Les invisibles

Publié le par Michel Monsay

Les invisibles

Pour son troisième film, ce jeune réalisateur de 35 ans à la fibre sociale naturelle creuse un peu plus la réalité de notre époque en nous proposant de partager le quotidien de femmes invisibles, celles que l'on n'a pas envie de voir par commodité, que la société rejette, notamment avec un mobilier urbain anti-SDF qui en dit long, mais aussi celles qui sont là pour les aider à s'en sortir. Sans misérabilisme, entre comédie sociale à l'anglaise et vérité des situations, Louis-Julien Petit a su trouver le ton le plus adapté pour mettre en lumière la complexité qui se cache derrière chaque femme dans la précarité tout en délivrant malgré tout un message d'espoir. Tous ces personnages que le cinéaste filme avec humanité sont remarquablement incarnés par des actrices et acteurs professionnels impliqués et épatants, mais aussi par des femmes ayant connu la rue ou des centres d'accueil qui apportent une sincérité et un humour étonnants. Cette subtile alchimie conjugué avec le souci du cinéaste d'être juste sans être pesant, et son implication dans la longue préparation du film pour comprendre au mieux la réalité de ces femmes qu'elles soient exclues ou travailleuses sociales, se traduisent par un moment de cinéma touchant qui nous fera certainement regarder ces personnes différemment. Le beau succès rencontré par le film depuis sa sortie démontre de la plus belle des manières que Louis-Julien Petit a trouvé la passerelle entre les spectateurs et un sujet qu'ils n'avaient pas forcément envie de voir.

Publié dans Films

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