Un futur apocalyptique

Publié le par Michel Monsay

Un futur apocalyptique

Beaucoup pensent que le Prix Médicis, attribué à Antoine Volodine, est certainement le plus mérité des prix littéraires 2014. A 65 ans, ce romancier à l’œuvre déjà conséquente dans laquelle il a créé un univers à part entière à la fois imaginaire, poétique et politique que l’on retrouve au fil de ses romans, reçoit ce prix avec bonheur comme l’aboutissement de 30 années d’écriture. D’une très grande originalité, ce roman d’anticipation nous plonge dans un monde apocalyptique où les accidents nucléaires et les guerres ont eu raison d’une grande partie de l’humanité. Cette originalité tient autant dans la construction narrative que dans l’histoire en elle-même, étonnant mélange de conte, d’onirisme débridé, de chamanisme effrayant, et de noirceur parfois teintée d’humour. Il faut ici abandonner toute logique et se laisser porter par cette envoûtante odyssée, où l’écrivain nous emmène avec virtuosité autant dans des univers parallèles où la frontière entre la vie et la mort est devenue très poreuse, que dans des espaces bien plus réels détruits par les mauvais choix de l’humanité. Deux hommes et une femme, suite à la chute de la deuxième Union Soviétique égalitariste pour laquelle ils ont combattu, se sont réfugiés dans les immenses territoires vides de Sibérie totalement irradiés par des accidents nucléaires. Après 29 jours de marche, les rayonnements ont transformés les trois camarades en sorte de zombies, surtout la femme dont la vie ne tient plus qu’à un fil. Alors qu’ils n’ont plus ni nourriture ni eau, l’un deux voit au loin de la fumée qui pourrait peut-être venir d’un village, et décide de s’y rendre malgré l’épuisement, un train avec des soldats non loin d’eux et une forêt très dense à traverser. Ce roman incomparable se vit comme une expérience unique, dans ce qui pourrait être le futur de l’Humanité ou simplement l’incroyable imaginaire d’Antoine Volodine.

 

                                                                                                                      

Terminus radieux – Un roman d’Antoine Volodine – Editions du Seuil – 617 pages – 22 €. 

Publié dans Livres

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