Un joli conte fantaisiste et féministe

Publié le par Michel Monsay

Un joli conte fantaisiste et féministe

Ceux qui connaissent l'œuvre de Valérie Donzelli savent que tout peut arriver dans son univers. Pour sa première incursion dans le petit écran, cela se confirme avec cette mini-série où une famille est bouleversée par l’annonce de la grossesse de Nona, 70 ans et déjà mère de trois filles. Voilà le point de départ de ce conte aussi surréaliste que drôle, tendre et touchant sur la maternité et le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps. La cinéaste aime être un peu décalée dans son propos et faire un pas de côté vers le burlesque comme pour mettre un voile de pudeur sur ce qu'elle raconte. Et ici, le thème principal est la sororité, que Valérie Donzelli voulait aborder, à la fois pour témoigner que cela existe au quotidien, mais aussi pour s'inscrire dans la veine de films qui l'ont marquée comme Thelma et Louise ou Hannah et ses sœurs, sur la relation entre les femmes, une relation de solidarité, d’écoute, de gentillesse, de générosité. La série n’est pas pour autant un pamphlet anti-mecs, on n’est pas dans un procès où la sororité ne serait que l’expression de la colère que les femmes auraient envers les hommes, et c’est pour cela qu’elle fonctionne. Sous ses atours vintage, du décor à la musique, comme dans les partis pris de la réalisation truffée de clins d’œil, cette série à la tonalité parfois mélancolique se révèle être un conte très contemporain et, mine de rien, assez politique sur la famille, interprété par une distribution irréprochable et dont la maîtrise dramaturgique nous fait adhérer totalement à cette histoire. Valérie Donzelli a réussi une odyssée chorale féministe et espiègle, aussi originale qu’émouvante.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

Publié dans replay

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article