Eva en août

Publié le par Michel Monsay

Eva en août

Indiscutablement, la perle du mois d'août à ne manquer sous aucun prétexte, ce cinquième long-métrage de Jonas Trueba, cinéaste espagnol de 39 ans, est le premier à sortir en France. Petite merveille qui fait penser à Eric Rohmer, ce film de déambulations dans un Madrid très chaud durant la première quinzaine du mois d'août est à l'instar de l'univers du cinéaste français, à la fois léger et existentiel. La caméra suit amoureusement l’héroïne de 33 ans, qui a décidé de rester dans sa ville pour ses vacances à l'inverse de ses amis, afin de la redécouvrir avec l’innocence et l'émerveillement que l'on peut avoir lorsque l'on voyage à l'étranger, et que l'on a perdu sur notre environnement quotidien. Au grès de rencontres, on découvre peu à peu ce personnage qui écoute beaucoup les autres mais dont on ne sait quasiment rien, interprété avec une grâce infinie par Itsaso Arana, coscénariste du film. On la sent une peu à la dérive dans sa vie mais pas du tout accablée, juste très émotive tout en étant solaire et rieuse, le cinéaste filme toujours à bonne distance cette jeune femme qui cherche à devenir une vraie personne et à trouver sa vérité. Ce film parsemé de très beaux plans ralentit le temps, s'attarde sur des détails, des gestes qui souvent sont occultés au cinéma, et de ce fait crée des espaces de réflexion, de contemplation, cela fait un bien fou dans cette époque où il faut aller toujours plus vite.

Publié dans Films

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