Martin Eden

Publié le par Michel Monsay

Martin Eden

Le cinéma italien nous offre coup sur coup deux films éblouissants, après "Le traitre" chroniqué lundi dernier sur ce blog, l'adaptation du roman de Jack London, "Martin Eden", est une totale réussite tant dans la forme que sur le fond poétique et politique. Transposée à Naples, même si cela pourrait être n'importe quelle ville portuaire, cette histoire d’apprentissage, d'émancipation et de désillusion, sans indication précise de temporalité, navigue librement à travers le XXe siècle. Le film, tourné en pellicule 16 mm donnant un grain et des couleurs qui évoquent une certaine nostalgie, est traversé à la fois de vraies images d'archives, et d'autres fabriquées par le réalisateur mais tout aussi émouvantes. Luca Marinelli, Prix d'interprétation à la Mostra de Venise, dont la présence physique, l'énergie, le charme mais aussi la capacité à faire ressortir les paradoxes de son personnage, donne remarquablement vie à cet autodidacte prolétaire qui s'élève par la culture, notamment la littérature qu'il dévore pour s'instruire et devenir écrivain lui-même. Pietro Marcello, jeune cinéaste italien de 43 ans, lui aussi autodidacte prolétaire qui s'est formé aux Beaux-arts, signe un film passionnant qui suit le parcours de Martin Eden, en procédant très finement par flashbacks ou ellipses, et à travers ce personnage il explore les évolutions et contradictions socio-culturelles du XXe siècle, le conflit des classes, l'affirmation de la culture de masse, l'individualisme, avec intelligence, créativité et un sens esthétique évident.

Publié dans Films

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