Conseil cinéma

Publié le par Michel Monsay

Conseil cinéma

Qu'un cinéaste russe soit parvenu à réaliser un tel film montre que la situation a changé en Russie en comparaison de l'URSS du début des années 1980 dans laquelle se situe l'intrigue, mais malheureusement pas tant que ça puisque Kirill Serebrennikov est assigné à résidence et encourt jusqu'à 10 ans de prison pour un imaginaire détournement de fonds, alors qu'il s'agit de son génie créatif qui depuis des années dérange le pouvoir en place. Il suffit de voir l'admirable Leto pour mieux comprendre. Le cinéaste russe de 49 ans a réussi certainement l'un des plus beaux films qui n'ait jamais été fait sur la musique rock. Remarquablement filmé dans un très beau noir et blanc, Leto est parsemé de moments virtuoses, qu'ils soient oniriques et habillés d'un traitement graphique très inventif ou lors de magnifiques plans-séquences nous entraînant au cœur de la passion, de l'insouciance et du détachement qui animent cette jeunesse bouillonnante. Inspiré de musiciens qui ont existé à cette époque à Leningrad, ce film, empli d'une enthousiasmante énergie mais aussi d'une très belle douceur relationnelle entre les différents protagonistes avec au milieu la sublime Natasha, laisse entrevoir les prémices de la Perestroïka malgré la chape de plomb qui pèse encore sur le pays. A la fois une ode à la musique et la liberté, une histoire d'amour mais aussi une chronique historique et politique, Leto à l'heure des bilans est tout en haut du palmarès de l'année cinématographique.

Publié dans Films

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