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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 07:44
Etourdissant portrait d’une Amérique en décomposition

Maître incontesté du roman noir, James Ellroy sort un magistral quatorzième roman qui nous plonge dans la fureur de sa ville fétiche, Los Angeles, en décembre 1941 au moment de l’attaque de Pearl Harbour qui va précipiter les Etats-Unis dans la guerre. A 67 ans, l’écrivain américain a certainement gagné en fluidité et en clarté, sans perdre son écriture cinématographique qui a le pouvoir de nous transposer instantanément au cœur de son histoire. Ce roman d’une richesse, d’une densité impressionnante, suit la trajectoire de quatre héros masculins et féminins, admirablement écrits, et de très nombreux personnages réels et fictifs qui gravitent autour. Ils ne sont jamais faits d’un seul bloc, l’écrivain explore leurs failles, leurs vices, leur romantisme. Malgré toutes ces histoires parallèles, tous ces points de vue qui s’entrecoupent ou divergent, on ne s’y perd jamais, c’est du grand art. James Ellroy, qui aime vivre dans le passé et refuse de s’intéresser à notre époque, a une incroyable faculté à inventer le Los Angeles de 1941 sans pervertir l’Histoire. Il y règne une corruption généralisée, une cupidité, une immoralité, un antisémitisme et une xénophobie caractérisés, l’auteur allant même chercher des personnages aux déviances sordides. En préambule, une émission de radio nauséabonde où un pasteur et politicard américain fasciste explique à sa manière l’imminence de la guerre. Puis, nous retrouvons deux scientifiques du laboratoire de la police de L.A. en planque devant un drugstore qui a subi plusieurs braquages récemment. L’un deux, d’origine japonaise, a conçu un bidule photographique à déclenchement automatique très ingénieux, qu’il a installé devant le drugstore. Ils assistent à un nouveau braquage, mais n’étant pas policiers n’interviennent pas. Commence alors une enquête plutôt tranquille au regard de ce qui va suivre tout au long de ce roman passionnant, dérangeant, inoubliable. On n’en perd pas une miette, on en redemande même malgré la taille imposante de cette comédie humaine gouvernée par le désir et l’argent. Bonne nouvelle, une suite est déjà à l’écriture pour former au final un nouveau quatuor de Los Angeles après celui du fameux Dahlia noir il y a 25 ans.

 

                                                                                                                      

Perfidia – Un roman de James Ellroy – Editions Rivages – 829 pages – 24 €.

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Published by Michel Monsay - dans Livres
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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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