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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 07:59
« Tout devient prétexte à accuser la religion musulmane »

Il est l’une des jeunes personnalités politiques les plus en vue du moment, et les ténors de la droite recherchent activement son soutien en vue de la primaire. Maire de Tourcoing et vice-président du Conseil régional des Hauts-de-France aux côtés de Xavier Bertrand, Gérald Darmanin n’a pas froid aux yeux en s’attaquant à un sujet très sensible : l’Islam.

 

Pourquoi avoir écrit un plaidoyer pour un islam français ?

Gérald Darmanin - Si j’ai écrit ce plaidoyer pour un Islam français, c’est que je crois que nous ne pouvons plus, aujourd’hui, faire semblant qu’il n’existe pas un problème d’islam politique en France. L’incompréhension grandissante entre les Français non musulmans et les Français de confession musulmane devient dangereuse. Tout devient prétexte à accuser la religion. Aujourd’hui, entre la République française et l’Islam, le dialogue n’existe quasiment pas. Parce qu’il n’existe pas un Islam de France mais un Islam en France. Sans dialogue, on n’aboutit à rien. Pire, on développe des psychoses.

Je n’ai pas peur de dire que nous sommes aux prémices d’une guerre civile. La pire de toutes : une guerre civile religieuse. Il nous reste maintenant deux possibilités : Soit nous déclarons que l’Islam est incompatible avec la République française et nous décidons de chasser tous les musulmans de France, soit nous décidons d’enrichir notre laïcité par un encadrement ferme et respectueux de l’Islam de France. Entre une solution irresponsable qui provoquerait des affrontements sanglants et une solution courageuse et pacifique, mon choix est fait.

 

Que proposez-vous concrètement ?

G.D. - Ce que je propose est clair : La France doit faire avec l’Islam ce qu’elle a réussi dans le passé avec les catholiques, les protestants et les juifs. Certes, cela n’a pas toujours été facile et les conflits entre la France et les croyants furent souvent terribles. Mais, aujourd’hui, qui peut dire que les juifs, les protestants ou les catholiques posent des problèmes au Pacte républicain, et que ces croyants sont de mauvais citoyens du fait de leur religion ?

Il est grand temps d’imposer une concorde à l’Islam. C’est-à-dire un ensemble de règles, peut-être pour un temps défini, afin de l’assimiler totalement à la République.

Dans ce plaidoyer pour un Islam français, je développe des propositions précises pour accompagner l’Islam vers cet objectif. Je propose notamment que soit créé un Grand Conseil de l’Islam en France auquel toutes les mosquées de France seraient affiliées, d’interdire les financements étrangers pour tous les cultes musulmans, que tous les imams soient formés en France et s’expriment en français, et que les mosquées soient agréées auprès d’un ministère du culte.

Cette évolution de la pratique de l’Islam en France est nécessaire pour l’harmonie des relations entre les Français non musulmans et l’Islam. Elle est nécessaire pour que la France ne sombre pas. Elle est nécessaire pour que la France reste la nation de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité.

 

Comment analysez-vous les contestations autour de la loi travail, notamment le comportement des syndicats ?

G.D. - Les contestations autour de la loi travail montrent l'échec et le rejet de la politique menée par François Hollande. Il n'y a plus de dialogue et, les Français se rendent compte qu'ils ont été trahis. Il faut avoir le courage de faire des réformes malgré les grèves. Il n'y a rien de pire que de reculer lorsque l'on a de bonnes idées pour le pays. Mais pour cela, il faut dire la vérité aux Français. C'est pendant la campagne présidentielle que François Hollande aurait dû annoncer aux Français le véritable programme qu'il voulait mettre en œuvre pour la France. C'est une question de confiance, une question de respect.

En ce qui concerne les syndicats, le comportement de la CGT est inadmissible. Refuser d'arrêter les grèves malgré les inondations, malgré les difficultés est une  grave erreur. Pire encore, les forces de l'ordre ont été attaquées. Les forces de l'ordre sont là aussi pour les protéger lors des manifestations et ça, la CGT ne l'a pas compris. La CGT devrait s'excuser auprès des forces de l'ordre.

 

Quelle approche avez-vous du Front National dans votre région, et que doivent faire les politiques pour retrouver la confiance des français ?

G.D. - Le Front National est un problème. Il joue avec les angoisses et les peurs des gens mais, au fond, il n'apporte aucune solution. A Tourcoing, ville dans laquelle j'ai été élu Maire, le Front National a même voté contre l'augmentation des effectifs de la police municipale ! Cela montre la parfaite incohérence entre les propos de ce parti et ses actes au quotidien…

Je pense que certains politiques ont pris conscience du fossé qui s'est creusé avec les citoyens. Le premier tour des élections régionales a clairement montré le souhait des Français que la politique change. Xavier Bertrand, le Président de la région Hauts-de-France, met en place ce changement où les gens sont au cœur des politiques. Les différentes mesures mises en place depuis son élection impactent concrètement le quotidien des habitants : l'aide au transport pour les salariés contraints d'utiliser leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail, l'aide financière directe pour les apprentis, la plateforme Proch'emploi pour les demandeurs d'emploi… Tout est réalisé pour que les politiques menées soient au service direct des citoyens. C'est comme cela que la politique doit évoluer.

 

                                                                           

Quelques repères

Fils d’une femme de ménage et d’un tenancier de bar, Gérald Darmanin, né à Valenciennes, est un pur produit de la méritocratie républicaine. Après Sciences-Po à Lille, il devient collaborateur du député européen Jacques Toubon, puis de David Douillet à l’Assemblée nationale et au ministère des sports. Dans sa région, il a d’abord été conseiller municipal et régional, avant de devenir député du Nord en 2012, puis maire de Tourcoing deux ans plus tard. Lorsque début 2016 il est nommé vice-président de la région Hauts-de-France, il abandonne son poste de député pour se consacrer pleinement à ses mandats locaux. A 33 ans, beaucoup lui prédisent un brillant avenir politique

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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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