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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 07:03
Les ravages d’une société ultra libérale

A 80 ans, le lion rugit toujours aussi fort et son dernier film a bouleversé le festival de Cannes au point de remporter la Palme d’or. Ken Loach rejoint ainsi le cercle très fermé des cinéastes ayant reçu deux palmes. Eternel révolté devant l’injustice et les dysfonctionnements de nos sociétés, le réalisateur anglais a mieux que quiconque tout au long de sa carrière donné la parole à ceux qui souffrent, aux démunis, aux laissés-pour-compte que l’on n’entend quasiment jamais, en leur rendant leur dignité. Comme dans beaucoup de ses films, il parvient à nous passionner pour des histoires ordinaires grâce à une justesse de ton remarquable qui se ressent dans sa mise  en scène, ses cadrages, ses dialogues. Mais aussi dans un scénario très bien construit, une étonnante capacité à trouver des inconnus pour incarner ses personnages et les diriger de manière à les rendre plus vrais que nature, enfin une sincérité et un courage sans concessions assez uniques dans le monde du cinéma. Dans ce film où il dénonce la cruauté d’une administration anglaise semi-privatisée, qui se comporte de manière cynique pour accorder ou refuser une aide sociale à des personnes dans la détresse, il met en avant, par opposition, une histoire de solidarité et fraternité qui humanise un peu cette société devenue folle. Un menuisier de 59 ans, veuf, qui a été victime d’une crise cardiaque, doit faire appel pour la première fois de sa vie à l’aide sociale, afin d’obtenir une pension d’invalidité en attendant de pouvoir reprendre son travail, ce que son médecin lui interdit jusqu’à nouvel ordre. Malgré cela et après un interrogatoire ubuesque, la société mandatée par l’administration le juge apte à travailler et refuse de lui verser l’indemnité à laquelle il a pourtant droit. Il se voit donc obligé de s’inscrire au chômage, où commence pour lui un vrai calvaire. Un jour en attendant son tour à Pôle emploi, outré par le comportement de la conseillère et du responsable de l’agence à l’encontre d’une jeune femme avec deux enfants, il prend sa défense devant tout le monde. Ce film indispensable, qui met en lumière la brutalité de notre époque est tout à la fois révoltant, touchant mais malgré le constat douloureux, laisse entrevoir quelques notes d’espoir pour une société plus fraternelle.                                                                                                                      

 

Moi, Daniel Blake – Un film de Ken Loach avec Dave Johns, Hayley Squires, …

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Published by Michel Monsay - dans Films
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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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