Green book

Publié le par Michel Monsay

Green book

Auréolé d'un impressionnant bouche à oreille et de nombreuses récompenses, notamment pour Mahershala Ali, prodigieux dans le rôle d'un pianiste noir d'une classe folle confronté au Sud ségrégationniste des États-Unis du début des années 1960, ce film évite tous les pièges du politiquement correct et du cinéma consensuel, en réussissant le pari de la comédie subtile et émouvante qui pourrait faire penser aux films de Franck Capra. Le cinéaste Peter Farrelly, qui réalisait jusqu'à présent en binôme avec son frère des comédies régressives comme "Dumb et dumber" ou "Mary à tout prix", change de registre en conservant le sens de l'humour mais en surprenant son monde avec ce film qui mixe les genres en allant du burlesque à la mélancolie en passant par la tragédie du racisme, qui malheureusement a toujours un écho dans l'Amérique de Trump où des Noirs se font tuer par la police. Les comédiens sont tous remarquables, avec une mention toute particulière à Viggo Mortensen, qui livre tout comme Mahershala Ali une performance de haute volée. Si ce film, à ne manquer sous aucun prétexte, véhicule des bons sentiments, ce n'est jamais dégoulinant de mièvrerie, il affronte simplement l'ignorance et la bêtise dans lesquels se nourrit le racisme pour construire intelligemment au fil de l'intrigue un hymne à la tolérance.

Publié dans Films

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