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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:47
Être une jeune femme dans le monde arabe

Depuis quelques temps on assiste avec bonheur à l’émergence de réalisatrices arabes qui prennent la parole, ou plutôt leur caméra, afin de témoigner ou dénoncer la situation des femmes dans leur pays. Pour son premier long-métrage, cette cinéaste palestinienne de 35 ans vient d’être visée par une fatwa la menaçant de mort tant son film dérange les fondamentalistes. Son propos ne cible pas la tension entre israéliens et palestiniens, comme beaucoup l’ont déjà fait, mais s’intéresse plutôt aux jeunes femmes arabes israéliennes vivant à Tel-Aviv, ville très libérale. Si deux de ses héroïnes sont très émancipées, elles se heurtent au carcan familial et religieux, ou au conservatisme et aux tabous d’une société dans laquelle les hommes sont toujours aussi rétrogrades, y compris ceux qui se disent plus ouverts. La cinéaste aborde frontalement l’homosexualité, la drogue, l’alcool, son film déborde d’énergie, à l’image de cette génération de femmes qui veut profiter des printemps arabes pour se libérer et faire évoluer les mentalités, mais sa caméra sait aussi capter avec finesse l’émotion sur le visage de ces jeunes comédiennes. Le film s’ouvre sur une vielle femme qui prodigue ses conseils à sa petite fille, en passe de se marier, pour rendre son homme heureux. Puis on fait la connaissance d’un groupe de jeunes arabes israéliens vivant à Tel-Aviv, dont la future mariée faisait partie, qui se retrouvent comme chaque soir pour faire la fête au son d’une musique techno arabisante en buvant et fumant allègrement. Deux jeunes femmes de ce groupe, l’une avocate l’autre travaillant dans un restaurant, partagent en colocation un appartement où vivait aussi la future mariée. Celle-ci cède sa place à sa cousine, qui n’est pas du tout dans la même logique de comportement, étant voilée, pieuse, ne consommant aucune substance et se consacrant à ses études. Si l’engagement et la sincérité de la cinéaste nous touchent profondément dans ce très beau film, c’est à la fois par sa mise en scène, l’interprétation et la direction des comédiens, et le combat mené par toutes ces femmes pour simplement exister comme elles le souhaitent.

 

Je danserai si je veux - Un film de Maysaloun Hamoud avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, …

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Published by Michel Monsay - dans Films
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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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