Une fantaisie tendre et caustique quelque peu désenchantée

Publié le par Michel Monsay

Une fantaisie tendre et caustique quelque peu désenchantée

On avait beaucoup aimé "Au revoir là-haut" et "Neuf mois ferme", voilà pourquoi on attendait avec impatience le nouveau film d'Albert Dupontel, mais la crise sanitaire a interrompu sa carrière une semaine après sa sortie le 21 octobre dernier. Entre-temps, "Adieu les cons" a été plébiscité aux Césars où il en a récolté sept, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, mais aussi celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Nicolas Marié, le fidèle complice de Dupontel, qui est une fois de plus irrésistible. Avec la réouverture des cinémas, heureusement que les distributeurs et exploitants ont trouvé un accord pour donner une deuxième chance à tous les films stoppés à cause de la pandémie, et ce malgré tous ceux qui attendent pour sortir. Le cinéma de Dupontel s'est adouci en comparaison de ses premiers films, il est moins trash et beaucoup plus maîtrisé, et c'est tant mieux, tout en gardant des moments de folie dignes d'un dessin animé, et des savoureuses trouvailles visuelles. Dans un mélange de désenchantement et de romantisme, ce joli film nous offre autant de scènes hilarantes que d'autres toutes en émotion. Le cinéaste se sert de l'absurdité et de la déshumanisation de notre société pour élaborer le cadre de son film, dans lequel il plonge trois personnages victimes d'injustice sous différentes formes. Les comédiens sont tous excellents quel que soit le registre dans lequel ils interviennent, et nous entraînent dans cette cavale haletante sous forme de tragédie burlesque que l'on suit avec enthousiasme entre rire et larmes.

Publié dans Films

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