maternité, qui n’est pas toujours synonyme de bonheur, et ose une image autre que l'idéal imposé à coups d'injonctions par la société. Pour raconter ce mal de mère, Maggie Gyllenhaal filme au plus près les peaux, les visages, les larmes, les regards dans des magnifiques cadrages légèrement flottants. Par une lente combustion, ce remarquable film distille subtilement une atmosphère légèrement menaçante, mystérieuse où l'ambivalence des comportements maternels brise les tabous et apporte une vraie originalité.

The lost daughter est à voir sur Netflix.

Publié dans Films

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