Un régal de poésie, d'humour et de féerie

Publié le par Michel Monsay

Un régal de poésie, d'humour et de féerie

Peu d’artistes peuvent se targuer de tourner depuis trente ans avec le même spectacle, comme Victoria Chaplin , géniale fille de Charlie Chaplin, et Jean-Baptiste Thierrée, son mari, le font avec Le Cirque invisible. Ce duo insolite peaufine les numéros de ce spectacle depuis 1990, l’adaptant selon les pays où ils se produisent ou leur humeur du moment. Présenté pour la première fois à Paris grâce à Jean-Michel Ribes, et repris plusieurs fois depuis, ce spectacle inclassable est de retour au Théâtre du Rond-Point pour quelques représentations. Depuis leur rencontre en 1969, Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, tous deux enfants de la balle, ne se sont jamais quittés, à la scène comme dans leur intimité. Le Cirque invisible, leur troisième production ensemble, est un concentré d’absurde et d’onirisme qui mêle magie, clowneries et acrobatie. Du haut de ses 84 printemps, Jean-Baptiste, avec sa coupe de cheveux de savant fou et ses costumes colorés, continue de jouer les clowns illusionnistes avec malice. Tel un grand-père tentant d’émerveiller ses petits-enfants, il enchaîne les numéros de farce et attrape, fait apparaître des fleurs en plastique à l’ancienne et convie sur scène de nombreuses marionnettes. Victoria, 70 ans, est un véritable acrobate caméléon d'une incroyable souplesse. À partir d’objets du quotidien qui prennent vie sous ses doigts agiles et de morceaux de tissu, elle donne naissance à des animaux et à des créatures fantastiques, devient une femme orchestre et transforme la scène en une piste de cirque étrange où l’onirisme et la poésie ont seuls droits de cité. Difficile de ne pas être attendris par ce couple de passionnés qui continue, malgré le passage du temps, à partager leur amour du spectacle avec le plus grand nombre. Une mention particulière pour Victoria Chaplin qui enchante ce spectacle de sa grâce, son talent et qui par ses attitudes ou mimiques nous renvoie l'image de son père, que l'on aimait tant.

A voir au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 11 juillet.

Publié dans Théâtre

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