Une pop d’une infinie délicatesse

Publié le par Michel Monsay

Une pop d’une infinie délicatesse

Après deux premiers albums qui ont rencontré un important succès public et critique, cette artiste danoise vivant à Berlin et chantant en anglais est devenue une valeur sûre de la pop internationale. A 36 ans, elle sort un troisième disque de toute beauté en élargissant son univers intimiste, où son piano et sa voix sont toujours au centre de sa musique mais entourés cette fois de nombreux autres instruments. Violon, violoncelle, clarinette, harpe, toutes sortes de claviers organiques et synthétiques dont elle joue elle-même, percussions, enchantent les dix superbes morceaux de cet album. Cet artiste complète, auteur compositeur interprète, s’occupe aussi de l’enregistrement et des arrangements de sa musique. On pense par moments à Kate Bush et son formidable « Hounds of love », un sommet de créativité dont on retrouve ici l’influence dans un croisement fascinant de genres musicaux. La pure musique classique n’est jamais loin dans les compositions d’Agnes Obel, mais elle lui inocule son univers fait de pop, folk et jazz aériens. Sa délicieuse voix se fait multiple, elle chante en duo avec elle-même ou avec des chœurs qu’elle assure aussi, en enregistrant plusieurs fois sa voix, ou en la manipulant, la faisant varier des graves aux aigus, et c’est tout simplement somptueux. Sa musique est sophistiquée, cinématographique, comme en apesanteur, puis plus insistante, elle nous enveloppe et fait monter des frissons d’émoi. A contre-courant de toutes les modes, cette femme discrète a écrit un album sur l’exigence dans la société d’aujourd’hui de transparence de nos vies, de révélation de l’intime, de surveillance, et bien évidemment elle s’inscrit en faux. Touché par la grâce de bout en bout, ce disque, d’une artiste rare et précieuse, est composé par petites touches à la manière d’un peintre, dont on se dirait à la fin de l’écoute qu’il s’agit bien d’une toile de maître.                                                                                                                     

 

Agnes Obel – Citizen of glass – PIAS – 1 CD : 14,99 €.

Publié dans Disques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article